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Malraux, André

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André MalrauxAndré Malraux
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3.2

Malraux et de Gaulle

Nommé membre du Gouvernement provisoire de la République française en tant que ministre de l’Information, Malraux devient un soutien fidèle du gaullisme ; il quitte le pouvoir en même temps que le général de Gaulle, qui le rappelle en 1958 pour lui confier le ministère des Affaires culturelles. Attaché à ce poste jusqu’en 1969, il mène une politique de démocratisation et de décentralisation culturelle, créant notamment les premières Maisons des jeunes et de la culture et attachant son nom à la loi dite « loi Malraux » sur la protection et la restauration des monuments historiques dans les secteurs sauvegardés (1962).

4

« L’art est un anti-destin »

Pour Malraux, son activité de ministre des Affaires culturelles reste indissociable de sa méditation sur l’art et sur l’Homme : entamée avec les Noyers de l’Altenburg (1943), cette réflexion se prolonge dans les ouvrages dédiés à la littérature et dans ceux, nombreux, qu’il consacre à l’art, parmi lesquels la Psychologie de l’art, qui comprend le Musée imaginaire (1947), la Création artistique (1948) et la Monnaie de l’absolu (1949), textes réédités sous le titre les Voix du silence (1951). Il est également l’auteur de Saturne, essai sur Goya (1950) et de la Métamorphose des dieux (1957).

Ces livres n’ont pas pour objet l’histoire de l’art ou l’esthétique mais bien la « signification que prend la présence d’une éternelle réponse à l’interrogation que l’homme pose à sa part d’éternité lorsqu’elle surgit dans la première civilisation, consciente d’ignorer la signification de l’homme ». Ils ne font ainsi qu’approfondir ce que disaient déjà les romans : Malraux appelle destin ce qui s’impose à l’Homme et le prive de valeur et de sens ; l’aventure étant devenue impossible dans un monde entièrement connu, le « mythe marxiste » étant détruit, l’art seul semble pouvoir remplacer les anciennes valeurs religieuses perdues : c’est en ce sens que, pour Malraux, « l’art est un anti-destin ».

5

Les Antimémoires

Malraux n’écrit pas des mémoires pour consigner les traces insignifiantes de son destin individuel mais des Antimémoires (1967) où se mêlent — dans un vaste ensemble qui n’est pas sans évoquer À la recherche du temps perdu de Proust — récits fictifs, vrais et faux souvenirs, méditations. Il publie aussi un ouvrage de souvenirs et de réflexions, à partir de ses divers entretiens avec le général de Gaulle (les Chênes qu’on abat, 1971).

Après la démission de ce dernier, Malraux abandonne ses fonctions et ses activités politiques pour se retirer dans les environs de Paris, où il continue à écrire jusqu’à sa mort, survenue le 23 novembre 1976 ; ses cendres sont transférées au Panthéon le 23 novembre 1996.

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