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Présentation ; Origines du nazisme ; La création du Parti national-socialiste ; La longue marche vers le pouvoir ; Le parti au Reichstag ; La mise en place du régime totalitaire ; L’organisation du parti ; L’Ordre nouveau ; L’encadrement de la population ; La marche à la guerre
national-socialisme, doctrine prônée par le Parti national-socialiste allemand des travailleurs (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, NSDAP) ou parti nazi. Le national-socialisme constitue le fondement idéologique du IIIe Reich, régime totalitaire et raciste institué en Allemagne sous la direction de Adolf Hitler entre 1933 et 1945. L’idéologie nazie, prônant la purification de la « race germanique » et la réunion de toutes ses composantes au sein d’un même État, a cherché à étendre sa domination sur toute l’Europe centrale. Cette politique militariste a été à l’origine de la Seconde Guerre mondiale et n’a pris fin qu’avec l’effondrement du nazisme et de l’Allemagne face aux Alliés, en 1945.
Le national-socialisme, associé au fascisme italien, est un mouvement enraciné dans la tradition militaire prussienne d’autoritarisme et d’expansionnisme, qui puise également ses sources dans la tradition romantique allemande d’hostilité au rationalisme, au libéralisme et à la démocratie. Rompant avec la République de Weimar, son idéologie s’inspire de certaines doctrines racistes selon lesquelles les peuples germaniques, les prétendus purs Aryens, sont non seulement physiquement supérieurs, mais également porteurs d’une morale et d’une culture plus élevées que celles des autres peuples. Opposé au libéralisme de la Révolution française autant qu’aux théories marxistes, le nazisme puise dans certaines traditions philosophiques une idéalisation de l’État. L’individu n’existe plus en dehors du groupe fondamental qu’est la communauté de sang. Parmi les théoriciens et les planificateurs du national-socialisme, le général Karl Ernst Haushofer, un géographe, a une grande influence sur la politique étrangère allemande ; Alfred Rosenberg formule les théories racistes nazies dans le Mythe du xxe siècle (1930) en s’inspirant des œuvres de l’écrivain anglo-allemand Houston Stewart Chamberlain ; le financier Hjalmar Schacht est le principal artisan de la politique économique et financière du régime. L’idée du « grand Reich » est empruntée aux pangermanistes de 1848, celle de la supériorité de la race aryenne à Joseph Arthur Gobineau (Essai sur l’inégalité des races humaines, 1853-1855). De Oswald Spengler, les nazis reprennent l’idée d’un socialisme allemand, tandis que Nietzsche inspire le mythe du surhomme. Mais c’est surtout Hitler qui définit dans Mein Kampf (« Mon combat »), écrit pendant sa détention (1923-1924), le projet nazi. Nourri d’anti-égalitarisme et d’antiparlementarisme, hostile à la démocratie, il prône la purification de la race aryenne et l’élimination des Juifs. Grand orateur, il va élever cette mystique obsessionnelle à la hauteur d’une mission quasi sacrée. Profondément marqué par la défaite de 1918 et par le traité de Versailles, vécus comme des humiliations, il entend redonner à l’Allemagne toute sa grandeur et récupérer les territoires perdus. Hitler impute aux Juifs la responsabilité du désastre économique et les accuse d’être les propagateurs d’idéologies néfastes comme le marxisme ou le libéralisme. Il inscrit ainsi l’élimination des Juifs dans le programme politique national-socialiste, tout en affirmant qu’une régénération du sang aryen du Reich devra comprendre l’exclusion des non-Allemands des fonctions publiques, l’interdiction des mariages mixtes et la stérilisation des malades incurables. Lorsqu’il aura atteint ces buts, le Reich pourra être guidé selon le Führerprinzip par le Reichsführer qu’incarnera Hitler, à qui les Allemands seront liés par un serment de fidélité (institué par la loi du 26 janvier 1937). La réalisation de ce programme inclut l’annexion des territoires de langue germanique (notamment en Pologne et en Tchécoslovaquie), la création d’une « grande Allemagne » et d’un « espace vital » (Lebensraum), en Europe, zone d’influence économique et politique destinée à l’expansion de la « race » allemande. Le contexte politico-économique de l’après-guerre favorise l’émergence du national-socialisme et l’adhésion des Allemands à son programme démagogique défendu par Hitler. Selon les clauses du traité de Versailles, l’Allemagne est reconnue seule responsable de la guerre. Elle est privée de son empire colonial et contrainte de payer de lourdes réparations aux vainqueurs, ce qui perturbe gravement son économie. L’inflation galopante, qui culmine en 1923, affecte plus particulièrement la classe moyenne, qu’elle ruine et laisse désemparée. Effrayée par la perspective d’une arrivée au pouvoir des communistes en Allemagne, elle va fournir les gros contingents des groupes politiques radicaux qui fleurissent au début des années 1920.
