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Cap-VertArticle
Plan de l'article
Présentation ; Le pays et ses ressources ; Population et société ; Institutions et vie politique ; Économie ; Histoire ; Le Cap-Vert indépendant
Les îles du Cap-Vert ont donné naissance à une intéressante littérature de langue portugaise. Dès 1936, la revue Claridade (Clarté), fondée par Jorge Barbosa (1902-1971), Manuel Lopes (né en 1907) et Baltazar Lopes (1907-1990), marque la naissance d’un mouvement d’affirmation culturelle et sociale. Très dynamique, la création littéraire cap-verdienne se caractérise par l’importance de la poésie, représentée notamment par Virgilio de Lemos (né en 1929) ou encore Mário Fonseca (né en 1939) ; Germano Almeida (né en 1945), explore quant à lui dans ses romans les dessous de la bonne société cap-verdienne. Le Cap-Vert connaît aussi des formes musicales à part entière, comme la morna, un style musical sophistiqué empreint de saudade (littéralement : « nostalgie »), qui est au Cap-Vert ce que le fado est au Portugal. Cesaria Evora, Morgadinho et Teofilo Chantre en sont les meilleurs représentants. Le niveau culturel est plus élevé que dans les autres anciens territoires portugais, ce qui a valu à de nombreux Cap-Verdiens d’occuper des postes de petits fonctionnaires dans ces territoires à l’époque coloniale, mais aussi d’être à l’avant-garde de la lutte anticoloniale.
En 1975, l’archipel du Cap-Vert devient indépendant et constitue un État unitaire avec la Guinée-Bissau, l’ancienne colonie portugaise la plus proche. Cet État est dirigé par le parti unique qui avait catalysé les sentiments nationalistes, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), mouvement d’orientation marxiste. En 1980, les deux pays se séparent et le PAIGC se scinde en deux mouvements. La section cap-verdienne (Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert, PAICV) demeure le parti unique jusqu’en 1990, date à laquelle est introduit le multipartisme. La République du Cap-Vert devient alors le premier État africain à passer d’un régime de parti unique à un système démocratique pluraliste. Cette transition pacifique se traduit par l’arrivée au pouvoir, en 1991, du principal parti d’opposition, le Mouvement pour la démocratie (MPD), qui remporte les élections législatives (Carlos Veiga succède à Pedro Pires au poste de Premier Ministre) et le scrutin présidentiel (Antonio Mascarenhas Monteiro succède à Aristides Pereira avec 72 p. 100 des suffrages). Le MPD dirige le pays jusqu’à ce que les élections de 2001 consacrent une véritable alternance politique avec la victoire du PAICV, converti à la social-démocratie — Pedro Pires est élu à la présidence de la République contre Carlos Veiga avec seulement une dizaine de voix d’avance, et José Maria Neves est nommé Premier ministre. Lors des élections de 2006, l’ancien parti unique conserve le pouvoir — Pedro Pires est réélu avec près de 51 p. 100 des suffrages contre Carlos Veiga. Le Cap-Vert se caractérise ainsi par une stabilité politique remarquable.
La Constitution adoptée en 1992 instaure un régime parlementaire. Le pouvoir exécutif est aux mains du président de la République et du gouvernement. Le président de la République est le chef de l’État mais non du gouvernement, lequel est dirigé par le Premier ministre. Il est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Il nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire. Le gouvernement est politiquement responsable devant le Parlement. Il définit, conduit et exécute la politique intérieure et extérieure du pays. Le pouvoir législatif est exercé par un Parlement monocaméral, l’Assemblée nationale, qui est la clé de voûte des institutions. Elle est composée de 72 membres élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. La Constitution cap-verdienne présente une grande originalité : en raison du poids des émigrés dans la vie économique et politique du pays, ceux-ci élisent six députés à l’Assemblée législative et ne peuvent perdre leur nationalité s’ils se font naturaliser dans un pays étranger. À l’issue des élections législatives de 2006, le PAICV obtient 41 députés et le MPD 29. La Constitution de 1992 consacre l’indépendance du pouvoir judiciaire. L’organisation administrative du pays repose sur un processus de décentralisation initié en 1991. La Constitution de 1992 reconnaît à la fois le caractère unitaire de l’État et l’autonomie d’un pouvoir local, qui repose sur l’existence de collectivités locales. Ces collectivités locales sont les municipalités, chaque municipalité comprenant une assemblée élue et un organe exécutif. Le Cap-Vert est divisé en 22 municipalités.
Avec un produit intérieur brut (PIB) de 983,1 millions de dollars en 2005, soit un revenu annuel par habitant de 1 939,80 dollars (contre 275 dollars au moment de l’indépendance, en 1975), le Cap-Vert se distingue favorablement dans l’Afrique du Sahel. Ces chiffres s’expliquent en grande partie par les transferts de devises provenant de la diaspora cap-verdienne et par l’aide internationale, qui représentent ensemble environ un tiers du PIB — respectivement, 12 p. 100 et 20 p. 100. Cette situation rend cependant le pays très largement dépendant de l’extérieur. Le Cap-Vert présente une croissance économique annuelle moyenne de plus de 7 p. 100 sur la période 1993-2003, qui en fait l’un des pays les plus dynamiques d’Afrique. Selon les analystes, ce dynamisme est le fruit d’une aide extérieure considérable mais aussi de l’investissement privé, ainsi que de la gestion rigoureuse conduite par l’État depuis la démocratisation du régime, en 1991. La libéralisation économique entreprise par le Mouvement pour la démocratie (MPD) de 1991 à 2001 a été poursuivie par l’ancien parti unique, le PAICV. La croissance bénéficie surtout au tourisme, au secteur financier, aux transports et aux télécommunications. C’est la raison pour laquelle, en dépit de cette croissance soutenue, la pauvreté et le chômage, qui concernent surtout le secteur primaire (en particulier l’agriculture), continuent de toucher une partie importante de la population, avec une aggravation des inégalités (notamment entre populations rurales et urbaines).
Si elle occupe environ la moitié de la population active, l’agriculture ne contribue que pour environ 6,8 p. 100 au PIB (2004). En raison de leur exposition aux aléas climatiques et de leurs sols globalement peu productifs, 80 à 90 p. 100 des besoins alimentaires des îles sont couverts par les importations et l’aide alimentaire internationale. Maïs, patates douces, haricots et manioc, cultivés dans les vallées plus humides, sont les principales cultures vivrières. Le café, la canne à sucre et les bananes sont cultivés, dans les zones irriguées, pour l’exportation. Les ressources halieutiques ne sont pas très abondantes et la pêche n’a de perspectives de croissance que limitées. Elle entretient cependant une importante industrie de transformation.
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