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Michel-AngeArticle
Plan de l'article
Présentation ; Formation du Florentin ; Chefs-d’œuvre de jeunesse ; Premières commandes du Vatican ; Michel-Ange à la cour des Médicis ; Nouvelles commandes du Vatican ; Portée de l’œuvre de Michel-Ange
Au printemps 1501, l’artiste rentre à Florence. Son style de jeunesse trouve alors son apogée dans le David géant de marbre (4,34 m de haut, galleria dell’Accademia, Florence), qu’il réalise entre 1501 et 1504, pour la Seigneurie florentine. Le personnage de l’Ancien Testament est représenté en jeune homme nu, musclé et portant son regard au loin comme s’il évaluait son ennemi Goliath. Plutôt que de mettre l’accent sur l’action en elle-même, l’artiste préfère figurer le moment de réflexion intérieure qui précède le geste de violence. Le David, entendu comme le symbole de l’invincibilité de la République florentine, est tout d’abord installé sur la place de la Seigneurie, devant le Palazzo Vecchio (l’hôtel de ville de Florence). Avec cette statue, Michel-Ange prouve à ses contemporains — en ajoutant à la beauté formelle une grande expressivité et une puissante signification — qu’il surpasse tous les artistes modernes mais aussi les Gréco-Romains de l’Antiquité.
Tout en travaillant à son David, Michel-Ange a l’occasion de démontrer ses capacités de peintre dans l’exécution d’une commande en 1504, la Bataille de Cascina, pour la salle du Conseil des Cinq-Cents du Palazzo Vecchio ; cette œuvre doit faire face à la Bataille d’Anghiari confiée à son grand rival Léonard de Vinci. Finalement, aucun des deux artistes ne mène à bien ce projet. Le premier tableau finalement réalisé par Michel-Ange est le Tondo Doni ou la Sainte Famille (v. 1507, galerie des Offices, Florence) qu’il réalise à la même époque que deux sculptures, le Tondi Pitti (v. 1504-1505, musée national du Bargello, Florence) et le Tondo Taddei (v. 1505-1506, Royal Academy, Londres). Dans cette première œuvre picturale, il tente de dépasser les limites de la peinture et de lui donner la maîtrise de la matière que possèdent ses sculptures.
En 1505, Michel-Ange est rappelé à Rome par le pape Jules II pour la réalisation de deux commandes. La plus importante est celle des fresques de la voûte de la chapelle Sixtine, qui l’occupe de mai 1508 jusqu’en octobre 1512. Travaillant couché sur le dos, sur un échafaudage monté au-dessus de la chapelle, Michel-Ange peint certaines des plus belles représentations de tous les temps. Sur la voûte de la chapelle papale, il conçoit un système de décoration complexe, comprenant neuf scènes tirées du livre de la Genèse, commençant par Dieu séparant la lumière des ténèbres et comprenant la Création d’Adam, la Création d’Ève, la Tentation, la Chute d’Adam et Ève, et le Déluge universel. Ces scènes historiées, qui occupent la position centrale, sont entourées en alternance de représentations de prophètes et de sibylles, sur des trônes de marbre, et d’autres personnages de l’Ancien Testament ou d’ancêtres du Christ. Pour la préparation de cette œuvre gigantesque, Michel-Ange dessine de nombreuses études et cartons, concevant ainsi des dizaines de personnages et de poses. Ces représentations impressionnantes et puissantes, qui démontrent une parfaite maîtrise de l’anatomie humaine et du mouvement, ont radicalement transformé le cours de l’évolution de la peinture en Occident.
Avant de s’attaquer à la voûte de la chapelle Sixtine, en 1505, Michel-Ange a reçu une commande de la part de Jules II pour la réalisation de son tombeau qui doit figurer dans la nouvelle basilique Saint-Pierre, alors en construction. Ce projet — qui occupe l’artiste pendant quelque quarante années —, il l’envisage comme le monument du classicisme chrétien, dans lequel doivent fusionner architecture et sculpture. Il constitue un véritable défi, puisqu’il est prévu à l’origine qu’il comporte plus de quarante statues. Michel-Ange passe des mois dans les carrières à sélectionner le marbre de Carrare dont il a besoin. Mais pour diverses raisons, le pape intime l’ordre à l’artiste d’abandonner ce titanesque travail au profit de la voûte de la chapelle Sixtine. À plusieurs reprises, Michel-Ange revient à son ouvrage jusqu’au jour où il finit par se résigner à la solution minimale que l’on connaît aujourd’hui. Toutefois, il a eu le temps de réaliser pour ce tombeau certaines de ses plus belles sculptures, dont le Moïse (1513-1516, église Saint-Pierre-aux-Liens, Rome), la figure centrale de ce monument fortement réduit, aujourd’hui à nouveau visible après avoir subi une importante restauration au début du XXIe siècle. Les deux statues non retenues pour le projet final et appartenant à la série des Esclaves (v. 1513-1515, musée du Louvre, Paris) sont révélatrices de la méthode employée par Michel-Ange. Il conçoit son personnage comme s’il était emprisonné dans le bloc. Son travail consiste ainsi à extraire la pièce en excès pour libérer la forme de la statue. Nombre des statues de Michel-Ange sont toutefois restées inachevées (ainsi les quatre autres Esclaves de la galleria dell’Accademia de Florence).
Bien que le projet de sépulture du pape Jules II ait nécessité une approche architecturale, les activités d’architecte proprement dit de Michel-Ange ne commencent véritablement qu’en 1519, avec le dessin de la façade (jamais exécutée) de l’église San Lorenzo de Florence, où il a de nouveau élu domicile après le retour des Médicis au pouvoir.
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