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Cap-Vert

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Cap-Vert : drapeau et hymneCap-Vert : drapeau et hymne
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5.2

Industries

L’industrie, qui représente 16,9 p. 100 du PIB en 2006, est en progression. Elle concerne essentiellement les industries de transformation alimentaire (raffinage du sucre, conserverie de poisson) et textile (confection, chaussures).

5.3

Services

L’économie cap-verdienne est dominée par le secteur des services, qui représentent 74,1 p. 100 du PIB en 2006. Ces activités concernent principalement les importations, les transports, l’hôtellerie et les télécommunications. Les ports de Mindelo, sur l’île de São Vicente, et de Porto-Novo, sur l’île de Santo Antão, constituent des escales transatlantiques pour l’approvisionnement des navires en carburant. L’île de Sal abrite un aéroport international.

La monnaie du pays est l’escudo du Cap-Vert, divisible en 100 centavos.

6

Histoire

6.1

La période coloniale

Les îles du Cap-Vert étaient probablement inhabitées lorsque des navigateurs y abordent en 1456. Leur découverte est sujette à controverse, tantôt attribuée au Vénitien Ca’ da Mosto, tantôt au Portugais Diogo Gomes. C’est en tout cas ce dernier qui en prend possession au nom du Portugal en 1460, avant que les droits portugais sur les îles ne soient consacrés par le traité de Tordesillas, en 1494. Terre de marins, recrutés dès le xviie siècle pour la pêche à la baleine, escale pour les navires portugais en route vers le Brésil, le Cap-Vert devient également un important centre de la traite des Noirs vers l’Amérique. Les colons de l’archipel font également venir des esclaves du continent africain pour les faire travailler dans les plantations. Le peuplement des îles est tardif, São Vicente restant inhabitée jusqu’en 1727 et Sal jusqu’en 1781.

L’abolition définitive de la traite en 1866 puis le détachement de la Guinée-Bissau en 1879 détruisent l’économie des îles et entraînent une forte émigration : émigration libre vers les États-Unis et forcée vers les colonies portugaises d’Angola et de São Tomé et Príncipe. Cette émigration permanente est liée aux sécheresses meurtrières (16 au cours du xixe siècle) que connaît l’archipel — celle qui sévit de 1831 à 1833 est la plus meurtrière, avec 30 000 morts. C’est dans l’exil que se constitue le nationalisme cap-verdien, dont le père fondateur est le poète Eugénio Tavares (1867-1930). Les métis cap-verdiens jouent également un rôle important dans les autres colonies portugaises d’Afrique, en Angola et au Mozambique, où ils sont souvent employés comme cadres administratifs en raison de leur niveau d’éducation élevé — le régime administratif discriminatoire de l’indigénat n’a pas été appliqué aux îles du Cap-Vert.

6.2

La lutte pour l’indépendance

Néanmoins, les sécheresses du début du siècle (1903-1904, 1914), la fascisation du régime de la métropole avec l’arrivée au pouvoir des militaires en 1926 puis de l’Estado Novo de Salazar en 1933, la limitation de l’immigration aux États-Unis et en Europe interdisent toute autonomisation du pays. Le Cap-Vert connaît une des périodes les plus noires de son histoire dans les années 1940. Les portes de l’Amérique closes, le quadrillage policier des Portugais, les famines successives (1941-1942, 1946-1948) qui tuent, selon certains historiens, environ 20 000 personnes (sur 150 000 habitants) dans l’indifférence générale, car le pays est fermé aux étrangers, entraînent des départs clandestins massifs de Cap-Verdiens vers le Sénégal, puis dans les années 1950 et 1960, vers l’Europe, notamment vers la France, les Pays-Bas et la Belgique, où se forment la plupart des cadres du mouvement indépendantiste.

En 1951, à l’instar des autres possessions portugaises, le Cap-Vert devient un territoire d’outre-mer. Cinq ans plus tard, en septembre 1956, Amilcar Cabral, un ingénieur agronome cap-verdien né au Cap-Vert, formé à l’université de Lisbonne, fonde le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée portugaise et du Cap-Vert (PAICG). À partir de 1959, il s’engage dans la lutte armée contre le colonisateur. Bien qu’Amilcar Cabral ne soit pas lui-même marxiste, le mouvement prend une orientation nationaliste révolutionnaire et marxisante qui s’accentue après l’assassinat de son leader à Conakry en janvier 1973. S’appuyant sur des sanctuaires situés en territoire sénégalais et en Guinée, la guérilla réussit à contrôler les deux tiers de la Guinée-Bissau, tandis qu’au Cap-Vert le mouvement reste clandestin.

7

Le Cap-Vert indépendant

En 1975, après la révolution des Œillets au Portugal, le Cap-Vert et la Guinée-Bissau accèdent à l’indépendance et constituent un État commun, dirigé par Luis Cabral, le frère d’Amilcar. Des frictions opposent cependant assez vite îliens et continentaux. Après la séparation des deux pays, lors du coup d’État du 14 novembre 1980 en Guinée-Bissau, l’archipel est maintenu sous le régime du parti unique (le PAICV, la section cap-verdienne du PAICG).

Bien qu’appartenant à la mouvance communiste, le Cap-Vert se rapproche des pays occidentaux — il dépend toujours de leur aide — et de l’Afrique du Sud. L’aérodrome de Sal sert notamment de lieu de ravitaillement aux avions sud-africains interdits d’escale dans les autres aéroports africains, en raison du boycottage lancé contre le régime d’apartheid. Une très forte opposition au régime se manifeste quand le PAICV décide d’autoriser l’avortement et de mettre en œuvre une réforme agraire. L’opposition se regroupe autour de l’Église catholique et du journal Terra Nova, tandis que les émigrés font pression économiquement sur le régime en cessant de rapatrier leurs devises (en moyenne, 20 000 escudos par habitant entre 1990 et 1994).

En 1990, le PAICV accepte d’organiser des élections libres, persuadé de les remporter. Les élections démocratiques du 13 janvier 1991 sont finalement remportées par le Mouvement pour la démocratie (MPD), le premier parti d’opposition, dirigé par Carlos Veiga. Le 17 février 1991, Antonio Mascarenhas Monteiro est élu président de la République. Le pays s’engage dans une transition démocratique réussie tandis que, sur le plan économique, le MPD entreprend des réformes de libéralisation et de développement, axées sur l’investissement privé, et met en place une gestion rigoureuse du budget public. Cette politique est poursuivie par le PAICV lorsqu’il revient au pouvoir en 2001 (avec son leader José Maria Neves au poste de Premier ministre et Pedro Pires, ancienne figure de la lutte pour l’indépendance, élu à la présidence de la République). Combinée à une aide extérieure aussi indispensable que considérable (aide internationale et devises en provenance des émigrés cap-verdiens), cette politique mène l’archipel sur la voie de la croissance économique. Reconduits lors des élections de 2006, le gouvernement de José Maria Neves et le président Pedro Pires doivent cependant faire face à une situation sociale difficile, avec un taux de chômage qui touche 25 p. 100 de la population et une aggravation de la pauvreté et des inégalités. Sur le plan international, le Cap-Vert déploie une diplomatie active et cultive ses liens avec l’étranger. En 1996, il participe à la constitution de la Communauté des pays de langue portugaise, avant d’adhérer à l’Organisation internationale de la francophonie. Il est également membre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

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