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Hongrie

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Hongrie : drapeau et hymneHongrie : drapeau et hymne
Plan de l'article
5.8. 2

L’insurrection de 1956

À la mort de Staline, en 1953, le gouvernement hongrois libéralise certains aspects de sa politique. Mátyás Rákosi, nommé Premier ministre en 1952, reste à la tête du Parti communiste mais est remplacé par Imre Nagy au poste de Premier ministre. Un nouveau programme économique moins strict est lancé et le gouvernement accorde l’amnistie à certains prisonniers politiques. La Hongrie rejoint cependant l’URSS et d’autres pays communistes de l’Europe de l’Est pour former le pacte de Varsovie, assurant une défense mutuelle, et pour étendre les fonctions du Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM).

Les premiers signes indiquant la fin de la période de libéralisation apparaissent en avril 1955, lorsque Nagy est destitué de son poste de numéro un et chassé du parti sous prétexte de nationalisme antisoviétique et d’incapacité à se conformer au modèle politique de l’URSS. Mais à partir de 1956, en pleine période de déstalinisation, la politique s’assouplit à nouveau. La même année, le mécontentement populaire s’amplifiant, les opposants au gouvernement profitent des tensions entre la Pologne et l’URSS pour se rebeller. Les étudiants manifestent contre les cours de russe et de marxisme-léninisme obligatoires et, associés au syndicat des écrivains, ils affirment leur soutien au mouvement antisoviétique polonais. Les travailleurs se joignent à eux pour exiger le retour de Nagy au poste de Premier ministre. Le 23 octobre, le Premier ministre Hegedüs, incapable de gérer la crise, sollicite le renfort des troupes soviétiques.

Le Parti des travailleurs s’interpose et obtient le remplacement de Hegedüs par Nagy et de Gerö par János Kádár, précédemment emprisonné pour nationalisme. Nagy se range aux côtés des manifestants, annonçant la fin du système de parti unique et la tenue d’élections. Il promet des réformes économiques, libère le cardinal Mindszenty et exige le retrait des forces soviétiques. Dénonçant le pacte de Varsovie et trop confiant dans le soutien occidental, il proclame la neutralité de l’État hongrois. L’URSS promet des concessions, mais les manifestations reprennent. Au début de novembre, les troupes et les chars soviétiques écrasent les insurgés malgré les appels au secours qu’ils lancent aux Occidentaux. Des centaines de Hongrois sont exécutés, des milliers emprisonnés tandis que près de 200 000 s’enfuient en Autriche.

5.8. 3

La reprise en main communiste

Le Parti communiste, rebaptisé Parti des travailleurs socialistes hongrois et dirigé par János Kádár, mène une répression sévère jusqu’en 1958 : des centaines d’insurgés sont déportés en URSS ; Nagy et bon nombre de ses partisans sont exécutés ; le cardinal Mindszenty trouve refuge auprès de la délégation américaine à Budapest et y reste jusqu’à être autorisé à quitter le pays en 1971. Kádár demeure solidement aux commandes du pays pendant plus de trente ans. Le gouvernement reste sous la coupe soviétique et participe à l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968.

La même année, le Nouveau Mécanisme économique (NEM), programme prônant la décentralisation du pouvoir économique et l’attribution de plus d’initiatives aux responsables des usines, est instauré. La rentabilité plutôt que les quotas de production devient le critère d’efficacité d’une usine. Au bout de cinq ans, le NEM apparaît comme un succès bien que l’on ait enregistré une légère baisse du taux de croissance industrielle. Dès le début des années 1970, la Hongrie accroît ses contacts commerciaux et culturels avec les pays non communistes, mais le régime demeure attentif à ne pas heurter l’URSS, qu’il soutient contre les tentatives de libéralisation en Pologne, en 1981 et 1982. L’effondrement économique du milieu des années 1980 conduit à des mesures d’austérité et suscite une manifestation de masse pour la liberté d’expression et l’instauration de réformes publiques.

5.9

De la démocratisation à l’intégration atlantiste et européenne

En mai 1988, Kádár doit être remplacé au poste de secrétaire général du parti par le Premier ministre Károly Grósz qui lance un programme économique austère instaurant de nouveaux impôts, des suppressions de subventions, et autorisant la création d’un petit secteur privé. Autres signes de libéralisation, le gouvernement assouplit la censure, autorise la formation de partis politiques indépendants et reconnaît le droit de grève et de manifestation. En 1989, Imre Nagy reçoit des funérailles dignes d’un héros national. Les lois relatives à l’immigration sont assouplies, et la Constitution revue dans le sens du passage à une démocratie multipartite. Le pays abandonne son nom de République populaire hongroise pour redevenir la république de Hongrie.

En mars et avril 1990, une coalition des partis de centre droit conquiert la majorité parlementaire lors des premières élections législatives libres depuis quarante-cinq ans. Le référendum pour l’élection directe du président échoue faute de participants. Le Parlement nomme un écrivain, Árpád Göncz, à la tête de l’État. En 1990, la Hongrie devient la première nation d’Europe centrale à rejoindre le Conseil de l’Europe et, en 1991-1992, le gouvernement signe des accords de coopération avec la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Russie et l’Ukraine. Les relations avec la Roumanie et la Slovaquie restent difficiles à cause de la situation des minorités hongroises dans ces pays, notamment le 1,7 million de Hongrois vivant en Roumanie. Au milieu de 1992, la Hongrie est confrontée au problème des réfugiés (au moins 100 000) fuyant l’ex-Yougoslavie, et doit faire appel à l’aide occidentale.

