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  • Le Théâtre* / Scène Nationale de Narbonne

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programme, musique à

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Berlioz, Symphonie fantastique Berlioz, Symphonie fantastique
Plan de l'article
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Présentation

programme, musique à, musique qui décrit un sujet non musical, comme une histoire, un objet ou une scène, en recherchant certains effets musicaux. On peut citer par exemple la pièce pour clavier la Poule (1706) du compositeur français Jean-Philippe Rameau, les scènes d'enfants pour piano de R. Schumann, ou encore le violoniste virtuose italien Niccolò Paganini, qui reproduisit sur son instrument des sons ressemblant aux bruits d'une basse-cour ou au tintement d'une cloche.

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Avant le romantisme

Les compositeurs pour instruments à clavier et à cordes ont souvent créé des pièces descriptives comme Mr. Byrd's Battell, pièce pour clavier décrivant une bataille, écrite au XVIe siècle par le compositeur anglais William Byrd. Cet exemple fut suivi pendant tout le XVIIe et le XVIIIe siècle. Citons par exemple les Sonates bibliques, recueil de six sonates pour clavecin du compositeur et organiste allemand Johann Kuhnau, la Bataille de Franz Biber, la tempête de l'Alcyone de Marin Marais, et bien sûr les Quatre Saisons, ensemble de quatre concertos grossos du compositeur italien Antonio Vivaldi.

Pendant la période classique (v. 1750-1820), l'esthétique musicale n'encouragea pas la musique descriptive et préconisa au contraire la coordination d'éléments musicaux en fonction de lois musicales pures. Si les œuvres instrumentales de l'époque contenaient des descriptions, ces éléments non musicaux furent généralement intégrés dans une structure strictement musicale. Un exemple de cette approche est fourni par la symphonie Pastorale (1808) de Beethoven.

La musique à programme n'apparut véritablement qu'au XIXe siècle, lorsque les compositeurs laissèrent le sujet traité déterminer la forme globale d'une composition, ainsi que ses relations internes.

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XIXe siècle

Au début du XIXe siècle, la musique fut considérablement influencée par le mouvement littéraire du romantisme. Le compositeur français Hector Berlioz et le compositeur hongrois Franz Liszt furent les chefs de file du développement de la musique à programme telle qu'elle s'imposa ultérieurement. Ils créèrent des œuvres inspirées de la littérature, de la peinture ou d'autres sujets, comme la Symphonie fantastique de Berlioz (1830), dans laquelle le matériau mélodique récurrent représente la femme qui hante les rêves d'un musicien. Berlioz composa certaines de ses plus belles œuvres à partir de sujets littéraires empruntés à William Shakespeare et à Virgile. Le culte du héros romantique, à la mode à cette époque, inspira des œuvres symphoniques denses et chargées de sentiments, comme la symphonie Harold en Italie de Berlioz (1834), d'après un poème épique de l'écrivain anglais lord Byron. Franz Liszt tira ses symphonies Faust (1857) et Dante (1857) de grandes œuvres littéraires. Dans ces symphonies, ainsi que dans des œuvres comme les Préludes (1854), pour lequel il créa le terme de poème symphonique, Liszt employa le leitmotiv, c'est-à-dire qu'il utilisa des phrases mélodiques spécifiques pour identifier les personnages, les actions ou les symboles, innovation qui fut développée ensuite dans ses opéras par son gendre, le compositeur allemand Richard Wagner dans ses drames musicaux.

Au XIXe siècle, la montée des courants nationalistes se refléta dans des œuvres comme Má vlast (Mon pays, 1874-1879), cycle de poèmes symphoniques décrivant des aspects du pays natal du compositeur tchèque Bedřich Smetana, et Finlandia (1900), poème symphonique passionné chantant les louanges de la Finlande, du compositeur Jean Sibelius.

La musique à programme atteignit probablement sa forme la plus complexe dans les poèmes symphoniques du compositeur allemand Richard Strauss, qui employa toutes les ressources de l'orchestre moderne pour dépeindre les héros romantiques et les événements, comme dans son Don Quichotte (1898), d'après le roman de Miguel de Cervantes Saavedra. Dans cette œuvre, le héros est représenté par un violoncelle solo et son fidèle serviteur, Sancho Pança, par un alto solo, tandis que l'orchestre commente et illustre leurs aventures.

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Autres formes

D'autres genres de musique à programme sont illustrés par la Danse macabre (1874), qui est une étude du grotesque vu par le compositeur français Camille Saint-Saëns ; les variations Enigma (1899), qui brossent les portraits d'un groupe d'amis, du compositeur britannique Edward Elgar, Prélude à l'après-midi d'un faune (1894), inspiré du poème du même nom de Stéphane Mallarmé et composé par Claude Debussy, ou Music for a Great City (1964), œuvre orchestrale décrivant la vie à New York, du compositeur américain Aaron Copland.

La musique à programme fut également utilisée à des fins de propagande politique, comme dans la Symphonie n° 3, le Premier Mai (1931), du compositeur soviétique Dmitri Chostakovitch.

Les compositeurs plus récents, en particulier ceux utilisant le système dodécaphonique, ont eu tendance à amplifier la nature abstraite de la musique et, quand ils utilisaient des titres, à les choisir pour leurs connotations générales ; ainsi par exemple Differences (1959), du compositeur italien Luciano Berio, ou Moments (1964), du compositeur allemand Karlheinz Stockhausen.

On peut dire que la musique produite par le synthétiseur ou les enregistrements électroniques, notamment la musique concrète, a inversé le processus traditionnel de description musicale, puisqu'elle part de sons non musicaux reconnaissables qu'elle mélange, mixe et déforme, transformant ainsi en abstrait ce qui était concret. Voir aussi Musique, histoire de la ; Forme (musique).

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