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Hongrie

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Hongrie : drapeau et hymneHongrie : drapeau et hymne
Plan de l'article
5.5

La domination des Habsbourg

Pendant plus de cent cinquante ans après la défaite de Mohács, la Hongrie est le théâtre de querelles permanentes, opposant surtout les empereurs de la dynastie des Habsbourg qui prennent le contrôle de la partie occidentale du défunt royaume, mais aussi les Turcs qui instaurent leur suzeraineté en Hongrie centrale et les groupes de la noblesse locale dont celle de Transylvanie.

Dans la lutte pour le contrôle de la Hongrie, la Transylvanie devient le centre du mouvement indépendantiste magyar contre la domination exercée par les Turcs, les Autrichiens ou les Habsbourg. Pendant la Réforme, les Magyars ont abandonné l’Église catholique, aggravant le ressentiment des Habsbourg et des alliés du pape. À partir de la seconde moitié du xvie siècle et du début de la Contre-Réforme, le conflit entre les Habsbourg catholiques et les Magyars protestants devient de plus en plus violent. À la fin d’une longue guerre (1593-1606), l’empereur Rodolphe II est obligé d’accorder aux Magyars l’autonomie religieuse et politique en Transylvanie.

Les Transylvaniens se rangent aux côtés des Habsbourg au cours de la guerre de Trente Ans (1618-1648), mais György Ier Rákóczi, qui succède à Bethlen comme prince de Transylvanie en 1631, reprend la lutte contre la domination autrichienne en Hongrie occidentale. Avec l’aide de la France et de la Suède, il envahit l’Autriche en 1644. L’empereur Ferdinand III est contraint d’accepter la plupart des exigences de Rákóczi, dont une totale liberté religieuse pour tous les Hongrois placés sous l’autorité des Habsbourg.

Dans la décennie suivant l’accession de György II Rákóczi au titre de prince de Transylvanie, les Turcs étendent leur zone d’influence jusqu’en Transylvanie. De nouvelles persécutions contre les protestants provoquent un autre soulèvement révolutionnaire dans les possessions hongroises des Habsbourg. Menés par le comte Imre Thököly, les rebelles remportent une série de victoires sur les forces de l’empereur Léopold Ier. Thököly obtient l’aide militaire des Turcs en 1682, que les armées de l’empereur parviennent à repousser. L’effondrement des forces insurgées de Thököly est rapide. De violentes représailles sont engagées contre les chefs rebelles et la diète hongroise est contrainte de décréter l’hérédité de la couronne hongroise au sein de la dynastie des Habsbourg. Par le traité de Karlowitz en 1699, les Turcs ne conservent que le Banat hongrois, qu’ils doivent perdre dix-neuf ans plus tard. Le traité de Karlowitz attribue également la Transylvanie aux Habsbourg.

En 1703, Ferenc II Rákóczi (1676-1735), profitant de l’engagement de l’Autriche dans la guerre de Succession d’Espagne, encourage un nouveau soulèvement contre le pouvoir autrichien. Soutenu par la France, Rákóczi organise un gouvernement provisoire et tient les Autrichiens en échec jusqu’en 1708, date à laquelle il subit une écrasante défaite à Trenčín. La résistance dure jusqu’en avril 1711 ; l’empereur Charles VI propose alors une amnistie générale, la liberté religieuse et plusieurs concessions politiques. Les relations entre les Habsbourg et leurs sujets hongrois s’apaisent pendant plus d’un siècle.

5.6

Le printemps des peuples et ses conséquences

La Révolution française a pour conséquence indirecte d’insuffler un renouveau au nationalisme magyar. Le mouvement libéral, dirigé par des hommes tels que le comte István Széchenyi, József Eötvös, Ferenc Deák, Lajos Kossuth et Lajos Batthyány, s’accompagne d’une grande effervescence littéraire. L’égalité devant la loi et devant l’impôt, ainsi que la fin des privilèges sont parmi les principales revendications des libéraux. Ces derniers remportent une victoire décisive aux élections de la Diète en 1847 et, sous la pression populaire, l’Autriche autorise la constitution d’un gouvernement dirigé par le comte Batthyány au poste de Premier ministre.

