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Société des Nations [SDN]Article
Plan de l'article
Présentation ; Le pacte de la Société des Nations ; La structure de la SDN ; Les difficultés d’une organisation à vocation internationale
Société des Nations [SDN], organisation internationale créée en 1920, pour favoriser l’alliance entre les peuples et le maintien de la paix. Située à Genève, elle compte lors de sa création 32 membres, et a réuni jusqu’à 60 pays, parmi lesquels l’Allemagne, membre à partir de 1926, et l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS), à partir de 1934. Elle a été dissoute en 1946, et remplacée par l’Organisation des Nations unies (ONU). Elle s’était en effet montrée inapte à gérer efficacement la montée des conflits dans les années trente, inapte également à prévenir la Seconde Guerre mondiale. À son manque de moyens, notamment de troupes armées, s’ajoutait son faible poids diplomatique, les États-Unis n’y ayant jamais adhéré, l’Allemagne, l’Italie, l’URSS, le Japon s’en étant retirés ou en ayant été exclus. Il reste que cette organisation a néanmoins ouvert la voie à l’ONU, en se structurant autour des grands thèmes que sont la paix internationale, la sécurité et le développement.
L’idée d’une organisation internationale, bien qu’elle existe dès le XVIIIe siècle, notamment chez Kant, ne prend véritablement corps qu’en 1918, constituant l’un des quatorze points définis par le président des États-Unis Woodrow Wilson. Ceux-ci organisent, au terme de la Première Guerre mondiale, la paix entre les Alliés. Proposant une coalition générale des nations, ce plan est à l’origine du pacte de la Société des Nations, composé de 26 articles définissant les règles de fonctionnement de la SDN. Il est incorporé en 1919 au traité de Versailles, qui met fin à la Première Guerre mondiale, et dont l’entrée en vigueur marque la naissance officielle de la SDN. Paradoxalement, bien que la SDN ait été créée à l’instigation du président des États-Unis, qui faisait partie du comité de rédaction du pacte, celui-ci n’a jamais été ratifié par le Sénat américain en raison de l’article X, selon lequel chacun des membres s’engageait à préserver l’indépendance territoriale des autres et à intervenir en cas d’agression. Si, durant les deux décennies qui ont suivi, les diplomates américains ont encouragé les activités de la SDN de façon officieuse, les États-Unis n’y ont jamais adhéré et l’efficacité de cette organisation s’en est trouvée considérablement amoindrie.
L’administration de la Société des Nations est constituée par une assemblée, un conseil et un secrétariat. Avant que n’éclate la Seconde Guerre mondiale, l’assemblée se réunit annuellement à Genève. Elle est constituée de trois représentants par État membre, lesquels possèdent chacun une voix. Le conseil se compose de cinq membres permanents (la France, le Royaume-Uni, l’Italie, le Japon, la Chine) et de membres non permanents, élus par l’assemblée pour trois ans. Le conseil se réunit au moins trois fois par an, afin de débattre de la réduction des armements et des problèmes politiques. Les décisions doivent être prises à l’unanimité. Le secrétariat, dirigé par un secrétaire général, traite les tâches administratives. Plusieurs institutions, telles que la Cour permanente de justice internationale (également appelée Cour mondiale) ou le Bureau international du travail, travaillent en collaboration avec la Société des Nations.
Un concept nouveau émerge avec la création de la SDN, celui de sécurité collective contre la menace « criminelle » de la guerre. Néanmoins la SDN, disposant de moyens limités, ne peut guère le mettre en pratique. En revanche, on doit lui reconnaître certains succès sur le plan social : la diminution du trafic international de stupéfiants et de la prostitution, l’aide aux réfugiés de la Première Guerre mondiale, ou bien encore l’étude et l’amélioration de la santé publique et des conditions de travail dans le monde. La SDN, dont la mission tient essentiellement dans le maintien de la paix internationale, marque également dans ce domaine quelques succès de moindre importance : la résolution du conflit opposant en 1921 la Finlande et la Suède à propos des îles d’Åland (Ahvenanmaa) ; ou bien en 1925, le règlement du différend concernant la frontière commune de la Grèce et de la Bulgarie. Les grandes puissances préfèrent toutefois gérer leurs propres affaires de façon autonome. Ainsi, en 1923, malgré la SDN, la France et la Belgique occupent la Ruhr (voir Ruhr, occupation de la), et l’Italie, Corfou. L’Allemagne, qui a intégré la SDN en 1926, s’en retire en 1933, à la suite de l’avènement du gouvernement national-socialiste. Le Japon fait de même en 1933, après que la SDN a condamné ses attaques contre la Chine. Par ailleurs, la Société des Nations ne parvient pas à mettre un terme à la guerre opposant, de 1932 à 1935, la Bolivie et le Paraguay à propos du Gran Chaco (Guerre du Chaco). De même, elle ne peut arrêter la conquête de l’Éthiopie par l’Italie, qui débute en 1935. La SDN se montre donc impuissante face aux événements qui conduisent l’Europe à la Seconde Guerre mondiale. L’URSS est renvoyée pour avoir attaqué la Finlande en 1939. En 1940, le secrétariat genevois ne compte plus que quelques membres ; plusieurs petites unités de service sont transférées aux États-Unis et au Canada. En avril 1946, la Société des Nations vote sa propre dissolution. La majeure partie de ses possessions et de son organisation est transférée à l’ONU. Si elle n’a pas été véritablement efficace en tant qu’organisation pour le maintien de la paix, la SDN n’en demeure pas moins l’ancêtre de l’ONU. Ainsi, cette nouvelle alliance internationale, constituée après la Seconde Guerre mondiale, n’a pas seulement bénéficié des enseignements et des erreurs de la SDN, elle lui a également emprunté une grande partie de son appareil administratif.
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