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anglaise, littératureArticle
Plan de l'article
Présentation ; Époque du vieil anglais (ou anglo-saxon) ; Le Moyen Âge anglais ; La Renaissance ; La période de la Restauration et le XVIIIe siècle ; La période romantique (1789-1837) ; L’ère victorienne ; La littérature du XXe siècle
Dans les années cinquante et soixante, un groupe d’écrivains, les « jeunes gens en colère », parmi lesquels figurent Kingsley Amis, John Wain et John Braine, fustige les valeurs traditionnelles de la « bonne vieille Angleterre » et de la civilisation industrielle, tandis qu’Anthony Powell décrit avec esprit la haute société anglaise dans une immense saga, la Musique du temps (1951-1975). Professeur de philosophie et écrivain, Iris Murdoch est quant à elle estimée pour ses analyses tout à la fois habiles et drôles de la vie de ses contemporains (Une tête coupée, 1961). Parmi les autres grands talents, citons Anthony Burgess, rendu célèbre par son roman terrifiant sur le mal de vivre et la violence des adolescents, Orange mécanique (1962), porté à l’écran en 1971 par Stanley Kubrick (voir Orange mécanique), et John Le Carré, populaire pour l’ingéniosité de ses récits d’espionnage, plus ou moins inspirés de son expérience dans les services secrets britanniques (l’Espion qui venait du froid, 1963). William Golding, prix Nobel de littérature en 1983, a exploré, lui, les tourments de l’âme humaine à travers plusieurs allégories, dont la plus saisissante est Sa Majesté des Mouches (1954). Durant les années soixante, le réalisme ouvrier d’écrivains comme Kingsley Amis, John Braine et Alan Sillitoe, centré sur la vie urbaine et un certain mal de vivre de la jeunesse, se développe parallèlement au cinéma de la « Nouvelle Vague » à laquelle appartiennent Ken Loach et Tony Richardson, qui adapte à l’écran la Solitude du coureur de fond (1959) de Sillitoe. Élevée en Rhodésie (l’actuel Zimbabwe) et établie à Londres, Doris Lessing a dénoncé l’apartheid (Nouvelles africaines, 1951) et s’est intéressée à la condition de la femme dans la société contemporaine, ayant parfois recours à l’univers de la science-fiction ou à celui de l’introspection. Influencé par la littérature française, John Fowles se montre intéressé et s’approprie certains des apports du Nouveau Roman (Sarah et le Lieutenant français, 1969). L’humour noir extrêmement stylisé d’Angus Wilson ou de Muriel Spark dénote un caractère dominant de la fiction des années quatre-vingt, inquiète ou dégoûtée du libéralisme forcené de l’ère thatchérienne et de l’individualisme qui l’accompagne. Martin Amis (fils de Kingsley Amis), l’un des écrivains anglais les plus influents de sa génération, a donné de féroces satires (Success, 1978 ; Money, money, 1984), écrites dans une langue familière. Membres d’une génération d’écrivains postcoloniaux, Paul Scott, V. S. Naipaul, Nadine Gordimer et Ruth Prawer Jhabvala sont les rejetons littéraires du colonialisme et de ses conséquences. Le plus brillant d’entre eux, Salman Rushdie, a sans hésitation balayé les notions de « britannique » et de « non britannique », en cultivant la satire politique et en ridiculisant le nationalisme, dans une quête fantasque et permanente de ses racines (les Enfants de minuit, 1981). À la même époque s’affirme un genre d’expression typiquement anglais, dans les romans de Peter Ackroyd, à touches gothiques proches du style de Dickens, ou dans les romans légers et humoristiques s’attachant aux milieux universitaires de David Lodge ; Malcolm Bradbury et A. S. Byatt se rattachent également à ce groupe. Avec l’évolution des mœurs depuis les années soixante, sont apparus des écrivains revendiquant haut et fort leur homosexualité comme Jeanette Winterson.
