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SoudanArticle
Plan de l'article
Le nord du Soudan est imprégné par la culture islamique, tempérée dans les zones rurales par des traditions préislamiques et, dans les villes, par les coutumes occidentales. La culture européenne a également exercé une influence dans le sud du pays, mais les traditions africaines demeurent vivaces. Le musée national du Soudan, à Khartoum, abrite des collections préhistoriques ou des royaumes (Napata, Méroé) contemporains de l’Égypte ancienne. La maison du Calife, à Omdurman, contient une collection de reliques de l’époque madhiste. Khartoum possède également un musée d’Histoire naturelle et un Musée ethnographique. La bibliothèque de l’université de Khartoum est réputée pour sa collection d’objets traditionnels soudanais et africains ; la bibliothèque Flinders Petrie (du nom de l’égyptologue) et les Archives nationales possèdent une importante collection de documents historiques.
Depuis l’indépendance, en 1956, gouvernements démocratiques et dictatures militaires se succèdent. À la suite du coup d’État militaire de 1985 qui renverse le général Nemeiri, au pouvoir depuis 1969, des élections libres, organisées en 1986, voient la victoire du parti Oumma, dominé par les membres de la secte des Ansars (disciples du Mahdi). Son principal dirigeant, l’arrière-petit-fils du Mahdi, Sadek al-Mahdi, accède aux fonctions de Premier ministre. La poursuite de la guerre civile, la situation catastrophique provoquée par les inondations et la famine de 1988 conduisent à un nouveau coup d’État militaire, en 1989, mené par le général Omar al-Bachir, qui est élu en 1996, puis réélu en 2000, président de la République. Le conflit civil dans le Sud, né en 1983, prend fin le 9 janvier 2005 avec la signature d’un accord de paix entre le régime soudanais et les rebelles de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA). Pour la première fois dans l’histoire du pays, un gouvernement d’union nationale est formé le 20 septembre 2005. Une Constitution provisoire, signée par le président al-Bachir le 9 juillet 2005, doit régir le pays pendant une période transitoire de six ans.
Le Soudan est un pays très pauvre. En raison de la guerre, les statistiques n’ont qu’une valeur indicative. En 2005, le produit intérieur brut (PIB) était estimé à 28 milliards de dollars, soit un revenu par habitant de 760,10 dollars par an. Entre le milieu des années 1960 et la fin des années 1980, la croissance économique du pays a été quasiment nulle. Au début des années 1990, les aléas climatiques et les conséquences de la guerre civile ont totalement sapé les efforts déployés par le gouvernement pour tenter de développer l’économie. En 1995, le pouvoir a repris les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) afin d’introduire des éléments de réforme dans une économie essentiellement rurale, et résoudre le problème de la dette, d’un poids considérable (15,3 milliards de dollars en 2001). Le revenu des Soudanais émigrés massivement dans les pays du golfe Arabo-Persique représente la principale source d’entrée de devises.
Faute de travaux de mise en valeur des sols, seuls 10 p. 100 des terres sont cultivés, alors que l’agriculture représentait 33,7 p. 100 du PIB en 2005 et employait 69,5 p. 100 de la population active. Les principales cultures de subsistance sont la canne à sucre (5,5 millions de tonnes), le sorgho (2,6 millions de tonnes), le millet (500 000 t), l’arachide (1,2 million de tonnes) et le manioc (10 400 t). Dans les années 1970, la production de sorgho a été mécanisée, permettant ainsi au Soudan d’exporter cette denrée au prix d’une importante érosion des sols et d’une désertification accrue. À l’heure actuelle, le coton est la principale culture de rente du Soudan. La gomme arabique, employée pour l’élaboration de confiseries, parfums, aliments transformés, constitue un autre produit majeur d’exportation. Le Soudan en est le premier producteur mondial.
Depuis que l’extraction minière a été quasiment arrêtée et que le pétrole découvert au sud n’a pu être exploité en raison du conflit, l’activité industrielle se limite à la transformation de produits agricoles et à la production textile. Environ 9 p. 100 de la population travaille dans le secteur de l’industrie, qui représente 29,7 p. 100 du PIB. Les grandes centrales hydroélectriques de Khachm al-Girba sur l’Atbarah et de Sennar sur le Nil Bleu assurent 70 p. 100 de la production d’électricité du Soudan.
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