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SoudanArticle
Plan de l'article
Les principaux produits d’exportation sont le coton (55 p. 100 du total), la gomme arabique (9 p. 100), les graines de sésame (9 p. 100) et l’arachide (2 p. 100). Avec une production essentiellement agricole, le Soudan est contraint d’importer la quasi-totalité des produits manufacturés qu’il consomme (machines, produits pétroliers, métallurgie et textiles). Les principaux partenaires commerciaux du Soudan sont l’Arabie saoudite, le Japon et les pays de l’Union européenne. Les échanges intérieurs utilisent les 5 478 km de voies ferrées qui relient entre elles la plupart des grandes villes du pays ; les 4 070 km de voies navigables (dont seule la moitié est praticable tout au long de l’année) et 11 900 km de routes. La compagnie aérienne nationale, Sudan Airways, propose des vols sur l’ensemble du pays ainsi que des liaisons internationales. Le dinar soudanais, introduit en 1992 pour remplacer l’ancienne livre soudanaise, est remplacé par la nouvelle livre soudanaise en 2007 au taux d’une livre pour 100 dinars. Toutes les banques du pays ont été nationalisées en 1970. De plus, la loi islamique interdit l’application d’intérêts sur les transactions bancaires. La première Bourse des valeurs soudanaise a vu le jour en 1995.
La partie nord du territoire du Soudan moderne est connue jusqu’au xvie siècle sous le nom de Nubie. En revanche, l’histoire du Soudan méridional demeure obscure jusqu’au xixe siècle.
Faisant suite à une riche civilisation néolithique née des contacts avec un Sahara en voie de désertification, les principautés apparues dès le milieu du IVe millénaire avant notre ère donnent naissance au royaume de Kerma (environ 2500-1500 av. J.-C.). Ce dernier entretient d’étroits contacts avec l’Égypte, qui l’évoque sous le nom de Koush et lance parfois des expéditions contre lui. Des monuments et vestiges archéologiques (deffutas de Kerma), situés dans la région comprise entre le désert de Nubie et le Nil témoignent aujourd’hui d’une civilisation originale. De 1500 à 1075 environ, l’Égypte du nouvel Empire exerce une grande influence sur le pays. La région reprend ensuite son indépendance et une dynastie nubienne fonde une principauté autour de Napata. Au viiie siècle av. J.-C., le roi de Koush annexe l’Égypte et se proclame pharaon. Renversée en 671 av. J.-C. par les Assyriens, la dynastie Koushite se replie à Napata, puis à Méroé, plus au nord et moins soumis à l’accentuation de la désertification. Vers 350 av. J.-C., le royaume éthiopien d’Aksoum conquiert la Nubie. À l’ancien royaume de Méroé succèdent, à partir du vie siècle de notre ère, de petits royaumes chrétiens qui subsistent jusqu’au début du xvie siècle. Isolés après la conquête arabo-musulmane de l’Égypte vers 640, ils disparaissent les uns après les autres lorsque les Foundjis, des Noirs islamisés, établissent un sultanat à Sennar en 1504.
Au cours du xvie siècle, le sultanat des Foundjis, dont la puissance est assise sur la traite des Noirs (voir Esclavage), devient un État puissant dont la capitale se révèle être l’un des foyers culturels les plus importants de l’islam. Toutefois, à la fin du xviiie siècle, des dissensions entre les grandes tribus foundjies affaiblissent considérablement le royaume. En 1821, le Soudan est envahi par l’armée de Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte qui fonde Khartoum en 1823, au confluent des deux Nil. Une vaste partie de la Nubie est rattachée à l’Égypte sous le nom de Soudan égyptien. La domination égyptienne (qui va durer soixante ans) s’étend progressivement au sud, soutenue par les Britanniques qui veulent compter l’Égypte parmi leurs possessions d’Afrique australe. À l’ouest, néanmoins, le Sultanat de Darfour, dans le djebel Marra habité par les Fours, conserve son indépendance jusqu’en 1916. Les querelles intestines provoquées par la traite des esclaves dans le Sud, et plus généralement par l’incompétence de l’administration, ne font que s’accentuer pendant cette période. Entre 1877 et 1880, alors que le Soudan égyptien est gouverné, au nom de l’Empire ottoman, par le général et administrateur britannique Charles George Gordon, des efforts sont déployés pour supprimer le commerce des esclaves.
La démission de Gordon puis l’instauration d’un protectorat britannique en Égypte, en 1882, aggravent les tensions internes au Soudan. La révolution nationaliste mahdiste naît à ce moment : les disciples de Muhammad Ahmad Abd Allah, qui s’est proclamé Mahdi (c’est-à-dire imam caché, ou messie, dans la tradition musulmane), remportent plusieurs victoires. Les Ansars parviennent notamment à détruire un corps d’armée égyptien en novembre 1883 et à se rendre maître de Khartoum en janvier 1885, bataille au cours de laquelle Gordon trouve la mort. Ils parviennent ainsi à contrôler le nord du Soudan. La situation intérieure se détériore sous le règne du Mahdi puis du calife Abdallah al-Taaisha, qui succède au Mahdi en 1885. Le calife mène une lutte incessante contre les peuples nilotiques du Sud, annexant une grande partie de leur territoire au Soudan égyptien, et se lance dans plusieurs autres aventures militaires, dont une tentative avortée de conquête de l’Égypte en 1889. En 1896, les gouvernements britannique et égyptien, soucieux de contrer l’influence croissante de la France en Afrique centrale, lancent une expédition militaire commune contre le calife. Menée par le général Kitchener, elle se solde par la défaite des troupes mahdistes à Omdurman, le 2 septembre 1898.
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