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portrait (art)

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Portrait du Fayoum, ZenobiaPortrait du Fayoum, Zenobia
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1

Présentation

portrait (art), genre artistique qui s’attache à représenter les traits physiques ou moraux d’un individu.

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Définition du portrait

Selon Pline l’Ancien, il reviendrait à la fille d’un potier nommé Dibutades de Corinthe d’avoir inventé le dessin — et par là même le portrait — en circonscrivant d’un morceau de charbon l’ombre de son bien-aimé sur un mur. Cette anecdote relève certes du mythe, mais elle révèle une dimension essentielle dans la construction théorique du genre du portrait : le désir de saisir l’absent, l’aimé dans la pierre ou dans la couleur. « Un portrait porte absence et présence, plaisir et déplaisir. La réalité exclut absence et déplaisir » : c’est par ces termes que Pascal au xviie siècle définit la dialectique de la perception du sujet peint.

L’origine du portrait expliqué par l’amour ou par l’amitié d’un être cher parti au loin ou décédé ne constitue pas le seul facteur d’explication de son invention. L’image revêt également une dimension politique, voire religieuse. « Je crois que l’art de portraiturer n’eut pour but que de faire les images des grands hommes, c’est-à-dire leurs portraits, en tant qu’idoles », affirme Lomazzo, un théoricien de l’art de la fin du xvie siècle. Fixer les traits des grands hommes constitue alors une vaste entreprise de reproduction qui vise à multiplier l’image de la présence du prince dans l’État qu’il gouverne ou du grand homme qui occupe une place importante dans une société donnée. Son portrait transmet ainsi, non seulement une image (la sienne, qu’elle soit vériste ou idéalisée) mais également sa sacralité (ce qu’il est sur terre, dieu ou représentant de dieu selon les époques) ou son rang ; la réception du portrait par le spectateur s’effectue selon le mode de la vénération.

La représentation d’un être cher ou d’un prince ou l’usage privé ou public de l’image présentent par conséquent des traits de similitude dans leur mode de fonctionnement : il s’agit de rendre présent un absent, voire d’attribuer à l’image une valeur de substitution au modèle et de conférer à cette image le statut d’idole. La ressemblance du sujet peint à son modèle — qui, selon la définition classique, définit le terme portrait — pose dans cette optique un obstacle théorique : pour jouer pleinement le rôle de substitut, l’image doit-elle être fidèle ou peut-elle se prêter à une transformation ? L’évidence de la perte du modèle (son absence face à son portrait) autorise a priori toute manipulation visant à modifier son image physique, tout en véhiculant un effet de ressemblance afin de présenter, à travers cet effet mis en scène, une idée du personnage représenté.

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Le portrait dans l’Antiquité

Le portrait impérial romain constitue un exemple éloquent de cette transformation. Lorsque, en 27 av. J.-C., Octave reçut le titre d’Auguste (après avoir reçu celui de Princeps, « le Premier », puis celui d’Imperator), on observe un changement dans la représentation de son visage. Auparavant, les sculpteurs pouvaient reproduire les signes manifestes de son âge — suivant en cela une tradition stylistique remontant à la période hellénistique ; après cette date, le visage sculpté du nouveau maître de Rome, instaurateur du régime impérial, de vériste devint idéal. Les portraits de sénateurs sous l’époque républicaine se caractérisaient par une exacerbation de tous les signes de la vieillesse. L’ultime période de la vie correspondait pour les Romains à l’expression de la sagesse et de la vertu : un buste montrant les traits burinés et graves d’un sénateur ne pouvait qu’inspirer respect et profonde vénération.

Or Auguste n’était pas un simple sénateur, il était le premier des sénateurs (Princeps), le grand pontife, c’est-à-dire le chef suprême de la religion romaine. Un culte était rendu à l’essence de son pouvoir à travers tout l’Empire. Sa personne était quasi divine, puisqu’il était considéré comme un descendant d’Énée, petit-fils de Vénus. Son image devait, de ce fait, se différencier de celle d’un simple dignitaire. Les références stylistiques furent par conséquent tournées vers d’autres périodes : l’art grec classique du ive siècle av. J.-C. constitua ainsi le modèle par excellence pour l’édification d’un type qui fait de l’empereur un homme éternellement jeune, comparable aux éphèbes de marbre et aux dieux de pierre du siècle de Périclès.

Le portrait idéalisé et le portrait vériste sont les deux termes d’une dialectique qui parcourt l’histoire de la Rome antique. Lorsque, en 69 apr. J.-C., Vespasien devint empereur après une période de troubles, il fit de nouveau appel à la tradition républicaine du portrait vériste, qu’il combina avec celle du portrait idéalisé. Ce choix s’effectua en raison de la volonté du nouveau Princeps de se démarquer de ses prédécesseurs. Vespasien était en effet issu d’une famille d’origine plébéienne : son règne consacra l’émergence de catégories sociales qui, jusque-là, n’avaient pas exercé de responsabilités dans la vie publique. Son portrait le plus célèbre, conservé au musée archéologique de Naples, manifeste la réunion de ces deux tendances stylistiques opposées afin de traduire sa personne, c’est-à-dire son humanité et son statut.

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Le portrait au Moyen Âge

Si, durant la République et les siècles de l’apogée de l’Empire, les portraits sculptés s’inscrivaient dans une esthétique fondée sur la recherche d’effets de ressemblance, il en fut autrement pendant l’Antiquité tardive (fin du iiie et ive siècles) et durant une grande partie du Moyen Âge. Les portraits se caractérisèrent par l’effacement des modelés, l’hiératisme des poses, l’atténuation des caractéristiques individuelles au profit de la mise en place d’une conception spiritualisée de la matière.

L’influence des théories néoplatoniciennes que le christianisme s’appropria conduisit l’artiste à se détacher du sensible et à amener le spectateur à « ouvrir les yeux de son esprit » afin de contempler le divin dans les choses. « Quel portrait veux-tu que je t’envoie ? Celui de l’homme terrestre ou celui de l’homme céleste ? », demandait Paule de Nole au début du ve siècle. Les mosaïques du vie siècle de l’église Saint-Vital à Ravenne représentant l’Empereur Justinien et sa femme Théodora et leur cour traduisent cette nouvelle conception du portrait. Le spectateur contemple non pas la personne de l’empereur, mais la fonction qu’il exerce, qui est celle de représentant de Dieu sur terre. Rares de ce fait sont les portraits individualisés et surtout indépendants. S’il existe bien des portraits dans l’art byzantin et dans l’art médiéval, c’est dans un contexte bien précis : celui de l’acte de donation. On trouve ainsi dans des manuscrits enluminés, dans des mosaïques ou dans des vitraux, la figure du donateur en prière face à la Vierge ou au Christ. Il porte un nom, mais ce nom n’apparaît que par rapport à Dieu.

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