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Plan de l'article
Présentation ; Le Mahabharata, fondement de la littérature et de la philosophie hindoues ; L’épopée des Pandava ; La Bhagavad-Gita, « chant du Bienheureux Seigneur » ; Les autres textes
Mahabharata, épopée sanskrite en vers, œuvre majeure de l’hindouisme, le plus long des deux grands poèmes épiques de l’Inde ancienne — le second étant le Ramayana. Le Mahabharata, en sanskrit « la grande [geste] des Bharata » (Bharata ou Bharat est le fondateur mythique de l’Inde) raconte l’histoire de l’humanité : « il parle du passé, du présent et du futur ; du déclin et de la mort, de la crainte et du tourment, de ce qui est, de ce qui n’est pas. […] Tout y est. »
La tradition indienne attribue le Mahabharata au sage Vyasa, à la fois le narrateur et l’un des protagonistes de l’épopée. À l’origine, le Mahabharata est vraisemblablement transmis oralement par des groupes de récitants à l’occasion de fêtes. Ses auteurs seraient cependant nombreux, et sa rédaction se serait étalée sur près de huit siècles (du IVe siècle av. J.-C. au IVe siècle de notre ère). Les apports sont donc successifs, et les manuscrits marquent de nombreuses divergences selon les auteurs et les régions de l’Inde. Le poème est composé essentiellement en vers (près de 120 000 stances dans certaines versions), répartis en dix-neuf chants, ou livres — on en a longtemps compté dix-huit livres (les parva), comprenant 100 000 stances, auxquels on a ensuite rajouté le Harivamça (poème de 16 000 distiques), consacré à la lignée de Hari (forme de Vishnou). Le Mahabharata mêle le grand vers épique indien shloka — distiques — de trente-deux syllabes et des mètres très divers, mais aussi des passages en prose. À l’instar des autres récits épiques de l’Inde, le Mahabharata revêt une importance considérable : pour le dévot, sa récitation et son audition constituent un rite à valeur rédemptrice ou purificatrice. Cette épopée rassemble récits mythiques, légendaires et guerriers, fables, poèmes religieux, écrits didactiques, digressions théologiques, morales et politiques, mantras (prières) etc. Autant de thèmes auxquels la littérature et le théâtre indiens et hindouistes ne cessent de se référer.
Le sujet central du Mahabharata est la lutte entre les deux lignées de descendants de Bharata, lui-même descendant de Puru, roi de la lignée lunaire : les Kaurava (les cent fils de Kuru) et les Pandava (leurs cinq cousins, fils de Pandu — Yudhishthira le chef, Arjuna le guerrier, Bhimsa le colosse, et les jumeaux Nakula le taciturne et Sahadeva le sage). Ces derniers, ayant perdu leur royaume Hastinapura et leur femme commune (Draupadi) au cours d’une partie de dés truqués, décident de les reconquérir. Les Pandava, de la caste des Kshatriyas (guerriers) comme leurs cousins, dirigés par leur frère aîné et chef Yudhishthira, sont condamnés à l’exil pendant douze années. Lors de leur exil, ils visitent des ermitages et entendent nombre de récits symboliques et initiatiques, notamment ceux de Nala et Damayanti (les « Roméo et Juliette » hindous), de Rama et Sita (sujet du Ramayana), de la naissance du Gange ainsi que celui de Savitri (épouse idéale dont la foi sauve son époux). Arjuna, qui refuse de combattre des Kaurava, reçoit de son cousin Krishna — qui apparaît sous la forme de Vishvarupa (le « souverain universel ») —, une initiation tant théologique que politique et philosophique (récit contenu dans les dix-huit chapitres de la Bhagavad-Gita). Krishna le convainc de s’associer à ses frères pour combattre les Kaurava. Après la bataille de dix-huit jours qui a lieu sur le champ mythique de Kurukshetra (en 3012 av. J.-C., selon la tradition), les Pandava reconquièrent leur royaume.
La partie la plus importante de l’épopée est la Bhagavad-Gita (Livre VI), dialogue en vers entre Arjuna et Krishna, incarnation de Vishnou ; ce dialogue, où s’entrecroisent de nombreux enseignements d’origines diverses et, notamment, l’exaltation du devoir individuel et le détachement du fruit des actes, constitue l’un des textes fondamentaux de la spiritualité hindoue. Krishna incarne le « seigneur », dont il est question dans le titre. Il enseigne à Arjuna différentes voies vers la libération. Plus important, il y apparaît comme un dieu omnipotent, donc seul véritable acteur de l’univers et seul objet possible d’adoration. La Bhagavad-Gita est le texte le plus populaire de l’hindouisme. Il revêt une importance particulière pour la tradition vaishnava (tradition associée à Vishnou), qui assimile le Krishna de la Gita au grand Dieu, Vishnou.
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