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Présentation ; Débuts d’un aventurier ; Premiers romans ; « L’art est un anti-destin » ; Les Antimémoires
Malraux, André (1901-1976), écrivain et homme politique français, dont l’œuvre s’apparente à une vaste réflexion sur la possibilité d’échapper à la « condition humaine ».
Né à Paris, Georges-André Malraux est élevé par sa mère et sa grand-mère qui tiennent un commerce à Bondy. Il abandonne ses études avant le baccalauréat pour vivre du commerce des livres rares, mais continue à se former en suivant notamment des cours à l’École des langues orientales, tout en fréquentant les milieux littéraires et artistiques. Il publie à cette époque des articles et des livres d’inspiration surréaliste : Lunes en papier (1921), suivi de Royaume farfelu (1928). Il y développe une veine d’humour fantaisiste qui affleure encore dans le reste de son œuvre (avec, par exemple, le personnage de Clappique dans la Condition humaine et les Antimémoires). En 1923, il se rend en Indochine en compagnie de sa première femme, Clara, pour une expédition archéologique. Arrêté pour avoir dérobé des statues dans un site archéologique khmer à l’abandon, il est acquitté grâce au soutien des intellectuels et des artistes français. Revenu au Cambodge dès 1925, sensibilisé aux problèmes de la colonisation, il prend part à la lutte que mènent les révolutionnaires annamites ; dans les journaux éphémères qu’il fonde successivement avec Paul Monin (l’Indochine ; l’Indochine enchaînée), il dénonce les exactions dont est victime la population. À son retour à Paris en 1926, il se lie avec André Gide, qui le fait entrer comme directeur artistique chez Gallimard (1928).
De ces expériences en Asie naissent un essai, écrit sous forme de dialogue, la Tentation de l’Occident (1926) et trois romans, les Conquérants (1928), la Voie royale (1930) et la Condition humaine (1933) ; ce dernier ouvrage lui vaut de remporter le prix Goncourt et d’être reconnu sur le plan international. La Voie royale raconte, en la transposant sur le plan de la fiction, l’aventure tragique de son expédition de pillage archéologique, tandis que les deux autres romans évoquent les mouvements révolutionnaires qui déchirent la Chine contemporaine (grève générale des débuts de la révolution en 1925, répression d’une insurrection à Shanghai en 1927). Mais, au-delà d’une écriture qui évoque le reportage par son style abrupt et le cinéma par la construction des séquences, l’essentiel de l’œuvre réside dans « l’élément pascalien ». Comme chez Dostoïevski, chaque personnage des récits de Malraux représente une manière possible d’affronter la condition humaine : comment, en effet, donner un sens à sa vie quand on est confronté à un monde dépourvu de sens (à ce que Malraux appelle l’« absolue réalité de la mort ») ? La mort, l’humiliation et l’oppression rendent le monde tragiquement absurde, de même que la crise d’un Occident qui a, certes, réussi dans sa volonté de puissance mais qui, après la « mort de Dieu », a échoué à trouver de nouvelles valeurs. Les personnages de Malraux en qui s’unissent « la culture, la lucidité et la capacité à l’action » cherchent la « grande action quelconque » qui les rendra « un moment maître de leur destin ». Ils la trouvent dans l’aventure dangereuse de l’expédition exotique ou de l’action révolutionnaire pensée comme défi individuel ou fraternité virile.
De retour en Europe, Malraux se mobilise contre la montée du fascisme et du totalitarisme. Il participe aux mouvements d’intellectuels antifascistes, publie le Temps du mépris (1935) et apporte en Allemagne une pétition en faveur du militant bulgare Dimitrov, injustement accusé d’avoir provoqué l’incendie du Reichstag. Il s’engage bientôt aux côtés des républicains dans la guerre d’Espagne, fondant l’escadrille España dès les premiers jours du conflit. Dans l’ardeur de l’action, il conçoit un vaste roman épique, l’Espoir (1937), où il rapporte son expérience sur le mode épique et lyrique, mais dans un style à la fois journalistique et cinématographique. Il réalise lui-même pour le cinéma une adaptation libre de la fin de ce roman (Sierra de Teruel, 1938-1939). L’Espoir reprend la méditation et les thèmes des romans antérieurs de Malraux, ainsi que sa réflexion sur la valeur de l’art. Cependant, l’action individualiste, incarnée par les anarchistes, est mise ici au second plan, au profit de la fraternité des hommes et surtout de la préoccupation d’efficacité, incarnée par les communistes : au-delà de l’« illusion lyrique », ces derniers ont conscience qu’il faut « organiser l’apocalypse ». Ainsi, l’Espoir est à la fois un roman d’aventure virile, un documentaire publié « à chaud », un essai philosophique et un roman de propagande communiste. Lors de la Seconde Guerre mondiale, volontaire pour servir dans les chars en 1940, Malraux est capturé par les Allemands ; il parvient cependant à s’évader et entreprend, dans sa retraite, la rédaction de deux romans qu’il n’achève pas (le Règne du Malin ; le Démon de l’absolu). Entré dans la Résistance en 1943 sous le pseudonyme de colonel Berger, il est arrêté et miraculeusement relâché par la Gestapo en 1944, après quoi il participe activement à la libération du territoire, à la tête de la brigade Alsace-Lorraine.
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