En mars 1848, l’autonomie de la Hongrie est proclamée unilatéralement. Le nationalisme magyar, partiellement affirmé dans un décret faisant du hongrois la langue officielle de l’État, écrase rapidement la population non magyare. Cela suscite la rébellion des Roumains et des Croates, qui, encouragés par Vienne, lèvent des troupes et attaquent la Hongrie. Lajos Kossuth prend la tête d’un Comité de défense nationale et repousse les Croates. La contre-attaque autrichienne qui porte les troupes de l’empereur à Pest au début de 1849 est repoussée au printemps suivant. Le 14 avril 1849, le Parlement proclame la déchéance des Habsbourg et nomme Kossuth à la tête de l’État. Allié au tsar Nicolas Ier, l’empereur François-Joseph Ier passe de nouveau à l’attaque. Les Hongrois sont écrasés le 14 août. Le 6 octobre, Batthyány et 13 autres chefs révolutionnaires sont exécutés, et bientôt l’Autriche réaffirme sa prééminence, imposant la langue allemande et un pouvoir centralisé qui doit durer plus de dix ans.

Après la défaite autrichienne de 1859 dans la guerre de libération italienne, le régime impérial connaît une série de revers diplomatiques et militaires. François-Joseph doit adopter une attitude plus conciliante à l’égard de ses sujets hongrois. Le nationalisme hongrois, fermement défendu par Ferenc Deák, se raffermit. En 1865, le gouvernement impérial ratifie l’ébauche d’une nouvelle Constitution pour la nation magyare. Avant que le texte ne puisse être finalisé, la Prusse vainc l’Autriche dans la guerre de Sept Semaines, renforçant considérablement la position hongroise.

Selon les termes du compromis finalement adopté en mars 1867, l’Autriche et la Hongrie deviennent deux monarchies sous une seule couronne. La Constitution garantit à la Hongrie la souveraineté de ses affaires internes et la parité avec l’Autriche dans la gestion de la défense nationale et des affaires étrangères notamment. Le 8 juin 1867, l’empereur François-Joseph est couronné roi de Hongrie. La double monarchie de l’Empire austro-hongrois vit jusqu’à la défaite des Puissances centrales au cours de la Première Guerre mondiale.

5.7

D’une guerre à l’autre

5.7. 1

La Première Guerre mondiale et ses conséquences

Durant la Première Guerre mondiale, les hommes politiques hongrois soutiennent l’effort de guerre autrichien, principalement parce qu’ils craignent qu’une victoire russe n’entraîne la sécession des minorités slaves de Hongrie, puis le démantèlement du pays. Mais la durée du conflit, les pertes de guerre, les diverses privations subies entretiennent un grand mécontentement dans le pays. La mort de François-Joseph, le 21 novembre 1916, et la montée sur le trône de Charles Ier affaiblissent les liens entre l’Autriche et la Hongrie. L’empire est officiellement dissout le 11 novembre 1918, et, cinq jours plus tard, le Conseil national proclame la république avec Mihály Károlyi pour premier président.

Mais le désordre social et politique persiste et, en mars 1919, le gouvernement de Károlyi est renversé par les communistes dirigés par Béla Kun. Le nouveau gouvernement nationalise toutes les entreprises industrielles et commerciales. Entre-temps, les Tchèques ont envahi la Hongrie par le nord et les Roumains par le sud. Incapable de traiter avec eux et confronté à une contre-révolution paysanne croissante, Béla Kun démissionne le 1er août 1919 et s’enfuit en Autriche. Trois jours plus tard, Budapest est occupée par les Roumains.

Supervisé par les Alliés, un gouvernement provisoire représentatif de tous les partis politiques de Hongrie est constitué le 25 novembre 1919. Dominé par Miklós Horthy de Nagybánya, ancien amiral austro-hongrois qui a constitué une armée et un gouvernement contre-révolutionnaires pendant la brève période communiste, le gouvernement exerce immédiatement de sévères représailles contre les révolutionnaires et les libéraux. Sur la demande pressante des Alliés, une Assemblée nationale est élue dès 1920. Celle-ci annule officiellement toute subordination à l’Autriche, proclame la monarchie et nomme Horthy régent. Le 4 juin 1920, le gouvernement hongrois accepte le traité de Trianon qui retire la Transylvanie, la Croatie et la Slovaquie à la Hongrie. Mais la misère économique et le désir de revanche suscité par les termes humiliants du traité de Trianon réveillent le nationalisme hongrois.

