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Résultats avec Windows Live® Search Springsteen, BruceArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les premières années : l’influence de Bob Dylan ; La route vers le triomphe : chroniques des désillusions du rêve américain ; L’œuvre contrastée d’une star accomplie ; Le porte-parole d’une « autre » Amérique
Springsteen, Bruce (né en 1949), auteur, compositeur et interprète de rock américain. Artiste imprévisible dont la carrière s’articule autour de contrastes tant qualitatifs que formels — sa discographie donne à entendre différents styles appartenant à la tradition musicale américaine —, Bruce Springsteen est depuis le début des années 1970 l’un des plus éminents chroniqueurs des États-Unis de la seconde moitié du xxe siècle, à la fois tendre et grinçant, admiratif et révolté, témoin des rêves fondateurs et des désillusions de ce pays.
Né à Freehold (New Jersey), adolescent fasciné par Elvis Presley, Bruce Springsteen apprend la guitare, puis le piano et l’harmonica. Pendant plusieurs années, il se produit dans de nombreux bars et clubs de la région new-yorkaise, avant de publier, coup sur coup, ses deux premiers albums, Greetings From Asbury Park (1973) et The Wild, the Innocent and the E Street Shuffle (1973). Fort d’une réputation de « nouveau Bob Dylan », acquise sur scène au fil de concerts dépassant souvent les trois heures sans interruption, en compagnie de son groupe, le E Street Band (dont fait partie l’emblématique saxophoniste Clarence Clemons), Bruce Springsteen en possède effectivement la verve et l’énergie. Toutefois, ses deux premières œuvres connaissent un relatif échec commercial, malgré la présence de chansons telles que « Blinded by the Light » ou « Rosalita (Come Out Tonight) », véritables morceaux de bravoure régulièrement interprétés en public.
Chronique enflammée et lyrique de la journée d’un adolescent désespéré, et premier élément constitutif d’une série qui s’achève avec Born in the USA, l’album Born To Run (1975) offre à Bruce Springsteen son premier véritable succès. Portraitiste d’une jeunesse insouciante et pourtant confrontée aux douloureuses réalités de la vie quotidienne, dans une société américaine ballottée par les problèmes économiques et traumatisée par la guerre du Viêt Nam, l’artiste propose le voyage et la fuite (notamment le long des autoroutes américaines, symboles d’un espace de liberté illimité) comme thérapies à un monde oppressant et injuste. Plus incisif, doté d’arrangements dominés par les guitares et d’une sonorité délibérément plus rock, Darkness on the Edge of Town (1978) évoque les mêmes thèmes que son précédent album, dans une veine plus sombre et mélancolique cependant : l’espoir présent dans une chanson comme « Born To Run » — dont le titre lui-même (« né pour avancer ») constitue une déclaration de combat et de résistance — a cédé la place à un réalisme implacable, et d’autant plus inquiétant. Double album, The River (1980) remporte pour sa part un succès populaire considérable, qui permet à Bruce Springsteen d’accéder au rang de star de la scène rock internationale. Enregistré sur un magnétophone 4 pistes dans une chambre d’hôtel, sans le E Street Band, Nebraska (1982) est aujourd’hui unanimement considéré comme l’un des meilleurs albums de Bruce Springsteen. Intimiste jusqu’à l’étouffement, tant dans la forme minimaliste — une guitare acoustique, un harmonica et le chant plaintif du Boss (ou « patron », surnom communément donné à Bruce Springsteen dès le début de sa carrière) — que dans le fond, d’une violence intérieure paroxystique, le disque dresse un portrait sans fioritures ni compromis de l’Amérique des déracinés et des rêves brisés. Le contraste avec l’album suivant, Born in the USA (1984), est saisissant. Mal interprétée, en apparence simpliste et d’un patriotisme arrogant, la chanson-titre range Bruce Springsteen dans le camp des adeptes du reaganisme triomphant. Toutefois, derrière des arrangements particulièrement puissants et expressifs, et un chant volontaire, se cache à nouveau la description d’un mal qui ronge un pays se revendiquant pourtant haut et fort première puissance mondiale, en l’occurrence la culpabilité et le sentiment d’inutilité des vétérans du Viêt Nam. Composé de dix chansons et autant de tubes potentiels (« Cover Me », « Dancing in the Dark », « Glory Days » ou encore « I’m on Fire »), Born in the USA est l’album de la consécration internationale pour Bruce Springsteen, qui entame alors une tournée gigantesque à travers le monde et ne peut que constater son immense popularité.
Désormais icône du rock américain, Bruce Springsteen tente néanmoins, après la sortie en 1986 d’un coffret de cinq disques enregistrés en public, Live 1977-1985, qui consacre son charisme scénique, de s’éloigner quelque peu des studios afin de se recentrer sur la musique et les thèmes qui ont fait sa gloire. C’est en 1988 que paraît Tunnel of Love. Très bien accueilli par la critique et le public, l’album montre un Bruce Springsteen apaisé, évoquant des thèmes plus personnels que par le passé (l’amour et ses désenchantements notamment), illustrés par une musique toute en sensibilité et en retenue, préfigurant ses compositions des années 1990 : « Streets of Philadelphia » (associée au film éponyme et qui lui vaut une récompense aux oscars de 1993) ou « Secret Garden » (1995). Les deux albums « jumeaux » parus simultanément en 1992, Lucky Town et Human Touch, apparaissent en revanche bien ternes aux yeux du public, incitant probablement Bruce Springsteen à prendre de nouveau du recul par rapport à son œuvre. Ainsi, précédé d’une campagne de promotion réduite à son minimum, The Ghost of Tom Joad (1995) est-il l’album du retour aux sources et du renouveau, pour un artiste désormais libéré des contraintes commerciales. Proche de Nebraska et de sa sobriété, le disque (dont le titre trouve son origine dans le nom du héros des Raisins de la colère de John Steinbeck) est un hommage à Woody Guthrie, influence majeure pour de très nombreux artistes rock et folk américains. Publié en 1998 à l’initiative de Bruce Springsteen lui-même, le coffret Tracks, compilation de chansons inédites couvrant la période 1972-1995, semble quant à lui dresser le bilan d’une carrière particulièrement riche.
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