En avril 1994, la Hongrie présente sa candidature à l’Union européenne. Elle est le premier pays d’Europe centrale à effectuer cette démarche. Aux élections parlementaires de mai, le Parti socialiste hongrois (l’ancien Parti socialiste ouvrier hongrois) retrouve une majorité avec 72 p. 100 des sièges ; son chef, Gyula Horn, devient Premier ministre. Une nouvelle série de mesures d’austérité est votée et le programme de privatisation relancé.

Le 19 juin 1995, Árpád Göncz, soutenu par la coalition au pouvoir, est réélu président de la République. La politique d’austérité et de stabilisation du nouveau gouvernement, dont les effets commencent à se faire sentir en 1997 avec une réduction de la dette publique et du chômage, favorise l’ouverture du pays vers l’Europe occidentale. Ses bons résultats et son ouverture, s’accompagnant d’une reprise économique, valent ainsi à la Hongrie de faire partie du premier groupe de pays d’Europe de l’Est à être invités à adhérer à l’Union européenne. De même, la Hongrie, avec la Pologne et la République tchèque, est retenue, lors du sommet de l’Alliance Atlantique de juillet 1997, pour être incluse dans la première vague d’élargissement de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), effective en mars 1999. Cette intégration est approuvée, lors d’un référendum en novembre 1997, par 85 p. 100 des électeurs hongrois (même si la participation n’est que de 49 p. 100). Les élections législatives de 1998 sont remportées (38,6 p. 100 des voix, 148 sièges) par la Fédération des jeunes démocrates-Parti civique hongrois (Fidesz-MPP), formation de droite, dirigée par Viktor Orban, qui devance de peu le Parti socialiste. Viktor Orban, désigné comme Premier ministre, signe un accord de coalition gouvernementale avec le Parti indépendant des petits propriétaires et des paysans (FKGP), de tendance nationaliste. En mars 1998, les pourparlers sur l'adhésion de la Hongrie à l'Union européenne (UE) commencent. Lors de la guerre du Kosovo, en 1999, la Hongrie sert de base de stationnement pour des avions de l’OTAN. En juin 2000, Ferenc Madl, un professeur de droit, est élu à la présidence de la République.

L’année 2002 connaît une nouvelle alternance avec la victoire des socialistes (MSZP, 178 sièges), alliés aux libéraux de l’Alliance des démocrates libres (SZDSZ, 20 sièges), aux élections législatives d’avril. L’opposition du Fidesz-MDF, emmenée par le Premier ministre sortant Viktor Orban, est puissante avec 188 sièges. Le socialiste Peter Medgyessy devient le nouveau Premier ministre. Il a pour tâche de mener à bien l’adhésion de la Hongrie à l’Union européenne (UE). En effet, lors du Conseil européen de Copenhague en décembre 2002, la Hongrie — que la Commission européenne considère comme le pays le plus avancé sur le plan des réformes — fait partie des dix pays désignés pour rejoindre l’UE en 2004. Lors du référendum organisé le 12 avril 2003, malgré une faible participation (45,6 p. 100), le résultat dépasse tout ce qu’avaient prévu les sondages : 83,76 p. 100 des Hongrois approuvent l’adhésion de leur pays à l’Union européenne. Quatre jours plus tard, la Hongrie signe solennellement à Athènes le traité d’adhésion des dix nouveaux membres de l’Union européenne, adhésion qui devient effective le 1er mai 2004. Pour célébrer cet événement, les habitants de Budapest déposent au centre de la capitale tous les objets dont ils souhaitent se débarrasser, qui évoquent généralement le passé communiste de leur pays.

Le 13 juin 2004, les Hongrois participent pour la première fois à l’élection du Parlement européen, où ils disposent de 24 sièges, mais le taux d’abstention est élevé (61,52 p. 100). Le parti de droite de Viktor Orban, le Fidesz, l’emporte largement avec 47,41 p. 100 des suffrages (12 sièges), devant les partis de la coalition au pouvoir, les sociaux-démocrates du MSZP (34,31 p. 100 des suffrages, 12 sièges) et les centristes du SZDSZ (7,72 p. 100, 2 sièges). La défaite du MSZP contribue à la mise à l’écart du Premier ministre Peter Medgyessy au mois d’août, qui est remplacé par Ferenc Gyurcsány. Âgé de 43 ans, ancien dirigeant des Jeunesses communistes devenu un entrepreneur millionnaire, il incarne une nouvelle génération de gauche qui entend concilier compétitivité et justice sociale. Prenant ses distances avec la politique américaine, contrairement à l’ensemble des dirigeants des pays d’Europe centrale et orientale, il annonce le retrait des troupes hongroises d’Irak d’ici mars 2005. Au mois de décembre 2004, la Hongrie ratifie le traité constitutionnel européen par voie parlementaire.

Au mois de juin 2005, László Sólyom, candidat du Forum démocratique hongrois (MDF, centriste), est élu par le Parlement au poste honorifique de président de la République. Fort d’un bilan marqué par une hausse des salaires et des pensions de retraite, des investissements et du PIB (4,3 p. 100 de croissance en 2005), la coalition au pouvoir sort victorieuse des élections législatives d’avril 2006, qui voient pour la première fois dans l’histoire de la Hongrie postcommuniste la reconduction du gouvernement en place. La coalition de Ferenc Gyurcsány obtient 210 sièges sur 386, devant la Fidesz (164 sièges). Le Premier ministre entend mettre en œuvre un programme d’austérité afin de ramener le déficit public de 8 p. 100 à 3 p. 100 d’ici à 2008, pour satisfaire aux exigences européennes. Mais la diffusion par la radio publique hongroise d’un discours du Premier ministre tenu à huis clos, où il déclare que le gouvernement a « menti » pendant la campagne électorale sur la situation économique du pays et sur ce projet de plan d’austérité à mettre en œuvre après les élections, provoque des émeutes au mois de septembre 2006, notamment à Budapest.

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