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Rwanda

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Rwanda : drapeau et hymneRwanda : drapeau et hymne
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5.1

Les origines

Les premiers habitants connus du Rwanda sont vraisemblablement des Pygmées, ancêtres des Twa actuels. Des fouilles archéologiques ont mis au jour une métallurgie du fer et des poteries — apparentées à la culture bantoue — que la datation au carbone 14 fait remonter au premier millénaire avant notre ère. On les attribue à une population qui serait originaire du bassin du Congo et dont l’arrivée dans la région remonterait à cette époque. Ce peuple d’agriculteurs aurait ensuite cohabité avec les Tutsi, des pasteurs venus du Nord, qui se seraient installés progressivement entre le Xe et le XVe siècle. Ces trois communautés partagent la même langue, le kinyarwanda, et la même religion à l’arrivée du colonisateur. Le roi ou mwami est l’image d’Imana, le dieu suprême, et règne sur l’ensemble de ses sujets, les Banyarwanda. Sous son arbitrage, le pays est régi au plan administratif par les chefs de sol (généralement d’origine hutu), les chefs de pâturages (d’origine tutsi) et les chefs d’armées (recrutés chez les Tutsi). Le pouvoir est aux mains d’une aristocratie tutsi, mais les mariages entre familles de pasteurs et de cultivateurs ne sont pas rares, sauf dans l’aristocratie qui conserve ainsi le pouvoir (voir Burundi).

5.2

La colonisation européenne

C’est en 1858 que le premier Européen, John Hanning Speke, découvre la région des grands lacs, sans entrer cependant dans le pays. Dans les années 1880, il est suivi par des explorateurs allemands puis des missions catholiques sont établies. En 1890, les Allemands parviennent à intégrer le Rwanda (Ruanda) ainsi que le Burundi (Urundi) à leurs possessions d’Afrique orientale malgré les réticences du mwami Musinga. Les Belges, aidés par les Anglais, en chassent les Allemands et occupent le pays en 1916. Puis le territoire du Ruanda-Urundi est placé sous mandat de la Société des Nations (SDN) et son administration est confiée à la Belgique.

Dans un premier temps, la Belgique gouverne en s’appuyant sur les autorités en place, le mwami et l’aristocratie tutsi, dont les pouvoirs sont cependant modifiés et figés par la réforme de 1926 (les fonctions de chef deviennent héréditaires). Le mwami Musinga est destitué en 1931 et exilé au Congo belge (l’actuelle République démocratique du Congo). Il est remplacé par son fils Mutara III Rudahigwa, jugé plus docile. Appliquant le système de l’administration indirecte, la nouvelle administration autochtone est chargée par la puissance coloniale de faire exécuter les travaux de mise en valeur du pays. Dans cette optique, les Banyarwanda sont soumis en 1934-1935 à un recensement des hommes adultes et valides, à qui l’on délivre un livret d’identité où figure la mention de l’appartenance sociale, dite « ethnique ».

Les missions chrétiennes, protestantes à la fin de l’époque allemande, catholiques sous la colonisation belge, se multiplient et prennent en main l’éducation sur l’ensemble du territoire tandis que le jeune mwami Mutara — il a vingt ans au moment de sa prise de fonction — se fait baptiser en 1943. Mais ses relations avec l’Église et les autorités de tutelle se dégradent peu après, en raison du transfert toujours plus important des pouvoirs locaux à l’administration coloniale. Il demande notamment la suppression des corvées publiques et de la chicotte, et le rétablissement de l’élection des chefs, tandis que la majorité hutu, dont les responsables n’ont comme formation que les écoles des missions, demande à être associée au pouvoir. Dès 1956, par l’intermédiaire du Conseil supérieur qu’il préside, et sous la pression de ses conseillers, il réclame un calendrier précis pour l’accession du pays à l’indépendance, tandis que la majorité hutu fait passer les réformes sociales et politiques avant l’indépendance qui aurait redonné aux Tutsi le pouvoir absolu qu’ils détenaient avant la colonisation. Il s’apprête à présenter cette exigence devant les Nations unies en 1959 lorsqu’il est inopinément convoqué à Bujumbura, alors capitale du Ruanda-Urundi. Sa mort — mystérieuse — est annoncée dans la soirée du 25 juillet 1959. Dès lors, le pays plonge dans la guerre civile.

5.3

La révolution hutu

Après la mort du mwami Mutara, décédé sans héritier, son successeur, Kigeli V, illégitime aux yeux des Hutu et imposé par les conseillers du souverain défunt, applique une politique de fermeté dans la défense des privilèges de l’aristocratie tutsi. Les revendications socio-économiques ont pris, depuis la publication, en 1957, du Manifeste des Bahutu, une dimension politique, sous l’impulsion du Parmehutu (parti du Mouvement de l’émancipation hutu), et dégénère en affrontements communautaires. L’Église prend alors fait et cause pour la majorité hutu et l’administration coloniale laisse se développer les révoltes qui éclatent en novembre 1959 et ensanglantent le pays après l’assassinat d’un responsable politique hutu. Les Tutsi, très minoritaires, sont massacrés et pourchassés. L’année suivante, le mwami doit quitter le pays, plus de 200 000 Tutsi font de même.

En janvier 1961, la république est proclamée et un référendum, organisé quelques mois plus tard, rejette la monarchie par 80 p. 100 des voix. Le Parmehutu remporte les élections organisées au mois de septembre suivant, avec 78 p. 100 des suffrages. Le 26 octobre 1961, son dirigeant, Grégoire Kayibanda, secrétaire de l’archevêque du Rwanda, est élu président de la République rwandaise.

5.4

L’indépendance

Sur l’insistance du Conseil de tutelle de l’ONU, la Belgique proclame l’indépendance du Rwanda le 1er juillet 1962. Le Parmehutu se transforme en Mouvement démocratique républicain (MDR) — il dominera la vie politique au cours de la décennie suivante. Grégoire Kayibanda est successivement reconduit aux élections de 1965 et de 1969. En 1963, une tentative de coup d’État des exilés tutsi échoue et entraîne une nouvelle série de massacres perpétrés contre les Tutsi. La violence reprend en 1966 dans les écoles et à l’université, à la suite de l’incursion d’une poignée de Tutsi armés à la frontière sud. Enfin, quand des troubles éclatent au Burundi voisin, dominé par les militaires tutsi, et que des Hutu cherchent refuge au Rwanda, il s’ensuit encore une nouvelle vague de violence à l’encontre des Tutsi. Mais des dissensions apparaissent également entre les Hutu du Nord, chez lesquels la pression tutsi a été plus récente, et ceux du centre, et du sud du pays.

5.5

Le régime de Juvénal Habyarimana

5.5. 1

L’instauration d’un régime de parti unique

En juillet 1973, le président Kayibanda est déposé sans effusion de sang par le ministre de la Défense, le général Juvénal Habyarimana, un Hutu du Nord. Le Parlement et le MDR sont suspendus et, dans sa première déclaration officielle, le nouveau chef de l’État s’élève contre la politique de discrimination ethnique et régionale de son prédécesseur. Une politique qu’il reprend pourtant largement à son compte par la suite en instituant un système de quotas dans les écoles et l’administration. Ainsi, aucun Tutsi ne figure parmi les 143 bourgmestres (maires) que compte le pays, pas plus qu’à la tête des dix préfectures.

En 1975, le président Habyarimana fonde son propre parti, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND), et une nouvelle Constitution est adoptée en 1978 qui entérine le régime de parti unique. Après avoir déjoué un coup d’État en 1980, il est reconduit sans opposition en 1983, puis en 1988.

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