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PologneArticle
Plan de l'article
Présentation ; Milieu naturel ; Population et société ; Institutions et vie politique ; Économie ; Histoire
Lors de l’élection présidentielle de novembre 1995, Lech Wałęsa, qui s’est discrédité auprès des Polonais à cause de ses échecs personnels et de ses erreurs politiques, est battu par Aleksander Kwasniewśki, ancien communiste et dirigeant fondateur du SLD. Celui-ci s’engage à poursuivre le processus de réforme économique et à faire en sorte que la Pologne devienne membre à part entière de l’Union européenne et de l’OTAN. Pour tenter d’apaiser les désaccords politiques provoqués par les résultats de l’élection, Aleksander Kwasniewśki démissionne du SLD fin novembre. En janvier 1996, le Premier ministre Oleksy, confronté à une enquête officielle faisant suite aux allégations selon lesquelles il espionnerait depuis plus de dix ans pour le compte de la Russie, démissionne. Bien qu’Oleksy, ancien membre du Comité central du Parti communiste, reconnaisse une amitié pour un agent de renseignements russe stationné à Varsovie depuis les années 1980, il nie avoir été un espion et proclame son innocence. Wlodzimierz Cimoszewicz, qui est également membre du SLD, le remplace au poste de Premier ministre en février. En avril, le procureur militaire enquêtant sur les accusations portées contre Oleksy décide de clore le dossier faute de preuves suffisantes. En 1997, une commission parlementaire extraordinaire, dominée par d’anciens communistes, achève la rédaction d’une nouvelle Constitution. Approuvé par le Parlement en avril, le document est soumis à référendum en mai. La nouvelle Constitution est approuvée par 52,7 % des votants. Une coalition de droite associée à Solidarité et un certain nombre de catholiques s’opposent violemment à son adoption, prétendant que certains de ses articles sont beaucoup trop laïques. Synthèse de sept amendements proposés, la charte que constitue l’article 243 définit les pouvoirs du président de la République, garantit les libertés publiques de base, et établit le contrôle du pouvoir civil sur les forces armées ainsi que l’économie de marché et la propriété privée des entreprises. Nombre de ses dispositions sont conformes aux conditions d’adhésion exigées par l’Union européenne et l’OTAN. Une coalition de nombreux petits partis regroupés au sein de l’Alliance électorale Solidarité (AWS) remporte les élections législatives de 1997. Formant un gouvernement avec les libéraux de l’Union de la liberté, l’AWS entreprend de « renforcer les valeurs chrétiennes dans le pays ». Une loi restreignant le droit à l’avortement est ainsi adoptée tandis que le concordat, signé en 1993 mais gelé par les ex-communistes lors de leur passage au pouvoir, est ratifié en avril 1998. Sur le plan économique, le retour aux finances de Leszek Balcerowicz témoigne de la volonté du nouveau Premier ministre, Jerzy Buzek, de revenir à la politique de réformes d’inspiration libérale menée de 1990 à 1993. Par ailleurs, une réforme territoriale prévoyant le découpage de la Pologne en 16 régions est adoptée par le Parlement en juillet 1998. L’ancrage européen de la Pologne se renforce également considérablement tant sur le plan militaire qu’économique. En effet la Pologne fait partie de la première vague d’élargissement de l’OTAN, à laquelle elle est admise en mars 1999, et des candidats à l’Union européenne dont l’adhésion complète est prévue pour 2002. Le gouvernement mène une politique résolument pro-européenne, soutenue à une courte majorité par la population et le Parlement.
