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Corée, guerre de

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Guerre de CoréeGuerre de Corée
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1

Présentation

Corée, guerre de, conflit militaire disputé sur la péninsule coréenne de juin 1950 à juillet 1953.

Né de l’invasion de la Corée du Sud (République de Corée) par la Corée du Nord (République populaire démocratique de Corée), le conflit a pris, dans le contexte de la guerre froide, la tournure d’une guerre internationale localisée, impliquant notamment les États-Unis et la Chine. Contrairement aux craintes qu’il a pu provoquer dans un premier temps, il n’a pas débouché sur une Troisième Guerre mondiale en raison de la volonté des États-Unis et de l’Union soviétique de ne pas s’engager dans un face-à-face.

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Origines du conflit

Après la défaite du Japon (2 septembre 1945), à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Corée (sous domination japonaise depuis 1910) est partagée en deux zones d’occupation, au niveau du 38e parallèle : la zone soviétique au nord, et la zone américaine au sud. Cette partition n’étant considérée comme définitive par aucune des parties concernées, des tentatives de réunification de la péninsule sont menées par les États-Unis et l’Union soviétique dès 1946, mais n’aboutissent pas, dans un climat d’hostilité croissante entre les deux superpuissances. Deux États antagonistes voient alors le jour : au sud, la République de Corée, présidée par Syngman Rhee et soutenue par le gouvernement américain et les Nations unies, est proclamée le 15 août 1948 ; au nord, la République populaire démocratique de Corée, présidée par Kim Il-sung et soutenue par le gouvernement soviétique, est proclamée dix jours plus tard. Dès la fin de l’année 1948, les troupes soviétiques ont quitté la péninsule coréenne, les contingents américains leur emboîtant le pas en juin 1949. Corée du Nord et Corée du Sud concentrent dès lors leurs forces le long du 38e parallèle et, dès l’été 1949, des incidents éclatent à la frontière — provoqués pour la plupart par la Corée du Sud selon des archives américaines. Un an plus tard, le 25 juin 1950, la Corée du Nord saisit le prétexte fallacieux d’une escarmouche de l’armée sud-coréenne pour franchir le 38e parallèle.

Les motifs qui persuadent Kim Il-sung de l’opportunité d’une telle offensive restent incertains, de même que l’appui dont il aurait bénéficié. Compte tenu de l’impopularité croissante du régime de Syngman Rhee, son homologue nord-coréen pense pouvoir être accueilli par une majorité de Sud-Coréens comme le libérateur capable de le renverser et de réunifier les deux Corées. Face aux réticences de Joseph Staline, qui doute du succès de l’entreprise et craint ses conséquences sur les relations américano-soviétiques, il se dit également assuré d’une victoire éclair et de l’impossibilité d’une intervention américaine rapide. Il obtient finalement l’aval de Joseph Staline et, même si l’approbation qu’il reçoit de la Chine (devenue communiste en 1949) n’est pas historiquement établie, il apparaît peu probable que Mao Zedong n’ait pas été informé de ses plans ; la Chine, tout en redoutant une riposte militaire des États-Unis qui viendrait contrecarrer ses projets d’annexion de l’île de Taïwan, semble prête à intervenir en cas d’internationalisation du conflit.

Ambiguë, la position des États-Unis à la veille de l’offensive nord-coréenne semble plutôt pencher en faveur d’une intervention militaire en cas d’attaque contre la Corée du Sud. En effet, dans un Extrême-Orient où la présence française est menacée par la guerre d’Indochine, la Corée du Sud (comme le Japon, très affaibli) constitue un bastion stratégique pour la politique américaine d’endiguement du communisme. L’Union soviétique, pour sa part, aurait perçu l’intérêt d’une intervention américaine coûteuse provoquant la mobilisation de troupes ; depuis le mois de janvier précédent, elle boycotte en outre le Conseil de sécurité de l’ONU en raison du refus américain d’y admettre la Chine et avec l’intention, sans doute aussi, de montrer que l’ONU est en réalité un instrument du gouvernement américain.

