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Résultats avec Windows Live® Search Van Eyck, JanArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un artiste de l’école du Nord ; Une production emblématique de la Renaissance flamande ; La manière de Jan Van Eyck
Van Eyck, Jan (v. 1390-1441), peintre flamand. Primitif flamand, contemporain de Robert Campin et de Rogier van der Weyden, Jan Van Eyck est une figure emblématique de la renaissance artistique de l’Europe du Nord et passe pour l’un des fondateurs de la peinture flamande du xve siècle. Ses œuvres, empreintes d’une spiritualité savante, se caractérisent par une minutie de miniaturiste doublée d’un réalisme descriptif très neuf au xve siècle.
Né probablement à Maaseick (village de la vallée de la Meuse) ou peut-être à Maastricht (la ville voisine), Jan Van Eyck travaille d’abord avec son frère Hubert Van Eyck. Ses plus anciennes œuvres connues sont des enluminures exécutées pour le duc Guillaume IV de Bavière (Heures de Milan-Turin, 1417 — dont une grande partie a disparu lors d’un incendie en 1904). De 1422 à 1424, Jan se met au service de Jean de Bavière, prince-évêque de Liège, devenu comte de Hollande ; il travaille alors à la décoration du palais de La Haye. En 1425, à la mort de son protecteur, Jan Van Eyck entre au service du duc de Bourgogne, Philippe III le Bon. Valet de chambre et peintre officiel du duc, il est chargé de plusieurs missions diplomatiques — parfois secrètes — qui le conduisent en Angleterre, peut-être à Prague et en Italie, certainement en Espagne (1426-1427) et au Portugal (1429), d’où il expédie au duc le portrait de la princesse Isabelle, sa future épouse. Résidant entre 1426 et 1429 à Lille, il s’établit ensuite à Bruges, capitale du duché depuis 1419. Pensionné pour cent livres annuelles, fort estimé de son souverain (celui-ci devient le parrain d’un de ses enfants et en dote une autre pour son entrée dans les ordres), Jan Van Eyck travaille aux décors palatiaux et conçoit les œuvres éphémères que requièrent les fêtes de la cour — cette partie profane de ses créations nous est très mal connue. Aristocrates, grands notables d’origine bourgeoise — comme le chancelier Nicolas Rolin —, négociants, banquiers souvent étrangers — tels les Arnolfini, Italiens de Lucques — lui confient également des œuvres de commandes, notamment des peintures religieuses et des portraits. Jan Van Eyck travaille aussi pour la ville : en 1435, il réalise la peinture polychrome de six statues décorant la façade de l’hôtel de ville. Jan Van Eyck meurt le 9 juillet 1441. Il est inhumé dans l’église Saint-Donatien, détruite à l’époque de la Révolution.
Si la paternité d’un grand nombre d’œuvres de Jan Van Eyck repose sur une identification incontestable liée à des archives précises, il existe une polémique autour de sa collaboration avec son frère aîné, Hubert (mort en 1426), évoquée notamment par un quatrain écrit sur le cadre du polyptyque de Gand, et qui précise que Hubert a commencé le Polyptyque de l’Adoration de l’Agneau mystique et que Jan, son frère, l’a terminé après sa mort. De nombreux spécialistes tentent, à travers des analyses stylistiques, d’identifier les œuvres respectives de chacun. Ils attribuent à Hubert certaines miniatures des Heures de Milan-Turin, les Trois Marie au sépulcre (musée Boijmans Van Beuningen, Rotterdam), une Crucifixion et le diptyque du Jugement dernier (Metropolitan Museum of Art, New York). Hubert Van Eyck aurait également exécuté l’intérieur du panneau central — l’Adoration de l’Agneau mystique — du polyptyque gantois (cathédrale Saint-Bavon, Gand). Achevée en 1432 et vantée par Albrecht Dürer en 1521, le Polyptyque de l’Adoration de l’Agneau mystique, œuvre majeure des frères Van Eyck, correspond à une commande de Jodocus Vijd et de son épouse Élisabeth Borluût (ils figurent agenouillés sur les panneaux latéraux inférieurs de la face externe du retable). Formée de dix panneaux d’une iconographie complexe, elle traite de l’Annonciation et de la Rédemption. La partie extérieure, moins colorée, présente des ombres portées correspondant à une source lumineuse placée à droite, ce qui dénote une volonté d’intégration de l’œuvre dans son espace effectivement éclairé par une fenêtre latérale. Les panneaux intérieurs sont d’une grande richesse chromatique et d’une grande variété de factures. Ils témoignent d’une maîtrise des perspectives linéaire et atmosphérique, et surtout d’une conception naturaliste extrêmement nouvelle de la nudité d’Adam et Ève dont la représentation, vue d’en bas, tient compte de la position du spectateur.
La production de Jan Van Eyck clairement identifiée comprend de nombreuses autres œuvres religieuses relevant souvent du culte marial : la Vierge dans l’Église (v. 1425, Gemäldegalerie, Staatliche Museen, Berlin), la Vierge au chancelier Rolin (v. 1430-1435, musée du Louvre, Paris), la Madone au chanoine Van der Paele (1434 ou 1436, Groeninge Museum, Bruges), Sainte Barbe (1437, musée royal des Beaux-Arts, Anvers), la Madone à la fontaine (1439, musée royal des Beaux-Arts, Anvers), la Madone de Nicolas Van der Maelbecke (restée inachevée, 1440-1441, collection privée, Grande-Bretagne). La Vierge au chancelier Rolin et la Madone au chanoine Van der Paele témoignent d’une innovation notable : l’artiste introduit dans cette peinture religieuse, sur le même plan et en équivalence de taille avec les figures sacrées, les donateurs. La puissance évocatrice, la maîtrise de la représentation perspective des intérieurs et du paysage, la complexité symbolique, la virtuosité dans le rendu des tissus, la méticulosité des détails montrent l’inventivité de l’artiste et son exceptionnel savoir-faire.
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