En octobre 2000, Aleksander Kwaśniewski est réélu à la présidence du pays au premier tour de scrutin, pour un second mandat de cinq ans, avec 53,9 % des voix. Sa victoire est d’autant plus éclatante que Lech Wałęsa n’obtient que 1 % des voix et arrive en septième position. Dans la foulée, la coalition de gauche SLD-UP remporte une victoire annoncée lors des élections législatives de septembre 2001. Mais à 15 sièges de la majorité absolue, le futur Premier ministre, président du SLD, Leszek Miller, doit toutefois former une alliance avec le Parti paysan (PSL) pour constituer un gouvernement. La coalition sortante subit une défaite radicale : l’Action électorale Solidarité (AWS) du Premier ministre Jerzy Buzek n’atteint pas le seuil d’éligibilité et n’a plus aucun représentant à la diète. En outre, plus d’un quart des sièges reviennent à des partis anti-européens. Ces résultats interviennent à un moment où la Pologne négocie son intégration dans l’Union européenne avec quelques difficultés (seulement 17 chapitres sur les 31 qui font l’objet de négociations sont alors réglés). En outre, la situation économique est critique avec un déficit budgétaire estimé à 23 milliards d’euros pour 2002 et un taux de chômage de 16 %. Toutefois, lors du Conseil européen de Copenhague de décembre 2002, la Pologne fait partie des dix pays désignés pour rejoindre l’UE en 2004. Malgré un climat politique dégradé — éclatement de la coalition gouvernementale en mars 2003 à la suite du limogeage des deux ministres du Parti paysan (PSL), affaires de corruption et impopularité croissante du Premier ministre —, le référendum sur l’adhésion de la Pologne à l’Union européenne se déroule dans de bonnes conditions les 9 et 10 juin 2003, et vient valider la signature officielle du traité d’adhésion des dix nouveaux États membres le 16 avril précédant à Athènes. Le taux de participation atteint 58,82 % et 77,41 % des Polonais se prononcent en faveur du « oui », le « non » étant surtout défendu par les mouvements catholiques ultranationalistes. L’adhésion de la Pologne à l’Union européenne est célébrée le 1er mai 2004. Mais le lendemain, le Premier ministre Leszek Miller, qui pâtit d’une grande impopularité, de dissensions au sein de son parti et qui est confronté à plusieurs scandales, démissionne comme il l’avait annoncé. Il est remplacé par Marek Belka, de retour d’Irak où il était en charge des affaires économiques au sein de l’administration provisoire, et qui a occupé par le passé les fonctions de vice-Premier ministre et de ministre des Finances. L’élection du Parlement européen, au sein duquel la Pologne dispose de 54 sièges, est marquée en juin 2004 par un taux d’abstention record au sein de l’Union européenne, à près de 80 %. La Plateforme civique (PO), formation de centre-droit dans l’opposition, arrive en tête (15 sièges), loin devant les sociaux-démocrates du SLD (6 sièges). Mais c’est le score de la Ligue des familles polonaises (LPR), une formation de droite ultracatholique opposée à la construction européenne, qui retient l’attention en arrivant en deuxième position (10 sièges). Au final, plus de la moitié des nouveaux députés européens polonais peuvent être qualifiés d’eurosceptiques, à l’exception notable de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Bronisław Geremek, élu sur la liste de l’Union des libertés (UW, 3 sièges).
L’automne 2005 est marqué par une double échéance électorale. Au mois de septembre, les élections législatives voient la victoire du parti conservateur et catholique Droit et justice (PiS), issu des courants conservateurs du syndicat Solidarité. Kazimierz Marcinkiewicz, inconnu du grand public, devient Premier ministre. Au mois d’octobre, le candidat du PiS, Lech Kaczynski, remporte de manière inattendue l’élection présidentielle. Dans un contexte marqué par les désillusions de la transition postcommuniste, le discours du nouveau président — ancien ministre de la Justice, maire de Varsovie, et frère jumeau du leader du PiS — vantant un État fort et social a séduit l’électorat, notamment celui des laissés-pour-compte. Mais l’opposition de droite sortie largement victorieuse du scrutin législatif se révèle divisée, et les libéraux refusent de soutenir le gouvernement minoritaire formé par les catholiques conservateurs : ceux-ci sont par conséquent conduits à former un gouvernement avec les partis extrémistes, Samoobrona et LPR, ce qui provoque de vives réserves au sein de l’Union européenne et des tensions au sein même de l’exécutif. Ainsi, aux démissions des ministres des Finances et des Affaires étrangères succède celle du Premier ministre, Kazimierz Marcinkiewicz, au mois de juillet 2006. Le président Lech Kaczynski appelle alors son frère jumeau Jarosław, leader du PiS, à la tête du gouvernement, ce qui crée une situation politique pour le moins inédite. Le nouveau gouvernement met en place un Bureau central anticorruption (CBA) et adopte une loi de décommunisation (mars 2007) afin de contraindre intellectuels et fonctionnaires à dévoiler leur éventuelle collaboration avec la police politique communiste — elle est toutefois partiellement invalidée par le Tribunal constitutionnel de Varsovie au mois de mai suivant. Adoptant une ligne isolationniste en politique étrangère, la Pologne fait entendre une voix discordante au sein de l’Union européenne. La chute de la coalition en août 2007 conduit à des élections anticipées au mois d’octobre suivant, qui voient la victoire de la Plateforme civique (PO), représentante de la droite libérale. Son leader, Donald Tusk, qui avait échoué au précédent scrutin présidentiel, devient Premier ministre et forme un gouvernement de coalition avec la Parti populaire polonais.
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