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corporations

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Sceaux des cités hanséatiquesSceaux des cités hanséatiques
Plan de l'article
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Présentation

corporations, ensemble de personnes exerçant le même métier ou la même profession. En histoire, le terme désigne les associations de marchands ou d'artisans qui se regroupèrent au Moyen Âge dans le but de défendre leurs intérêts et de se porter secours mutuel. On distingue les guildes de marchands des corporations de métiers, qu'on appelle aussi corps de métiers.

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Les guildes de marchands

Phénomène urbain apparu au XIe siècle, ce type de corporation est né dans un contexte d'expansion commerciale. Les aléas liés aux voyages incitèrent les marchands à se regrouper en convois, leur permettant ainsi de s'entraider en cas d'agression ou lorsqu'un litige commercial se présentait. On nommait ce type de convoi Gilde ou Hanse dans les pays germaniques, caritas ou fraternitas dans les pays de langue romane. Ces associations, qui s'institutionnalisèrent progressivement, acquirent des droits et des privilèges commerciaux qui assuraient à leurs membres le monopole des affaires dans leur propre ville. Ces droits étaient conférés par le seigneur féodal (à Paris, le roi) et dans les villes libres, par le corps municipal lui-même. Avec le temps, les guildes de marchands contrôlèrent l'ensemble du commerce et de l'industrie de leur ville. Elles avaient notamment le pouvoir d'imposer des taxes et des droits de péage à leurs concurrents. Les marchands de laine d'une ville, par exemple, établissaient des règlements interdisant à quiconque n'appartenant pas à la guilde de vendre ou d'acheter de la laine. La guilde fixait aussi certaines normes concernant les poids et mesures ainsi que la qualité des marchandises, et veillait au respect de ces normes, se réservant la possibilité d'infliger des amendes ou même de suspendre ceux de ses membres qui ne respectaient pas ses prescriptions. En échange de ce monopole, les membres acquittaient de lourdes redevances. Les guildes, qui comptaient parmi leurs membres les marchands les plus fortunés, acquirent une influence politique considérable et se trouvèrent souvent investies d'importantes responsabilités administratives au niveau municipal. Certaines guildes débordèrent du cadre d'une seule ville. Ainsi, tous les marchands qui vivaient du commerce maritime se groupèrent en associations appelées hanses ; à Paris, la hanse des marchands d'eau contrôlait tous les transports sur la Seine entre Paris et Mantes ; la hanse de Londres rassemblait les négociants de la Flandre et de l'Allemagne occidentale qui allaient commercer en Angleterre. Ces hanses étaient extrêmement puissantes. Aux XIIe et XIIIe siècles, les guildes de marchands perdirent progressivement de leur influence au profit des corporations de métiers. Au XIVe siècle, elles avaient presque disparu. Dans les villes où les guildes de marchands détenaient une large part du pouvoir municipal, elles se heurtèrent en outre aux puissances nationales qui se mettaient en place à la fin de la période médiévale.

