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Courbet, Gustave

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Courbet, Pierre Joseph ProudhonCourbet, Pierre Joseph Proudhon
Plan de l'article
1

Présentation

Courbet, Gustave (1819-1877), peintre, lithographe et dessinateur français, père du mouvement réaliste dans la France du XIXe siècle.

2

Un Ornanais à Paris

2.1

Les années d’apprentissage

Né à Ornans (Doubs), Jean Désiré Gustave Courbet est issu d’une famille de riches propriétaires fonciers. Il fait son apprentissage du dessin au petit séminaire d’Ornans auprès d’un ancien élève du baron Antoine Gros, Claude-Antoine Beau. En 1837, pensionnaire au collège royal de Besançon, il s’inscrit à l’école des Beaux-Arts. Il a pour professeur de dessin Charles-Antoine Flajoulot, sectateur du peintre Jacques Louis David.

À l’automne 1839, Gustave Courbet emménage à Paris afin d’entreprendre des études de droit, voie qu’il abandonne aussitôt pour s’adonner librement à la peinture, hors des sentiers battus de l’enseignement académique. Rebelle à toute forme de convention artistique, il énonce très tôt son désir de peindre le monde d’instinct, tel qu’il l’observe à sa porte. Il entre toutefois dans l’atelier d’un ancien élève du baron François Gérard, Charles de Steuben, puis suit des cours à l’académie Suisse et chez le père Lapin tout en pratiquant la copie des anciens du Louvre (Paolo Véronèse, Titien, Diego Vélasquez ou Francisco de Zurbarán), mais aussi des novateurs romantiques du musée du Luxembourg (Théodore Géricault, Robert-Fleury, Eugène Delacroix).

2.2

« À nous deux Paris »

Après avoir essuyé plusieurs refus du Salon (1841, 1842 et 1843), Gustave Courbet envoie pour le Salon de 1844 un autoportrait, Portrait de l'artiste, dit Courbet au chien noir (aujourd'hui au musée du Petit Palais, Paris). Premier d'une longue série d'autoportraits, mais aussi première toile de l’artiste à être acceptée et exposée dans un Salon, ce tableau est une œuvre charnière dans la carrière artistique du peintre. Paris découvre une œuvre très narcissique dans laquelle, du haut de son rocher d'Ornans, l'artiste s'exhibe dans une pose très romantique, l'air hautain sous un feutre à larges bords, couvert d'une capeline noire au revers judicieusement rabattu, la pipe négligemment tenue à la main.

Tel le jeune Rastignac de Balzac, Gustave Courbet proclame dès lors son ambition de devenir la coqueluche du Tout-Paris, déclarant, avec un brin d’emphase, dans une lettre à son père datée de 1845 : « Je veux faire de la grande peinture […]. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il faut qu’avant cinq ans j’aie un nom à Paris. » Sur les conseils du marchand Van Wisselingh, le jeune peintre commence par se rendre en 1846 aux Pays-Bas pour parfaire sa connaissance des maîtres hollandais. Parmi toutes les œuvres qu’il découvre aux musées de La Haye et d’Amsterdam, deux tableaux de Rembrandt le bouleversent particulièrement : la Leçon d’anatomie du docteur Nicolaes Tulp (1632) et la Ronde de nuit (1642).

3

Le chef de file des réalistes

3.1

Les « réalistes » de la brasserie Andler

Durant la Révolution de 1848, Gustave Courbet tient la vedette aux « colloques » et agapes mémorables organisés à la brasserie Andler de la rue Hautefeuille. Il y côtoie notamment ses compatriotes franc-comtois, le philosophe socialiste Pierre Joseph Proudhon et Max Buchon, un fouriériste provocateur contraint à l’exil au lendemain du coup d’État napoléonien du 2 décembre 1851.

Gustave Courbet collabore également à la revue du Salut public que dirigent Champfleury et l’un des dandys de la bohème hétéroclite de la capitale, le poète Charles Baudelaire. Dès lors, le peintre prône un réalisme toujours plus radical, affranchi de toute idéalisation bucolique et de tout pittoresque, un réalisme qui s’attache à mettre l’art au service de l’homme et à rendre compte de la vie quotidienne des gens ordinaires (Une après-dînée à Ornans, 1848-1849, œuvre exposée au Salon de 1849, musée des Beaux-Arts, Lille).

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