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    Térence (en latin Publius Terentius Afer), né à Carthage vers -190 et mort en -159, était un poète comique latin d'origine berbère [1], [2].

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Térence

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Plan de l'article
1

Présentation

Térence (v. 185 av. J.-C.-159 av. J.-C.), poète comique latin, auteur de comédies raffinées d'inspiration grecque.

2

Une sensibilité aristocrate et lettrée

Né à Carthage, Térence est emmené à Rome comme esclave du sénateur Terentius Lucanus ; son nom, Publius Terentius Afer, fait mention à la fois de son origine d'esclave africain et du nom de son maître. Il acquiert chez celui-ci une excellente éducation classique (comédie, danse, musique), avant d'être affranchi. Il commence alors une carrière de poète comique avec l'Andrienne, représentée en 166 av. J.-C., et qui fait de lui un auteur accueilli dans le milieu aristocratique et lettré. C'est essentiellement à destination de ces aristocrates, groupés autour du jeune Scipion Émilien et de son ami Laelius, qu'il écrit cinq autres pièces entre 166 et 160 av. J.-C. Conformément au goût hellénisant de l'époque, elles sont inspirées d'œuvres grecques : l'Andrienne, l'Héautontimorouménos (translittération du grec, signifiant « le Bourreau de soi-même »), l’Eunuque et les Adelphes (« les Frères ») ont pour source des comédies de Ménandre, le Phormion et l'Hécyre (« la Belle-mère ») des œuvres d'Apollodore de Carystos. Le public romain boude ce théâtre lettré, jusqu'en 160 av. J.-C. où les représentations de l'Hécyre avec les Adelphes obtiennent le succès. Après la mort de Térence en 159 av. J.-C. lors d'un voyage en Grèce, la comédie latine s'essouffle et finit par s'effacer au profit du mime.

3

Un comique raffiné

L'œuvre de Térence marque une rupture par rapport à la veine farcesque et populaire qui caractérisait la comédie latine jusqu'à Plaute. Le comique ne repose plus, en effet, sur des calembours ni sur des situations propres à la farce, mais naît des subtilités élégantes de l'intrigue et des finesses de l'analyse des sentiments. Pour obtenir cet effet comique qui recherche moins le rire que le sourire, Térence complexifie les intrigues, en utilisant non plus une mais plusieurs sources pour écrire une pièce, et développe une dramaturgie qui supprime la caricature pour se faire peinture : ses personnages sont moins des types que des portraits et sont, en conséquence, dotés de qualités morales et intellectuelles. Ainsi, les Adelphes, son chef d'œuvre sans doute, associe un mouvement dramatique vif à des caractères subtils et vivants, pour exposer une question d'ordre moral, celle de l'éducation des jeunes gens. C'est en effet le moment où, sous l'influence grecque, la rigoureuse éducation romaine s'assouplit à Rome.

4

Le modèle de la comédie classique

Si le public romain peu accoutumé à des personnages comiques spirituels et vertueux a tardé à reconnaître Térence, son œuvre a exercé une influence décisive sur l'histoire de la comédie. Elle est, au XVIIe siècle, la référence obligée de la comédie classique. Ponctuellement, sa dramaturgie a influencé Molière, qui reprend dans l'École des maris le sujet des Adelphes : deux frères disputant de la question de l'éducation. Elle constitue surtout le modèle, l'idéal de ce sourire subtil que les théoriciens classiques ont opposé au rire grand, et quelquefois gros, qui, de Plaute à Rabelais, parcourt l'histoire comique. Après cette domestication du rire au XVIIe siècle, l'œuvre de Térence demeure une importante source de référence pour le drame bourgeois de Diderot, la comédie de salon de Sheridan, et plus généralement, la veine « spirituelle » du comique.

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