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Plan de l'article
Sturm und Drang (allemand, « tempête et assaut »), mouvement littéraire allemand exaltant le sentiment, l’individualité et la nature, en réaction contre l’importance excessive accordée par les Lumières à l’esprit et à la raison. Le Sturm und Drang s’inscrit dans les années 1765-1785, entre la période préclassique et les périodes classique et romantique.
Le Sturm und Drang doit son nom à un drame de Friedrich Maximilian von Klinger (Sturm und Drang, 1776). Parmi ses précurseurs se distinguent notamment le philosophe Johann Georg Hamann, « le mage du Nord », et Heinrich Wilhelm von Gersternberg, spécialiste de Shakespeare. C’est à partir de la rencontre de Johann Gottfried Herder, élève de Hamann, et du jeune Goethe, en 1770 à Strasbourg, que l’on peut parler du Sturm und Drang comme d’un groupe littéraire. Goethe fait également la connaissance de Jakob Michael Reinhold Lenz, Heinrich Leopold Wagner et Heinrich Jung-Stilling qui participent à l’émergence du mouvement. Ce groupe réunit en outre de jeunes écrivains, à Darmstadt et Francfort, comme Friedrich Maximilian Klinger, Friedrich Müller (dit Maler-Müller), Friedrich Heinrich Jacobi et Karl Philipp Moritz. Les Frankfurter Gelehrten Anzeingen (Annonces savantes de Francfort), publiées par Johann Heinrich Merck, constituent un temps l’organe de la jeune école. Des liens se tissent également avec les Suisses Lavater et Ulrich Bräker. Dix ans après le début du mouvement, alors que le groupe initial s’est dispersé depuis longtemps, Friedrich von Schiller, influencé par son compatriote Christian Friedrich Daniel Schubart, découvre le Sturm und Drang et en fait revivre l’esprit et la dynamique impétueuse.
Stimulés par les idées de Jean-Jacques Rousseau, les écrivains du Sturm und Drang, sous l’influence directe de Herder, privilégient l’émotion subjective et la spontanéité dans l’acte créatif. Au nom de la nature, ils abandonnent le rationalisme et le souci de la forme empruntés au classicisme français, notamment à son théâtre. Ils rejettent également l’imitation des classiques grecs et latins, et les thèmes empruntés à la mythologie, en faveur d’une inspiration populaire, plus susceptible selon eux de nourrir une poésie originale.
Dans ses Fragments sur la littérature allemande moderne (1767), Herder défend la cause du sensualisme esthétique et soutient que la poésie doit nécessairement rendre compte de l’époque, du milieu et de la société dans lesquels vit l’artiste. Le Sturm und Drang exalte les personnages de titans, les grands créateurs, les grands révoltés, les grands criminels. Le désir d’émancipation se manifeste dans des pièces de théâtre et des poèmes construits autour de ces personnages individualistes, possédés par des émotions incontrôlables et engagés dans des conflits qui les dépassent.
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