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  • Nationalisme - Wikipédia

    Le nationalisme en tant que doctrine et idéologie s'est cristallisé au XIX e  siècle et au XX e  siècle simultanément dans plusieurs pays d' Europe.

  • nationalisme - Wiktionnaire

    nationalisme masculin. Sentiment qui consiste dans l’ exaltation de l’ idée nationale. Le mépris où il tenait le nationalisme dont j'ai toujours eu l'aversion, le dédain qu ...

  • Définition : Nationalisme

    Lexique de la politique : Qu'est-ce que le nationalisme ? ... Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique Nationalisme Définition du nationalisme

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nationalisme

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Manifestation patriotique en EstonieManifestation patriotique en Estonie
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Présentation

nationalisme, doctrine affirmant la prééminence de la nation sur le corps social qui la compose et pouvant viser à l’expansion de son aire d’influence au détriment d’autres collectivités nationales.

Dans sa première acception, le terme, apparu à la fin du XVIIIe siècle, est utilisé essentiellement pour désigner les théories des jacobins les plus extrémistes durant la Révolution française. Plus généralement, on emploie le terme de nationalisme pour évoquer les aspirations à l’indépendance d’un peuple sous domination. On peut également le trouver associé aux idéaux d’un groupe pour lequel les valeurs et les intérêts nationaux fondent l’action politique.

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Les sources du nationalisme

Le nationalisme repose sur l’existence d’un sentiment de communauté liant des individus autour d’une histoire, d’une langue, d’une religion communes. En Europe occidentale, le sentiment national se développe à partir de la fin du Moyen Âge avec l’émergence d’États centralisés qui s’appliquent à mener une politique d’unification territoriale, linguistique et économique, en rupture avec le modèle d’empire chrétien universel, représenté par l’empire de Charlemagne, et avec le morcellement et les disparités liés au système féodal. Les liens traditionnels avec la seigneurie et la communauté religieuse se défont alors progressivement, laissant au souverain la fonction d’incarnation personnelle de la nation, dans le cadre de monarchies caractérisées par l’absolutisme. La Restauration anglaise de 1689, la Révolution américaine de 1776, amorcent une nouvelle tendance dans la manière de représenter la nation, mais c’est surtout la Révolution française de 1789, qui, par les bouleversements qu’elle entraîne dans la vie politique du pays et par son retentissement et sa diffusion, permet à la souveraineté nationale de s’exprimer dans un cadre radicalement différent, dans la mesure où c’est désormais l’État qui incarne la nation. Avec l’instauration du droit de vote et d’institutions telle que l’Assemblée nationale, rassemblant les élus de la nation, les citoyens d’un État se reconnaissent dans un pouvoir souverain qui émane d’eux et les représente. La loyauté envers la patrie remplace celle qui était due au roi. La prépondérance de l’État-nation n’est d’ailleurs pas contradictoire avec le maintien du système monarchique, comme le montre l’exemple de l’Angleterre avec l’existence d’une monarchie constitutionnelle.

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Les mouvements nationaux aux XIXe et XXe siècles

Le XIXe siècle marque l’éveil des peuples à la conscience nationale. La révolution industrielle entraînant le développement économique, la croissance d’une classe moyenne nourrie de nouvelles aspirations politiques, l’étude des langues et l’essor des littératures nationales favorisent le mouvement. C’est dans une Europe redécoupée à l’issue du congrès de Vienne (1815), selon le principe dynastique, essentiellement dominée par des Empires autoritaires, que des revendications nationales politiques et culturelles apparaissent. Ainsi, dès 1830, la Grèce se libère de la domination ottomane et acquiert son indépendance, donnant un espoir aux autres peuples des Balkans. L’année 1848 est marquée par l’éclosion du « printemps des peuples », série de révolutions menées par des peuples animés du désir de se libérer de la tutelle étrangère qui leur était imposée. Dans la foulée, des mouvements d’unité nationale prennent leur essor. Ainsi l’unité italienne est-elle réalisée en 1861, celle de l’Allemagne en 1871.

Ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale que le principe des peuples à disposer d’eux-mêmes (l’autodétermination), défendu notamment par le président américain Woodrow Wilson, est appliqué. Les traités de paix de 1919 et 1920 entérinent l’éclatement de l’Empire russe, organisent le démembrement des Empires austro-hongrois et ottoman, donnant naissance à de multiples États-nations en Europe (Pologne, Tchécoslovaquie, pays baltes). Le problème des minorités nationales n’est pas résolu pour autant et les revendications de cet ordre sont un facteur constant de tension dans les relations internationales de l’entre-deux-guerres. Le redécoupage de l’Europe a créé de nouvelles sources de mécontentement et le contexte de crise de la période exacerbe les revendications nationalistes, avec pour corollaire le repli des pays sur eux-mêmes, et la xénophobie. L’Allemagne nazie illustre parfaitement cette autre facette du nationalisme, à l’extérieur par les revendications d’Hitler sur les Sudètes, région de la Tchécoslovaquie comprenant une forte minorité allemande, à l’intérieur par une politique autarcique et antisémite.

