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Résultats avec Windows Live® Search Kant, EmmanuelArticle
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Kant, Emmanuel (1724-1804), philosophe allemand, fondateur de la philosophie critique, qui a été à l’origine d’une véritable « révolution copernicienne » en philosophie.
Né à Königsberg (Prusse orientale), d’origine modeste, Kant fréquente le Collegium Fredericianum, dirigé par un pasteur piétiste. À l’université, il suit l’enseignement de Martin Knutzen, newtonien et wolffien, et étudie la physique, les sciences naturelles, les mathématiques et la philosophie. En 1746, contraint d’interrompre sa carrière universitaire à la mort de son père, il devient précepteur dans diverses familles de la région de Königsberg. Son premier ouvrage, Pensées sur la véritable évaluation des forces vives (1746), tente de concilier Descartes et Leibniz sur la mesure de la force des corps en mouvement. Il doit cependant attendre l’année 1755 pour devenir « Privatdozent » grâce à une Dissertation sur les premiers principes de la connaissance métaphysique à la faculté de philosophie de l’université de Königsberg. Pendant quinze ans, Kant enseignera les sciences, les mathématiques, la logique, aussi bien que la métaphysique, la théologie, le droit, l’anthropologie, la pédagogie, et même la géographie physique. Nommé sous-bibliothécaire en 1766 à la bibliothèque du château royal de Königsberg, Kant ne devient professeur titulaire qu’en 1770, avec une dissertation sur la Forme et les principes du monde sensible et du monde intelligible (Dissertation de 1770). Durant les vingt-sept années suivantes, il continue à enseigner, attirant un grand nombre d’étudiants. Premier grand philosophe à donner un enseignement universitaire régulier, Kant a consacré sa vie entière à l’étude et à l’enseignement. En 1781 paraît la première édition de la Critique de la raison pure (Kritik der reinen Vernunft), fruit de onze années de travail, mais le livre ne rencontre pas le succès escompté ; puis, en 1788, la Critique de la raison pratique (Kritik der praktischen Vernunft) et, en 1790, la Critique de la faculté de juger (Kritik der Urteilskraft). En 1792, à la suite de la publication de la Religion dans les limites de la simple raison, il subit la censure de Frédéric-Guillaume II, roi de Prusse, qui lui interdit de traiter de questions religieuses. Tel est l’un des rares événements qui viendront bouleverser sa vie personnelle austère, célibataire et sédentaire. Sa promenade quotidienne n’a été troublée, dit-on, que le jour où il a découvert l’Émile de Rousseau, et un autre où il a jugé nécessaire d’aller au-devant du courrier portant des nouvelles de la Révolution française. « Je suis par goût un chercheur », écrit-il, « je ressens toute la soif de connaître et l’avide inquiétude de progresser [...]. Il fut un temps où je croyais qu’il n’y avait que cela qui puisse faire l’honneur de l’humanité et je méprisais la plèbe qui ignore tout. Rousseau m’a remis en place ! Ce privilège illusoire s’évanouit, j’apprends à honorer les hommes et je me trouverais plus inutile que le commun des travailleurs si je n’étais convaincu que la spéculation à laquelle je me livre peut conférer à tout le reste une valeur : faire ressortir les droits de l’humanité. » Kant s’éteint en prononçant ces mots restés célèbres : « C’est bien » (« Es ist gut »).
La philosophie kantienne est une philosophie de la liberté, qui arrache l’Homme au déterminisme de la nature et de son passé pour le faire accéder à l’autonomie intellectuelle et morale. Elle récuse la théologie traditionnelle et le principe divin comme raison suffisante, cause explicative de l’Univers. Véritable critique du pouvoir de la raison et de sa capacité à produire des illusions, elle récuse les prétentions de la métaphysique à connaître ce qui n’est pas objet des sens mais besoin de la pensée, désir, aspirations légitimes de l’Homme. Prenant sa source et trouvant son terme dans l’expérience humaine, dans le prolongement de Rousseau, la pensée kantienne s’oriente vers la philosophie pratique et porte sur le rapport de l’expérience humaine (dans son unité et sa diversité) aux idées et aux concepts, repoussant ceux-ci lorsqu’ils tendent à enfermer, altérer ou réduire celle-ci. La philosophie n’est plus pour Kant un savoir qui pourrait sauver l’Homme ou qui le délivrerait de toutes choses, comme chez Platon ou Spinoza, mais une critique du savoir comme substitut de l’expérience. Kant propose donc une nouvelle architecture métaphysique, théologique, épistémologique et morale fondée sur la liberté humaine. Véritable « révolution copernicienne » de la pensée, son œuvre immense parcourt aussi bien l’astronomie et la physique que le droit. Certains diront qu’elle est souvent réduite à une sèche mise en question de la métaphysique ou à une bien rigide morale, mais on ne peut ôter à Kant le mérite d’avoir cherché, en ce siècle des Lumières qui est celui de la critique, à faire de cette critique même une science. On distingue dans son œuvre deux périodes : la période dite « pré-critique » (1749-1780) et la période « critique » (1781-1796).
La période pré-critique est marquée par une tentative de se défaire — sous l’influence de la pensée de Newton et, dès 1762-1763, de Rousseau et de Hume — du rationalisme dogmatique de Wolff, relecture scolastique de l’œuvre de Leibniz. Important ouvrage de cette période, l’Histoire générale de la nature et théorie du ciel, essai sur la formation et l’origine mécanique du système du monde d’après les principes de Newton (1755), plutôt que d’accepter, à l’instar de Newton, l’idée de la création par Dieu de l’Univers, il avance l’hypothèse de la formation de l’Univers à partir d’une nébuleuse en rotation, hypothèse développée plus tard indépendamment par Laplace. En 1763, la Seule Base possible pour la démonstration de l’existence de Dieu conteste déjà l’argument ontologique de Descartes et de saint Anselme comme preuve de l’existence de Dieu, et établit l’impossibilité de démontrer rationnellement une existence. Contre Swedenborg, les Songes d’un visionnaire expliqués par les songes de la métaphysique (1766) montrent que le rationalisme, s’il veut s’appuyer sur l’expérience, ne peut être que critique. Dans la Dissertation de 1770, enfin, Kant démontre l’existence d’éléments a priori au niveau de la sensibilité elle-même, la forme de l’espace et du temps, dont dépend toute activité de l’entendement.
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