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Plan de l'article
Présentation ; Les débuts dans la vie et dans le monde des lettres ; Un succès immédiat : le Chevalier Harold ; L’exil européen ; Romantique ou classique ?
Byron, lord (1788-1824), écrivain romantique anglais, auteur notamment du Chevalier Harold.
Né à Londres affligé d’un pied déformé, George Gordon Byron a à peine trois ans lorsque son père meurt. Il est alors élevé dans la misère par sa mère, femme passionnée, tyrannique et déséquilibrée. En 1798, il hérite du titre de son grand-oncle William et du domaine de Newstaed Abbey dans le comté de Nottingham. Élève à l’école publique de Harrow (1801-1805), il y apprend le grec et le latin, puis mène à l’université de Cambridge une vie dissipée. En 1807 paraît son premier recueil de vers, Heures de loisir, série de poésies originales et traduites, reçu par une critique négative de la Revue d’Édimbourg à laquelle Byron répond, en 1809, par une satire en distiques héroïques, Bardes anglais et critiques écossais, où il se gausse de Coleridge et de Wordsworth. La même année, il occupe son siège à la Chambre des lords et entreprend, le 2 juillet, un « grand tour » qui le mène au Portugal, en Espagne, à Malte, en Albanie et en Grèce, où il demeure jusqu’en avril 1811.
Byron établit sa réputation en publiant, en 1812, les deux premiers chants du Chevalier Harold (Childe Harold), inspirés de son voyage en Méditerranée et en Orient. Sous les traits de Childe Harold, pèlerin solitaire et blasé marqué par une mystérieuse culpabilité, Byron paraît incarner le « mal du siècle ». Avant d’être une projection de l’homme Byron, le héros byronien est le produit d’une rhétorique admirablement maîtrisée. À travers l’Europe entière, le succès est inouï. Grisé par sa soudaine popularité, adulé par ses admiratrices, Byron entame alors une carrière mouvementée de séducteur, tout en se prenant, en 1813, d’amitié ou peut-être d’une passion coupable pour sa demi-sœur Augusta. Il cultive la légende romantique en publiant, la même année, quatre contes orientaux, le Giaour, la Fiancée d’Abydos et, en 1814, le Corsaire et Lara, dont le succès ne suffit pas à redresser sa déplorable situation financière. Byron se tourne alors vers le mariage, épousant en 1815 une riche héritière, Anna Isabella Milbanke, qui lui donne une fille, Augusta Ada (seul enfant légitime de Byron), mais la quitte aussitôt après, en 1816. Ce scandale, auquel s’ajoute l’accusation d’inceste, le met au ban de l’aristocratie londonienne et le contraint à l’exil (1816). À Genève, où il s’installe, il se lie d’amitié avec les Shelley (Percy Bysshe Shelley et Mary Shelley) et Claire Clairmont (la belle-sœur de Shelley), qui lui donne une fille, Allegra. Il rédige le troisième chant du Chevalier Harold et un poème narratif, le Prisonnier de Chillon (1816).
Il s’établit ensuite à Venise où, de 1816 à 1819, il écrit un drame Manfred (1817), qui fait l’objet d’une correspondance avec Goethe, les deux premiers chants de Don Juan (1818-1819) et le quatrième et dernier chant du Chevalier Harold (1818). À Venise encore, il compose Beppo (1818), conte vénitien influencé par les burlesques italiens et rédigé en ottava rima (stance de huit lignes de dix ou onze syllabes également utilisée dans Don Juan), Mazeppa (1819), deux mystères, Caïn (1821) et le Ciel et la Terre (1823), et deux tragédies, Marino Faliero et Sardanapale (1821). Il est à Pise en 1822, lorsque meurt sa belle-mère, lady Nœl Milbanke, qui lui laisse en héritage la moitié de sa fortune. Avec Shelley et Leigh Hunt, journaliste lui aussi contraint à l’exil, il lance le Libéral, revue trimestrielle dont la brève parution est interrompue par la mort de Shelley et par la querelle qui oppose Byron à Hunt. La Vision du jugement paraît dans le numéro d’octobre 1822 : Byron y éreinte Robert Southey, qui, dans la préface d’une œuvre de commande composée en l’honneur du roi George III, Une vision du jugement, l’a traité de « poète satanique ». Le frère de Leigh, John Hunt, publie les derniers chants de Don Juan, l’Âge de bronze (1823), une critique de la politique anglaise lors du congrès de Vérone et l’Île, une idylle tropicale. Accablé par les deuils (il perd, cette même année 1822, sa fille, Allegra), affaibli par la malaria, il s’embarque en juillet 1823 pour la Grèce, gagne Missolonghi où il organise les différentes factions du mouvement de libération de la Grèce en lutte contre les Turcs. Nommé commandant en chef des forces armées grecques en janvier 1824, Byron, terrassé par une fièvre, meurt à Missolonghi trois mois plus tard.
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