Hors d’Europe et sous l’influence européenne, le sentiment national se manifeste également. Déjà, dans la première moitié du XIXe siècle, la plupart des pays d’Amérique latine se sont affranchis des dominations espagnole et portugaise. Dans les années 1920, sur les restes de l’Empire ottoman, Mustafa Kemal Atatürk édifie la nation turque sur le modèle européen. À la même époque, le Congrès national indien de Mohandas Gandhi est à la tête du mouvement pour l’indépendance, tandis qu’en Chine Sun Yat-Sen, leader du Guomindang, mène une révolution nationale destinée à dégager le pays de la domination occidentale.

Après la Seconde Guerre mondiale, le nationalisme fonde l’action des mouvements de libération nationale qui revendiquent leur émancipation des empires coloniaux et leur indépendance. Le processus de décolonisation entraîne la multiplication de nouveaux États-nations.

L’effondrement du communisme en Europe de l’Est, puis en Union soviétique suscite un regain des nationalismes en Europe, en réveillant d’anciens antagonismes ethniques ou religieux qui, le plus souvent, servent d’exutoire à des populations désorientées par le passage à la démocratie et à l’économie de marché. Ainsi dans le Caucase, s’affrontent Azeris et Arméniens, tandis que les nationalistes Tchétchènes se lancent dans un conflit contre les Russes en 1994. Surtout, la dislocation de la Yougoslavie donne lieu, entre 1992 et 1995, à une guerre civile en Croatie et plus encore en Bosnie où s’affrontent Croates, Serbes et Musulmans. Ce réveil nationaliste touche tous les pays de la région, notamment l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) et la Serbie, dont chacun comprend une forte minorité d’Albanais. De même en Europe centrale, resurgit le problème des minorités hongroise, en Slovaquie et en Roumanie, et turque, en Bulgarie en particulier. En Europe occidentale l’accélération de la construction européenne ainsi que la crise économique favorisent l’émergence de mouvements nationalistes en France, en Belgique et en Italie où apparaissent également des mouvements nationalistes régionaux, telle la Ligue du Nord en Italie.

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Les nationalismes : points communs et différences

Les exemples évoqués précédemment suggèrent l’existence de différences entre les nationalismes et leur expansion. Cependant, quelle que soit leur forme, le sentiment et la doctrine nationalistes reposent sur un certain nombre de points communs. Ainsi, la notion de souveraineté caractérise toujours le nationalisme, qu’il s’exprime dans le cadre d’aspiration à l’indépendance et à la constitution d’un État-nation ou bien dans le cadre d’un État-nation déjà existant, et donc soucieux de maintenir sa souveraineté, à l’intérieur comme à l’extérieur. La notion d’unité est également toujours présente : tous les nationalismes s’attachent à défendre et à renforcer la cohésion nationale au détriment des particularismes de toutes sortes qui peuvent représenter un danger de désintégration. Autre facteur d’importance, la prise de conscience de valeurs léguées par un passé commun, entretenues par l’exaltation de héros de la nation, voire la construction d’une mythologie nationale, et par la commémoration de dates ayant une valeur symbolique (indépendance, par exemple). Enfin, le sentiment nationaliste n’échappe pas à la tentation de se prendre pour un modèle destiné à être exporté. La frontière entre l’exaltation des valeurs nationales considérées comme étant universelles et la tentation d’expansion physique apparaît alors ténue. Il existe donc bien un fond idéologique commun aux nationalismes, mais également de profondes différences.

Liée à la situation historique, une première distinction s’impose entre peuple dominant et peuple dominé. Le nationalisme qui se manifeste dans le cadre d’un État-nation existant n’est pas de même nature que celui qui vise à la création de cet État. De même, le contexte économique et social dans lequel s’exprime le nationalisme a son importance, selon qu’il incite à l’expansion d’un modèle ou à une politique autarcique. Enfin, le nationalisme peut se référer à différents types d’inspiration doctrinale. Si on le trouve parfois fortement lié à l’éthique des droits de l’homme et à la philosophie des Lumières dans la droite ligne de la Révolution française, le nationalisme peut également être associé à des doctrines et à des systèmes politiques attachés à des notions d’ordre et de hiérarchie.

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