Après l’échec de la révolution communiste à Munich, en mai 1919, de nombreux groupuscules extrémistes et ultranationalistes apparaissent dans la capitale bavaroise. Le Parti ouvrier allemand (DAP) y est créé par le journaliste Karl Harrer et le serrurier Anton Drexler dès janvier 1919 ; il est à l’origine du Parti national-socialiste. Lorsque Hitler en devient membre en septembre 1919, le Parti ouvrier allemand ne compte que vingt-cinq membres environ, dont six seulement participent aux débats et aux conférences. Hitler, grâce à ses talents d’orateur, devient chef de la propagande dès janvier 1920. Lors de la première grande réunion du parti à Munich, le 24 février 1920, il expose un programme inspiré par les deux premiers intellectuels du parti, le journaliste Dietrich Eckart et l’ingénieur Gottfried Feder. Ce programme, résumé plus tard en vingt-cinq points, associe des revendications nationalistes extrémistes et des idées socialistes mal assimilées à des doctrines racistes et antisémites. L’article 25 proclame : « Pour la société moderne, un colosse aux pieds d’argile, nous créerons un centralisme sans précédent qui donnera tout pouvoir au gouvernement. Nous établirons, au sein de la société, une hiérarchie telle que n’importe quel mouvement de n’importe quel individu sera contrôlé. » Le 8 août 1920, le DAP est rebaptisé Parti national-socialiste allemand des travailleurs (NSDAP). Hitler en prend la tête le 29 juillet 1921, après avoir écarté Drexler. Le drapeau rouge avec un cercle blanc contenant une croix gammée noire est adopté comme emblème cette année-là. Le NSDAP prend peu à peu de l’importance, surtout en Bavière. Convaincu de la nécessité, et même de la vertu, de la violence pour arriver à ses fins, Hitler crée (août 1921) les SA (Sturmabteilungen, « sections d’assaut »), sous couvert d’une association sportive. Ces « chemises brunes » sont censées assurer la protection de ses réunions politiques, mais s’ingénient à perturber celles des adversaires (libéraux, socialistes, communistes et syndicalistes) et à persécuter les Juifs, surtout les commerçants. Elles sont pour une bonne part composées d’anciens combattants, d’officiers mécontents et de membres des corps francs, placés sous l’autorité d’Ernst Röhm. En 1923, l’organe du parti, le Völkischer Beobachter (« l’Observateur raciste »), fondé en décembre 1920, est transformé en quotidien.
Hitler, voulant exploiter le mécontentement suscité par l’occupation de la Ruhr par les armées française et belge, organise avec le général Erich Ludendorff un coup de force à Munich, premier pas vers une prise du pouvoir à Berlin. Le 8 novembre 1923, il se rend avec 600 membres des SA à la brasserie Feldherrnhalle, où Gustav von Kahr, le chef du gouvernement bavarois, tient une réunion. Von Kahr et ses collaborateurs sont appréhendés et contraints de proclamer la formation d’un nouveau gouvernement national. À peine relâché, il se retourne contre Hitler et Ludendorff, qui doivent s’enfuir après une brève échauffourée avec la police, le 9 novembre. Le putsch de Munich a échoué ; Hitler est condamné à cinq ans de prison et son parti interdit. En prison, où il ne reste que treize mois, Hitler commence à rédiger Mein Kampf, qu’il dicte à Rudolf Hess. Dans cet ouvrage sont clairement exposées les doctrines du national-socialisme, les techniques de propagande et la stratégie pour conquérir l’Allemagne puis l’Europe. Quand Hitler est libéré, le Parti national-socialiste a disparu ; la situation économique du pays, qui s’est améliorée, est devenue favorable aux partis politiques modérés. Le 27 février 1925, il recrée toutefois le NSDAP, qui compte 27 000 membres dès la fin de l’année. Il entreprend de le réorganiser avec l’aide de quelques fidèles et décide de prendre le pouvoir par les voies légales plutôt que par la force. En 1926, il se nomme Führer (« guide ») du parti et s’entoure d’une garde personnelle, les SS (Schutzstaffeln, « échelons de protection »), qui devient une sorte de police militarisée. Les SS sont chargés de superviser et de surveiller le parti et les SA constituent sa branche paramilitaire. La crise économique mondiale de 1929 interrompt le flux de capitaux étrangers vers l’Allemagne, ce qui entraîne une baisse des exportations et une chute de la production industrielle. Le chômage augmente considérablement, tandis que les prix agricoles s’effondrent. La dépression fragilise la République de Weimar, soumise à des attaques de plus en plus vives de la droite et de la gauche, et crée les conditions favorables à une révolution. Le Parti national-socialiste reçoit d’importants subsides de Fritz Thyssen et des Krupp, dirigeants de puissants conglomérats sidérurgiques et industriels, ainsi que d’autres capitalistes. Toutefois, nombre d’industriels allemands s’opposent au national-socialisme.
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