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PologneArticle
Plan de l'article
Présentation ; Milieu naturel ; Population et société ; Institutions et vie politique ; Économie ; Histoire
La deuxième dynastie de rois polonais, la dynastie Jagellon, est ainsi d’origine lituanienne. En août 1385, afin de renforcer les deux États (notamment contre la menace des chevaliers Teutoniques), la Pologne et la Lituanie s’engagent dans l’union de Krewo, qui offre la royauté au grand-duc Jogaila en contrepartie de sa conversion au catholicisme et de son mariage avec Hedwige de Pologne. L’alliance est scellée en 1386 ; Jogaila accède au trône de Pologne sous le nom de Ladislas II Jagellon (1386-1434) et christianise les Lituaniens, jusqu’alors essentiellement païens. En juillet 1410, à la bataille de Grunwald-Tannenberg, il remporte à la tête des armées polonaise et lituanienne une victoire décisive sur les chevaliers Teutoniques, élevant ainsi la Pologne au rang des plus puissantes nations européennes. L’alliance entre la Pologne et la Lituanie perdure après la mort de Ladislas.
Sous le règne des Jagellon, la Pologne atteint des sommets de puissance, de prospérité et de rayonnement culturel. Casimir IV (1447-1492) mène une guerre prolongée et victorieuse (1454-1466), la guerre de Treize Ans, contre les chevaliers Teutoniques. En 1466, la paix de Toruń, qui met un terme au conflit, assure à la couronne la possession de la Prusse-Occidentale, de la Poméranie ainsi que d’autres territoires. Au cours du règne de Casimir IV, les magnats (membres de la haute noblesse terrienne) et la szlachta (petite noblesse terrienne) acquièrent des privilèges étendus, essentiellement au détriment des paysans. La Diète — appelée Sejm (une assemblée bicamérale, issue principalement de la grande et petite noblesse) — commence à prendre de l’importance. Les derniers Jagellon, en particulier Sigismond Ier (1506-1548), sont en général victorieux des luttes militaires et diplomatiques, malgré quelques échecs à l’est. Par l’union de Lublin de juillet 1569, le dernier Jagellon, Sigismond II Auguste (1548-1572), réunit officiellement le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie en un unique État, la République des Deux Nations, dirigée par une royauté élective.
Lorsque Sigismond II Auguste meurt en 1572, la République des Deux Nations (l’union de Pologne-Lituanie) applique les termes de l’union de Lublin, en laissant à la Diète le choix du nouveau souverain. Le Français Henri de Valois, élu en 1573, est le premier roi à succéder à la dynastie Jagellon. Mais après quatorze mois de règne, il reçoit la couronne de France et quitte la Pologne. Bien que le règne du Valois continue officiellement, Étienne Ier Báthory (1575-1586) est à son tour élu pour lui succéder au trône polonais. Vainqueur d’une guerre contre le Russe Ivan le Terrible, il meurt sans héritier.
En 1587, Sigismond III, de la dynastie suédoise des Vasa, est élu par la Diète qui lui impose des pacta conventa visant à restreindre les pouvoirs monarchiques. Cependant, les vues personnelles du souverain sur le trône suédois et le contrôle de la Baltique entraînent des guerres continuelles et en général désastreuses contre la Suède, la Russie, les Cosaques d’Ukraine, le Brandebourg et les Turcs ottomans, qui aboutissent à la perte de territoires importants (Livonie maritime) et à la ruine d’une grande partie de la Pologne. La Pologne connaît un certain répit sous le règne neutraliste de Ladislas IV Vasa (1632-1648), mais les hostilités reprennent dès le début du règne de son successeur Jean II Casimir Vasa (1648-1668) avec la révolte des Cosaques d’Ukraine (1648-1651), qui provoque l’intervention des Russes en Pologne en 1654. Ceux-ci envahissent la Biélorussie et la Lituanie, réduisant à néant la grande politique orientale de Sigismond III. En 1660, la Suède vainc la Pologne lors de la première guerre du Nord (1655-1660). Ces nouvelles guerres ravagent le pays et aboutissent à la perte de nombreux territoires : duché de Prusse (1657), Livonie intérieure (cédée à la Suède par le traité d’Oliva, 1660), Ukraine orientale (abandonnée à la Russie en vertu du traité d’Androussovo, 1667). La Pologne sort ruinée de cette crise : récoltes détruites, commerce arrêté, pays dépeuplé. Le règne de Jean II Casimir est en outre marqué par une nouvelle dégradation de l’autorité monarchique, notamment après l’instauration, en 1652, du liberum veto, qui accorde un droit de veto à tous les membres de la Diète. Cette pratique renforce un système de gouvernement anarchique qui fait passer les intérêts particuliers de la noblesse avant ceux de l’État. Ayant vainement tenté d’abolir le liberum veto, Jean II Casimir finit par abdiquer en 1668. Un noble polonais, Michel Wiœniowiecki (1669-1673), lui succède, puis Jean III Sobieski (1674-1696). En 1683, les armées polonaises et allemandes placées sous l’autorité de Jean III Sobieski défont une grande armée ottomane aux portes de Vienne, mettant un terme à une sérieuse menace contre la chrétienté en Europe centrale, mais cette victoire ne suffit pas à enrayer le déclin de la Pologne. Électeur de Saxe, Auguste II est élu roi de Pologne en 1697 et, s’étant allié à la Russie contre la Suède du jeune Charles XII, se voit défait et destitué par ce dernier en 1704, au profit de Stanislas Ier Leszczyński (1704-1709). Auguste II recouvre son trône en 1709. À sa mort en 1733 s’ouvre une crise successorale : grâce à une corruption sans vergogne d’une partie de la Diète et à l’intervention armée de la Russie, deux rois sont élus simultanément ; le fils d’Auguste II, Auguste III (1733-1763), monte sur le trône de Pologne, en même temps que Stanislas Ier Leszczyński, élu par la Diète. Ces événements sont à l’origine de la guerre de Succession de Pologne (1733-1735), qui s’achève par la reconnaissance de la souveraineté d’Auguste III (1733-1763).
En 1764, les troupes russes entrent en Pologne et imposent le couronnement de Stanislas II Auguste (1764-1795), un favori de Catherine II la Grande, impératrice de Russie. L’expansionnisme russe provoque une profonde inquiétude au sein des puissances européennes. Les Ottomans déclarent alors la guerre à la Russie. La Prusse et l’Autriche, effrayées par la perspective d’un conflit général en Europe et désireuses de s’emparer d’une partie du territoire polonais, proposent au gouvernement russe un plan de partage de la Pologne.
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