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  • La Guerre de Cent Ans

    La Guerre de Cent Ans . En 1337, prétextant de ses droits à la couronne de France en tant que descendant direct de Philippe IV le Bel par sa mère Isabelle de France, le roi d ...

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Cent Ans, guerre de

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1

Présentation

Cent Ans, guerre de, nom donné à la période de campagnes militaires, entrecoupées de trêves et de traités de paix, qui ont opposé l’Angleterre et la France, les deux grandes puissances européennes de la fin du Moyen Âge, entre 1337 et 1453.

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Origines du conflit

La guerre de Cent Ans trouve son origine dans le mariage, en 1152, d’Henri Plantagenêt avec Aliénor d’Aquitaine, laquelle apporte en dot les possessions du Maine, d’Anjou, de Saintonge et de Guyenne. Par le traité de Paris de 1259, les Plantagenêts ne conservent que le duché de Guyenne qu’ils détiennent sous la suzeraineté du roi de France.

Lorsqu’en février 1328, Charles IV le Bel meurt sans héritier mâle, Philippe de Valois est immédiatement nommé régent. Se pose néanmoins la question de la succession au trône de France. Deux princes postulent à la couronne de France : Édouard III d’Angleterre, petit-fils par sa mère Isabelle de Philippe IV le Bel, et Philippe de Valois, cousin du roi défunt et petit-fils de Philippe III le Hardi. Se réunit alors une assemblée de seigneurs féodaux français qui, invoquant l’impossibilité de transmettre la couronne par les femmes en raison de la loi salique, estime que la couronne revient de droit au Valois, couronné sous le nom de Philippe VI. Édouard III d’Angleterre se soumet au choix des barons, qui préfèrent en fait un prince « né du royaume », et prête hommage au nouveau souverain — bien que tardivement (1331) — pour les possessions de Guyenne.

Cependant, les deux Couronnes restent en conflit pour la domination du duché de Bretagne, vassal de la France. L’animosité d’Édouard III envers Philippe VI est également exacerbée par le soutien que la France apporte à l’Écosse, en guerre contre l’Angleterre. Le contrôle du commerce de la laine, en Flandre, aiguise à son tour cette rivalité. Mais le réel déclencheur de la guerre est la décision prise en 1337 par Philippe VI au sujet de la Guyenne ; après une série de vexations et d’escarmouches à l’instigation du roi de France, ce dernier saisit, le 24 mai 1337, le duché de Guyenne. Édouard se proclame alors l’héritier légal du trône de France.

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Triomphe anglais : de L'Écluse à Brétigny

Dès 1337, Édouard III débarque avec ses troupes dans le nord du pays pour se saisir de la couronne. La destruction de la flotte française par les Anglais dans le port de L’Écluse, près de Bruges en Flandre, le 24 juin 1340, marque le début des hostilités.

Une trêve de trois ans est signée en 1343 mais, en 1345, Édouard envahit à nouveau la France. Le 26 août 1346, il remporte une victoire décisive à Crécy, et s’empare de Calais en août 1347, après un siège de près d’un an. Les Anglais s’octroient ainsi le contrôle de la Manche jusqu’à la fin des hostilités.

Une trêve, consentie par les Anglais en 1347, est prolongée jusqu’en 1355 par la Peste noire qui frappe les deux pays. Cette trêve est rompue en septembre 1355 avec la prise de Bordeaux par Édouard le Prince Noir, fils d’Édouard III. Utilisant Bordeaux comme base, les Anglais pillent le Languedoc, puis remontent vers la Loire. Le 19 septembre 1356, sous la conduite du Prince Noir, ils remportent une grande victoire à Maupertuis, près de Poitiers. Au cours de cette bataille, ils capturent le roi Jean II le Bon, qui a succédé à Philippe VI en 1350.

Les défaites de L’Écluse, Crécy et Poitiers marquent l’impuissance de l’armée féodale traditionnelle face à des troupes de soldats professionnels recrutés par des capitaines et soumis à leur autorité. Alors que la noblesse française combat pour faire des prisonniers et en tirer rançon, dans le cadre d’une bataille qui peut apparaître comme un tournoi, les Anglais, archers et « coutilliers » (fantassins armés d’un coutelas), combattent pour vaincre et tuer leurs adversaires. Avec la défaite de l’armée noble, l’ost, le conflit sonne aussi le glas de la féodalité qui a structuré la France aux XIIe et XIIIe siècles.

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Reconquête sous Charles V

En 1360, le traité de Brétigny met fin à la première phase de la guerre. Les termes du traité sont très favorables à l’Angleterre, qui affirme sa mainmise sur un tiers du territoire français (Aquitaine, Calais, Ponthieu, comté de Guînes) et doit recevoir une rançon de trois millions d’écus d’or pour la libération de Jean le Bon.

Mais Jean le Bon meurt en captivité à Londres (1364). Le dauphin Charles — déjà régent du royaume depuis 1350 — parvient à mater, en 1358, la révolte d’Étienne Marcel à Paris et la Jacquerie dans les campagnes. Monté sur le trône en 1364 sous le nom de Charles V, il reprend la guerre en 1369 : les sujets du Prince Noir en Aquitaine sont accablés d’impôt ce qui amène Charles V à confisquer cette terre au roi d’Angleterre en 1368.

En 1372, les Castillans, alliés de la France, coulent une flotte anglaise dans le golfe de Gascogne. Sous les ordres du connétable Bertrand Du Guesclin, les forces françaises évitent les batailles rangées avec les Anglais, préférant les harceler et couper leurs voies de ravitaillement. Cette nouvelle tactique, aux succès notables, a pour conséquence de porter la guerre dans toutes les campagnes, bientôt ravagées. Du Guesclin est un professionnel de la guerre, un mercenaire efficace : il a fait ses premières armes contre les Grandes Compagnies dévastant le royaume au début des années 1360, contre Charles de Navarre qui conteste le pouvoir de Charles V et contre Pierre le Cruel, roi de Castille.

Les succès de Du Guesclin confirment la nécessité d’en finir avec le vieux système de l’ost, ce qui amène Charles V à émettre l’ordonnance de 1374. L’Angleterre est affaiblie par la perte de ses chefs les plus valeureux, le Prince Noir en 1376, son père Édouard III en 1377, auquel succède le très jeune Richard II. Du Guesclin parvient à reconquérir la majeure partie des territoires cédés à l’Angleterre par le traité de Brétigny. Les combats de cette première période de la guerre cessent en 1386, sans qu’aucune trêve générale ne soit signée avant 1396. Entre-temps, à la mort de Charles V, son fils Charles VI le Bien-Aimé lui a succédé (1380).

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