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Résultats avec Windows Live® Search famille (sociologie)Article
Plan de l'article
famille (sociologie), groupe social uni par les liens de parenté ou du mariage, présent dans toutes les sociétés humaines. Idéalement, la famille fournit protection, sécurité et socialisation à ses membres. La structure de la famille et les besoins auxquels elle correspond varient d'une société à l'autre. La famille nucléaire — deux adultes et leurs enfants — est l'unité principale dans les pays industrialisés. Dans les pays en développement, la famille nucléaire est subordonnée à une famille étendue, qui comprend également les grands-parents et d'autres membres de la parenté. Un troisième type de famille est la famille monoparentale, souvent éclatée, dans laquelle les enfants vivent avec un père ou une mère non marié, divorcé ou veuf. Ce dernier type est de plus en plus répandu aujourd'hui dans les sociétés occidentales.
Les anthropologues et de nombreux spécialistes des sciences sociales ont développé plusieurs théories sur la façon dont évoluent les structures et les fonctions familiales. Selon une de ces théories, à l'époque préhistorique de la chasse et de la cueillette, deux ou trois familles, généralement unies par les liens de parenté, se regroupaient pendant une partie de l'année, puis se séparaient en unités nucléaires pendant les saisons où la nourriture était rare. La famille était une unité économique : les hommes chassaient pendant que les femmes préparaient les repas et gardaient les enfants. L'infanticide et l'expulsion des infirmes qui ne pouvaient pas travailler hors du foyer familial étaient vraisemblablement assez répandus. Certains anthropologues soutiennent que les peuples préhistoriques étaient monogames, d'autres que la polygamie était la règle. Comme l'a montré l'anthropologue Claude Lévi-Strauss, le seul tabou commun aux sociétés archaïques comme aux sociétés contemporaines a toujours été l'inceste, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas pu avoir de procréation entre membres de familles élargies : toutefois, la relation père-fille ou mère-fils a presque toujours été réprimée par le corps social. Beaucoup de spécialistes des sciences sociales considèrent que la famille occidentale moderne s'est en grande partie constituée sur la base de la structure patriarcale (à domination masculine) de la famille des anciens Hébreux. La famille inspirée de la culture gréco-romaine était également patriarcale et tenue à des préceptes religieux stricts. Parallèlement au déclin des civilisations grecque et romaine dans les siècles qui suivirent, les structures familiales clairement identifiées déclinèrent elles aussi. Avec l'avènement du christianisme, le mariage et la maternité devinrent des thèmes centraux du discours familial. La nature purement religieuse des liens familiaux fut partiellement abandonnée en faveur des liens civils après la Réforme, dont les idées se propagèrent au début du XVIe siècle. Avec l'important mouvement de sécularisation de la société qui suivit la Révolution française et qui s'étendit à l'ensemble du monde occidental au XIXe siècle, la relation familiale devint une affaire principalement civile ; la famille eut de plus en plus tendance à se rétrécir au couple et à ses enfants, tandis que disparaissait peu à peu l'enracinement au sol que procurait la propriété foncière.
Des études ont montré que la structure familiale a été moins affectée par l'urbanisation et par l'industrialisation qu'on avait pu le présumer. La morale bourgeoise et le poids de la religion ont tous deux permis la conservation d'une structure familiale fixe et établie, véritable norme sociale inscrite dans l'inconscient collectif. La famille nucléaire était l'unité préindustrielle la plus répandue et reste l'unité de base de l'organisation sociale dans la plupart des sociétés industrielles modernes ; toutefois, la famille moderne diffère de ses formes traditionnelles par ses fonctions, par sa composition, par son cycle de vie et par les rôles dévolus aux pères et aux mères. La seule fonction de la famille à avoir survécu à tous les changements est celle qui consiste à assurer l'équilibre émotionnel et affectif de ses membres, en particulier des nouveau-nés et des jeunes enfants. Toutefois, la solidarité affective n'est plus statutaire, dans le sens où elle ne correspond plus à un schéma préétabli assurant au père de famille l'autorité complète sur le foyer. Diverses structures économiques et sociales remplissent aujourd'hui nombre de fonctions qui, autrefois, relevaient de la famille : production économique, éducation, enseignement religieux, loisirs, etc. Le monde du travail n'est plus à l'échelle d'une famille — même élargie — et certains spécialistes vont même jusqu'à considérer comme peu pertinente son analyse comme unité de consommation. L'éducation est prise en charge par l'État ou par des institutions privées ; les activités récréatives ont lieu à l'extérieur, même si elles participent à la cohésion de la structure familiale. Si la famille a toujours la responsabilité de la socialisation des enfants, il apparaît que, même dans ce domaine, l'influence de l'entourage et des médias exerce un rôle croissant.
La composition de la famille dans les sociétés industrielles a subi de profondes modifications depuis les débuts de la révolution industrielle. Le taux de fécondité des femmes américaines, par exemple, a chuté de six enfants par femme en 1800 à moins de deux au début des années quatre-vingt-dix. En France, il est aujourd'hui de 1,7 enfant par femme (4,6 en 1800), ce qui ne permet pas le renouvellement des générations (voir natalité, taux de). Autrefois, le mariage était normalement dissous par le décès d'un époux avant que le plus jeune des enfants n'ait quitté le foyer familial : aujourd'hui, mari et femme (et couple vivant en concubinage) ont potentiellement autant d'années à vivre ensemble après le départ de leurs enfants du foyer familial qu'avant. Certaines de ces évolutions sont liées à la transformation du rôle des femmes dans la société. Dans les pays occidentaux, à tous les stades de la vie familiale, les femmes entrent dans le monde du travail — ou le réintègrent après avoir eu des enfants. Leur sortie du champ de l'économie purement domestique où les confinait la répartition traditionnelle des tâches a entraîné dans les années soixante-dix une prise de conscience massive de l'aliénation féminine, ce qui a permis la naissance d'un important mouvement de libération féministe. Parallèlement à l'augmentation des exigences de valorisation personnelle à travers le mariage et la famille, l'allégement des procédures de divorce et l'amélioration des perspectives professionnelles pour les femmes ont contribué à la hausse du taux de divorce en Occident. Dans les années quatre-vingt-dix par exemple, on comptait approximativement un divorce pour deux mariages dans la région parisienne. Au cours du XXe siècle, les familles étendues ont considérablement diminué. Cette mutation est liée tout particulièrement à l'accroissement de la mobilité résidentielle ainsi qu'à la diminution de la responsabilité financière des enfants envers leurs parents au fur et à mesure de la généralisation du système de retraites. Cette évolution n'empêche pourtant pas le fait que les jeunes foyers ont souvent tendance à s'installer à proximité de leurs parents et qu'ils reproduisent les modèles d'éducation qu'ils ont eux-mêmes expérimentés au cours de leur jeunesse.
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