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Les corporations de métiers

Métiers en France, craft guilds en Angleterre, arti en Italie, Zünfte ou Innungen en Allemagne, ces associations virent le jour dans divers pays européens dès le début du XIIe siècle. Comme les guildes de marchands, elles avaient pour but de défendre les intérêts de leurs membres ; elles regroupaient des artisans spécialisés (tanneurs, orfèvres, tisserands, armuriers) ou des commerçants détaillants (bouchers, épiciers, drapiers). À l'origine, les confréries, qui regroupaient des personnes de même métier se réunissant en dehors du travail, avaient un caractère surtout religieux. Chacune se réclamait d'un patron choisi parmi les saints qui, disait-on, avaient exercé le métier, comme saint Joseph pour les charpentiers ou saint Crépin pour les cordonniers. Elles assuraient aussi une fonction de secours mutuel en assistant les veuves et les orphelins, ainsi que les malades et les vieux ouvriers. Au cours des XIIe et XIIIe siècles, les corporations se multiplièrent et s'organisèrent. Vers 1450, on comptait 101 corporations à Paris et 142 à Venise. Leur rôle était devenu surtout économique. À la fin du XIIIe siècle, dans la plupart des villes, il fallait être membre de la corporation pour pouvoir exercer un métier déterminé. Chaque corporation était composée de trois catégories de membres : le maître, les compagnons et les apprentis. La famille d'un apprenti devait payer pour qu'un maître prenne l'enfant chez lui et lui enseigne le métier. Après un certain nombre d'années, l'apprenti devenait compagnon et travaillait pour le maître, qui lui versait alors un salaire. Éventuellement, s'il possédait assez d'argent pour payer les redevances à la corporation et s'il avait toutes les qualifications nécessaires, il pouvait à son tour devenir maître. Son admission était subordonnée à l'exécution d'un ouvrage appelé « chef-d'œuvre », qui témoignait de la compétence qu'il avait acquise. Le maître ou patron était propriétaire de la matière première et des outils, et se chargeait de la vente des biens manufacturés. Au cours du temps, l'accès au statut de maître fut de moins en moins aisé et, après le XIVe siècle, il était devenu impossible à un compagnon de passer maître. C'est alors que, aux XIVe, XVe et XVIe siècles, les compagnons fondèrent leurs propres corporations, appelées « compagnonnages » en France et yeoman guilds en Angleterre, en vue d'obtenir des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail, en utilisant parfois la grève pour obtenir la satisfaction de leurs revendications. Caractérisés par une mission de secours mutuel, un objectif de défense des droits du travail et l'existence d'un fort contrôle sur leurs membres, les compagnonnages sont souvent considérés comme les précurseurs des syndicats modernes.

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Puissance économique et politique

Les corporations de métiers jouèrent un rôle essentiel dans la cité médiévale, en s'attribuant le monopole du commerce dans chaque secteur d'activité. Non seulement tout produit provenant de l'extérieur était interdit à la vente, mais au sein d'un même métier tout était strictement réglementé (nombre d'ouvriers et d'outils, horaires, salaires des ouvriers, prix des produits). Toute notion de concurrence commerciale était absente et l'amélioration des techniques de production en vue d'augmenter la productivité ou de réduire les coûts était prohibée. Les corporations s'attachaient plus particulièrement à la qualité de la marchandise vendue. Elles exerçaient cette activité de contrôle par des inspections systématiques, éventuellement sanctionnées par l'obligation de verser une amende. Cette situation détermina une spécialisation croissante de l'artisanat. Par exemple, dans le travail du cuir, la préparation revenait aux écorcheurs, aux tanneurs et aux corroyeurs ; le cuir était alors vendu aux cordonniers et aux selliers, qui n'avaient pas le droit de le préparer eux-mêmes. Chaque type d'objet (gants, selles, gaines d'épée, ceintures, chaussures) était fabriqué par des artisans appartenant à des corporations différentes. Il y avait également une hiérarchie des métiers. Ainsi à Paris, les six grandes corporations étaient celles des merciers, des drapiers, des épiciers, des orfèvres, des changeurs et des pelletiers. Les corporations obtinrent une part du pouvoir politique dès le XIVe siècle en concurrençant les riches marchands pour l'accès aux fonctions publiques. Dans certaines villes, comme Cologne, Lubeck, Mayence, elles réussirent à s'imposer dans les conseils municipaux. À Liège, le conseil municipal de 1384 était même entièrement composé de représentants des 32 corps de métiers de la ville. Cependant, les maîtres des corporations représentées étaient souvent des marchands plutôt que des artisans et appartenaient à la riche bourgeoisie. Comme en témoignèrent la défaite d'Étienne Marcel à Paris en 1358 ou encore celle des maillotins en 1382, le pouvoir politique des artisans restait peu assuré. En France et en Angleterre, les pouvoirs royaux ou princiers tentèrent très tôt de s'opposer à la puissance des corporations.

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