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Offensive nord-coréenne et extension du conflit

Le dimanche 25 juin 1950, à l’aube, l’armée nord-coréenne franchit le 38e parallèle et envahit la Corée du Sud. Si les deux camps sont alors numériquement comparables, l’armée nord-coréenne bénéficie des équipements lourds laissés par l’Union soviétique et d’une plus grande expérience sur le champ de bataille (en particulier celle des milliers de soldats tout juste rentrés de Chine où ils ont combattu auprès des communistes). Face à une armée sud-coréenne n’opposant guère de résistance, les troupes nord-coréennes parviennent à prendre Séoul, la capitale de la Corée du Sud, le 28 juin.

Dès le 27 juin, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence, en l’absence de l’Union soviétique, et a pris une résolution soutenue par les États-Unis mettant en place des sanctions militaires contre la Corée du Nord. Le Conseil de sécurité décide la constitution d’une armée formée par seize nations, dont la France, qui envoie un bataillon commandé par le général Monclar. Le même jour, le président des États-Unis, Harry Truman, ordonne aux forces aériennes et navales du Pacifique de se porter au secours des armées de la Corée du Sud et de protéger l’île de Taïwan.

Le 30 juin, le président Truman ordonne le déploiement en Corée des forces de combat terrestres américaines stationnées au Japon et une attaque aérienne au Nord. Au mois de juillet, les forces américaines et sud-coréennes ainsi que les autres contingents internationaux sont placés sous un commandement unifié de l’ONU, dirigé par le général américain Douglas MacArthur. Dans les semaines qui suivent, l’armée nord-coréenne (environ 70 000 hommes au front) inflige défaite sur défaite aux troupes onusiennes et sud-coréennes (92 000 hommes dont 47 000 Américains), repoussées dans une bande de terre autour de la ville portuaire de Pusan au sud-est de la péninsule, large de 80 km d’est en ouest (de Pohang à Daegu) et longue de 110 km du nord au sud (jusqu’à la région de Jinju). Les armées coalisées parviennent cependant à tenir ce périmètre, en dépit des assauts répétés des Nord-Coréens (dont les effectifs approchent alors les 100 000 hommes) et grâce aux renforts américains (près de 40 000 supplémentaires), à la supériorité de leur artillerie et à un important appui aérien.

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Contre-offensive onusienne et avancée vers le Nord

Le 15 septembre 1950, le général MacArthur lance une brillante invasion sous-marine derrière les lignes ennemies, débarquant quelque 80 000 marines à Inchon, cité portuaire de la côte ouest de la Corée du Sud, à 40 km environ à l’ouest de Séoul. Coordonnant leur attaque, les forces de l’ONU réussissent à sortir de la poche de Pusan. Face à l’ampleur de la contre-offensive, les Nord-Coréens sont contraints à une retraite inévitable. Le 26 septembre, ils évacuent Séoul et, le 30, ils sont repoussés au-delà du 38e parallèle.

Le président Truman décide alors de tirer parti de la situation pour faire régresser l’expansion communiste en renversant le régime nord-coréen. Convaincu de l’absence de réaction de la part des gouvernements soviétique et chinois, il approuve l’ordre de franchissement du 38e parallèle par les forces de l’ONU avec l’objectif de repousser l’ennemi au-delà du fleuve Yalu séparant la Corée du Nord de la Chine. Les forces onusiennes entrent en Corée du Nord le 7 octobre et s’emparent de Pyongyang, sa capitale, le 18. Le 26 octobre, certaines unités avancées atteignent le Yalu, où elles entrent en contact avec des « volontaires » chinois. Après des combats acharnés au cours desquels les unités de MacArthur sont repoussées, les Chinois se retirent mais MacArthur continue son offensive vers le Yalu tout au long du mois de novembre.

La menace américaine à la frontière mandchoue, mais surtout la volonté des dirigeants chinois de contrer la stratégie des États-Unis et de porter secours à ses alliés nord-coréens, convainquent la Chine d’intervenir.

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