Deux des plus remarquables poètes de la « tradition moderne » mêlent dans leurs œuvres tradition et expérimentation. L’Irlandais William Butler Yeats, le premier d’entre eux par l’âge, est aussi le plus classique ; reprenant d’anciennes traditions irlandaises, il forge peu à peu un langage poétique puissant, profond et riche, qui atteint sa maturité dans la Tour (1928) et l’Escalier en spirale (1933). Le second, T. S. Eliot, né aux États-Unis, fait l’oraison funèbre d’une civilisation défunte avec la Terre vaine (1922), le poème le plus connu du début du siècle. Gerard Manley Hopkins, poète victorien dont l’œuvre n’est reconnue qu’après 1918, influence, à l’égal de Yeats et Eliot, la poésie moderne. Nombreux sont par ailleurs les poètes qui, comme Siegfried Sassoon, Wilfred Owen et Robert Graves, publient des vers de protestation contre la Première Guerre mondiale. Née de la dépression économique et des mouvements de soulèvement populaire des années trente, la génération suivante, Wystan Hugh Auden, Stephen Spender et Cecil Day Lewis, recourt à ses débuts à un symbolisme ésotérique et individualiste pour dire son horreur de la société bourgeoise et du totalitarisme menaçant. Le Gallois Dylan Thomas évoque pour sa part ses expériences littéraires et ses admirations de jeune homme pour Freud, Hopkins ou Joyce (Portrait de l’artiste en jeune chien, 1940). Après la mort de Thomas en 1953, une autre génération de poètes britanniques voit le jour, certains influencés et se réclamant de lui, d’autres au contraire écrivant en réaction contre lui. Parmi ces derniers, on compte Dennis Joseph Enright, Philip Larkin, Kingsley Amis. Ces poètes, dont les styles vont plus tard diverger, forment le groupe The Movement, d’esprit formaliste et anti-romantique. Dans le sillage de la beat generation, on assiste dans les années soixante à l’émergence d’une poésie populaire, aux rythmes libres, représentée par Adrian Henri, Roger McGough, Brian Patten, ou encore Adrian Mitchell, dont l’œuvre révoltée et satirique a souvent été exploitée avec passion par la gauche politique. Dans les années soixante-dix, enfin, plusieurs poètes importants se sont fait connaître en Irlande du Nord, dont les postmodernes Seamus Heaney (lauréat du prix Nobel en 1995), Paul Muldoon et Tom Paulin. De même, un certain nombre de voix féminines se sont élevées — Fleur Adcok, Elma Mitchell, Denise Riley —, qui s’imposent comme les représentantes d’un mouvement dont la motivation première est de soulever les problèmes inhérents à la position et au statut de la femme dans les rapports qu’elle entretient avec autrui. Prônant un retour aux récits d’expérience et d’actualité, Blake Morrison, Andrew Motion, James Fenton s’illustrent pour leur part dans la new narrative poetry, en réaction aux années de « poésie de confession » dont Alvarez est le modèle depuis les années soixante. James Fenton, Craig Raine et Christopher Reid lancent vers la fin des années soixante-dix, le genre de la « poésie martienne », dont le but est d’imposer au lecteur une nouvelle représentation du monde, en adoptant par exemple le point de vue des extraterrestres.
Les pièces de George Bernard Shaw marquent le départ de la modernité théâtrale qui caractérise les œuvres anglaises du premier quart du xxe siècle. Shaw, qui sera suivi par Sean O’Casey, invente un théâtre dont l’esthétique anti-idéaliste et politisée tente de redéfinir l’essence de l’homme. Outre les pièces de Shaw, le répertoire de cette période se restreint aux œuvres d’Oscar Wilde et de Noel Coward, « coqueluches » des scènes anglaises dont les pièces brillantes et savamment construites constituent l’idéal du « théâtre bien fait ». À partir de 1956 apparaît une nouvelle génération d’auteurs, les « jeunes gens en colère » (John Osborne, Arnold Wesker, Shelagh Delaney et John Arden), qui donne une force sociologique nouvelle au théâtre anglais en mettant en scène les idéaux et les désillusions de la classe ouvrière. Développant un théâtre et une rhétorique de l’absurde qui mettent en scène des personnages issus du prolétariat, Harold Pinter et l’Irlandais Brendan Behan ouvrent la voie postmoderniste que Samuel Beckett, dont le théâtre minimaliste, voire nihiliste, cherchant à cerner l’infime trace de l’esprit humain (Pas moi, 1973 ; What Were, 1983), portera à son apogée. C’est l’éclectisme qui caractérise la création théâtrale des années soixante-dix à quatre-vingt-dix. Les auteurs (Edward Bond, Barrie Keeffe, Howard Brenton), qui s’associent en minorités ponctuelles, s’illustrent indistinctement dans le drame naturaliste, l’absurde surréaliste, le drame sociopolitique ou la réécriture réaliste. L’intérêt pour ces dramaturges réside plus dans les valeurs du théâtre (la libération culturelle du public par exemple) que dans son esthétique formelle, cela en réaction contre le thatchérisme, accusé par les auteurs dramatiques de scléroser la création artistique. Même s’il connaît une légère renaissance en Écosse et en Irlande avec Franck McGuinness et Brian Friel, le théâtre anglais s’essouffle depuis les années quatre-vingt, se réduisant pour l’essentiel aux nouvelles adaptations des classiques ou aux créations communautaires (théâtre indien, pakistanais, antillais ou gay).
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