5.7. 2

Le règne de Horthy et la Seconde Guerre mondiale

Après que Horthy a nommé le néofasciste Gyula von Gömbös au poste de Premier ministre en septembre 1932, le gouvernement entreprend de mener une politique étrangère agressive à l’encontre des démocraties voisines et noue d’étroites relations avec les régimes totalitaires de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nazie. Lors de la partition de la Tchécoslovaquie, Hitler accepte d’accorder à la Hongrie une partie de la Slovaquie et toute la Ruthénie. En janvier 1939, la Hongrie signe le pacte Antikomintern avec l’Allemagne, l’Italie et le Japon. Au début de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement hongrois déclare officiellement sa neutralité, mais son attitude démontre sa sympathie pour les objectifs de l’Axe. Finalement, le 27 juin 1941, la Hongrie déclare la guerre à l’Union soviétique, puis le 13 décembre, aux États-Unis.

L’armée hongroise subit de lourdes pertes sur le front russe, et, en août 1943, le gouvernement engage vainement des démarches pour conclure une paix séparée avec les Alliés. En mars 1944, les troupes allemandes occupent le pays et, après avoir contraint Horthy à démissionner, installent un gouvernement dirigé par Döme Sztojay, leader des Croix-Fléchées, le parti fasciste. Celui-ci se lance immédiatement dans une campagne de terreur contre tous les opposants et les juifs qui sont massivement déportés. Mais peu de temps après, en octobre 1944, l’Armée rouge pénètre en Hongrie.

5.8

La Hongrie communiste

5.8. 1

Vers la République populaire hongroise

Le 20 janvier 1945, les représentants d’un gouvernement provisoire soutenu par les Soviétiques signent l’armistice et lancent de grandes réformes, notamment en confisquant les propriétés féodales et ecclésiastiques. Au cours de la campagne précédant l’élection d’une Assemblée nationale, le parti communiste renaissant fait de grands efforts pour gagner la majorité. Mais c’est le Parti des petits propriétaires et des paysans, dirigé par Zoltán Tildy, qui remporte les élections du 4 novembre. La république est proclamée et Tildy élu président. Un gouvernement de coalition, avec Ferenc Nagy, membre influent du Parti des petits propriétaires, comme Premier ministre, et Mátyás Rákosi, secrétaire général du Parti communiste hongrois, comme vice-Premier ministre, est formé.

Pendant plusieurs mois après la proclamation de la République, la Hongrie est au bord de la faillite. Pénurie en tous genres, inflation, détérioration de l’infrastructure des transports, dérèglement de l’économique nuisent gravement au redressement national. En janvier 1947, une conspiration s’abat sur le Parti des petits propriétaires. Nagy doit démissionner en mai et est remplacé par Lajos Dinnyés, autre membre de ce parti. Les élections législatives du mois d’août sont remportées par la coalition dirigée par le Parti communiste, forte de 60 p. 100 des voix. La fusion du Parti communiste avec le Parti social-démocrate en 1948, constituant le Parti des travailleurs hongrois, renforce encore sa puissance. En mai 1949, de nouvelles élections législatives, proposant une liste unique de représentants communistes, sont organisées. L’opposition politique disparaît rapidement et, en août, la République populaire hongroise est proclamée.

La transformation du pays sur le modèle communiste est déjà bien entamée. Des traités de coopération avec l’URSS et d’autres pays communistes sont signés, de nombreuses industries nationalisées, les biens du clergé et des paysans qui n’acceptent pas la collectivisation se trouvent confisqués et des milliers d’opposants au régime communiste sont envoyés en camps de travail ; ainsi, le cardinal József Mindszenty est arrêté, jugé et condamné à la prison à vie au début de 1949.

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