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Plan de l'article
Présentation ; Les œuvres de jeunesse ; La collaboration artistique avec Michelozzo ; Le séjour à Padoue ; Les dernières années
Donatello (1386-1466), sculpteur toscan de la Renaissance italienne. Grande figure novatrice du Quattrocento, Donatello a laissé une œuvre pionnière en matière d’esthétique et de technique sculpturale qui a profondément marqué plusieurs générations d’artistes, notamment Michel-Ange.
Probablement né à Florence, Donato di Niccolò di Betto Bardi, dit Donatello, est d’origine modeste mais respectée (son père est cardeur). Il entreprend sa formation dans l'atelier de Lorenzo Ghiberti. Entre 1404 et 1408, il se rend à plusieurs reprises à Rome, en compagnie de Brunelleschi, pour étudier les œuvres de l’Antiquité. À partir de 1406, il commence à travailler aux chantiers de la cathédrale (Opera del Duomo) de Florence. Sa manière est alors encore redevable au style gothique international, quoique transparaisse déjà la volonté de Donatello de s’en démarquer. La statue du David en marbre, destinée à la tribune du chœur (1408-1409, musée national du Bargello, Florence), celle de Saint Marc, commandée par la corporation des Liniers (1411-1414, église Orsanmichele, Florence) et celle de Saint Jean l’Évangéliste (1408-1415, Museo dell’Opera del Duomo, Florence), qui préfigure le Moïse de Michel-Ange, affichent toutes trois une même parenté stylistique, le réalisme puissant et exacerbé de Donatello. Même si le répertoire formel demeure encore classique, ces statues font aussi montre d’une totale innovation dans la conception de l’espace. Sculpté à la demande de la corporation des Armuriers pour l’église Orsanmichele, le Saint Georges en marbre (v. 1415-1417, musée national du Bargello) témoigne quant à lui d’une nouvelle vision de l’homme comme centre du cosmos, vision qui s’inscrit parfaitement dans la perspective humaniste du siècle. Le bas-relief du piédestal de la statue, représentant le Combat victorieux de saint Georges avec le dragon (d’après la Légende dorée de Jacques de Voragine), est en outre le premier exemple attesté de perspective dans le domaine de la sculpture — l’élaboration des lois de la perspective étant couramment attribuée à Brunelleschi. La décomposition des surfaces en plusieurs strates dégradées selon la technique que Donatello a lui-même développée, dite du rilievo schiacciato (« relief écrasé »), conduit ici à de véritables effets de profondeur. Cette technique semble avoir exercé une influence déterminante sur la peinture de l’époque et sur celle des générations à venir. C’est pourtant au cours des années suivantes que le naturalisme et le classicisme de l’art de Donatello atteignent leur point de perfection et de maturité. Ils se manifestent dans des œuvres comme les Prophètes (1423-1425) du campanile du Dôme de Florence (Museo dell’Opera del Duomo). Aux côtés du Prophète barbu et du Prophète imberbe se remarque en particulier une statue que Giorgio Vasari tenait « pour la plus exceptionnelle et la plus belle qu’il ait jamais faite », celle du Prophète Habacuc, irrespectueusement surnommé par les Florentins lo Zuccone (littéralement « la Tête de courge », à savoir « le Chauve »), en raison de son crâne glabre.
Entre 1425 et 1443, Donatello demeure fidèle aux modèles et aux principes de la sculpture classique. Jusqu’en 1435, il partage l’atelier de l’architecte et sculpteur Michelozzo. Ensemble, ils réalisent les fonts baptismaux du baptistère San Giovanni de Sienne (1423-1427) : le bas-relief en bronze doré représentant le Festin d’Hérode (1425-1427) est un des exemples les plus aboutis de la technique du rilievo schiacciato, la subtile gradation des surfaces permettant de mieux faire ressortir les personnages du premier plan et de donner à l’ensemble plus d’expressivité. Parmi les autres exemples de la collaboration fructueuse avec Michelozzo figurent le tombeau en marbre et bronze doré de l’antipape Jean XXIII du baptistère de Florence (1422-1428) et celui du cardinal Rainaldo Brancacci (1427, Sant’Angelo a Nilo, Naples). Durant son séjour à Rome en 1432-1433, Donatello réalise, probablement avec Michelozzo, la Pierre tombale de Giovanni Crivelli (église Santa Maria in Aracoeli) et le Tabernacle au bas-relief du Saint-Sacrement (aujourd’hui dans la sacristie dei Beneficiati de la basilique Saint-Pierre). C’est probablement au lendemain de son retour à Florence que Donatello exécute le David en bronze (musée national du Bargello), son œuvre aujourd’hui la plus connue, borne miliaire de l’art de la première Renaissance italienne. Si le choix du nu — le premier nu en ronde bosse de la Renaissance italienne — et l’usage d’un matériau comme le bronze sont sans conteste des réminiscences de l’Antiquité, la pose déhanchée et désinvolte ainsi que la gracilité androgyne des lignes du corps se jouant de la lumière sont des traits stylistiques et expressifs d’une originalité encore jamais vue. Au cours de la décennie suivante, Donatello crée plusieurs œuvres disparates dont le seul lien commun est l’inspiration de leur auteur : en premier lieu le bas-relief de l’Annonciation dans la chapelle Cavalcanti (1428-v. 1433, église Santa Croce, Florence) et celui en marbre et verre coloré de la Cantoria ou « tribune des chantres » du Dôme (1433-1439, Museo dell’Opera del Duomo, Florence), auquel s’apparente le motif de la danse des « putti » de la chaire extérieure de la cathédrale de Prato, exécutée de concert avec Michelozzo (1434-1438, Museo dell’Opera del Duomo, Prato). Les autres œuvres exceptionnelles de cette période sont les Apôtres et les Martyrs des deux portes de bronze de l’Ancienne Sacristie (Sagrestia Vecchia) de San Lorenzo (1435-1443).
En 1443, Donatello est convié à travailler à Padoue afin d'exécuter la statue équestre du condottiere Gattamelata, inspirée de celle de Marc Aurèle sur la place du Capitole à Rome : premier monument en bronze depuis l’Antiquité, remarquable pour son réalisme et pour l’expressivité du visage, cette statue équestre est tenue pour l’un des chefs-d’œuvre du sculpteur. Donatello exécute aussi de nombreuses œuvres pour la basilique Sant’Antonio, seul ou en collaboration avec des artistes locaux. De sa propre main ont été réalisés le Crucifix en bronze et le maître-autel (1446-1450). Ce dernier, œuvre majeure de l’artiste, a été démonté en 1579 et très librement reconstitué en 1895 par Camillo Boito ; des recherches laissent supposer qu’au-dessus de l’autel sculpté de bas-relief s’élevait à l’origine un temple monumental (aujourd’hui disparu) au sein duquel étaient érigés, de chaque côté d’une glorieuse Vierge à l’Enfant, les figures statuaires de quatre saints — deux autres étant placés de part et d’autre de l’autel. Dans les œuvres de cette dernière période, Donatello prend ses distances avec la sobriété classique, adoptant un style plus réaliste, qui se singularise par une profonde intériorité et une expressivité accrue. Le séjour de Donatello à Padoue a grandement contribué au tournant artistique de l’Italie du Nord et au renouvellement des sources d’inspiration des ateliers florentins. Son influence sur la peinture d’Andrea Mantegna est à cet égard tout à fait notable.
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