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mystique

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Le Sueur, la Prédication de saint PaulLe Sueur, la Prédication de saint Paul
Plan de l'article
1

Présentation

mystique, connaissance intuitive de Dieu ou de la réalité fondamentale par une expérience personnelle, et ensemble des récits qui la rapportent.

Il est possible de faire une distinction entre les expériences mystiques de l’immanence (celle des mystiques hindous par exemple, qui consiste en un recueillement en soi-même) et une expérience mystique de la transcendance (telle qu’on la rencontre plutôt dans le judaïsme, le christianisme et l’islam, où l’extase se traduit par un appel de l’Absolu, une élévation vers une réalité supérieure conçue comme transcendante).

La forme et l’intensité de l’expérience mystique varient en fonction des groupes religieux et des individus. Cependant, l’authenticité de ce genre d’expérience ne dépend pas de la forme mais de la qualité de la vie qui suit l’expérience. La vie mystique est caractérisée par une vitalité, une productivité, une sérénité et une joie accrues, car les aspects intérieurs et extérieurs s’harmonisent avec le Divin. On a développé de nombreuses théories philosophiques complexes pour tenter d’expliquer le phénomène mystique, y compris sa manifestation dans certains symboles ostensiblement laïcs, athées.

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Mystique hindoue

L’hindouisme présente probablement la plus ancienne tradition mystique. Dans la philosophie hindoue, et particulièrement dans le système métaphysique appelé Vedanta, le Soi ou atman d’une personne est identifié au Soi suprême, ou brahman, de l’univers. La séparation et l’individualité qui existent apparemment entre les êtres et les événements sont considérées comme une illusion (en sanskrit maya), ou une convention de pensée et de sentiments. Cette illusion peut être éliminée par la réalisation de l’unité essentielle de l’atman et du brahman. Lorsque l’initié religieux a dépassé l’ignorance (en sanskrit avidya) due au fait de débuter et dont dépend l’apparente capacité de séparation du sujet et de l’objet, ou du soi et du non-soi, il atteint un état mystique de libération (moksha), de paix intérieure et découvre que l’atman est ce par quoi les individus sont identiques les uns aux autres et identiques aux puissances du cosmos, qu’atman et brahman sont une même réalité. La philosophie hindoue ou Yoga inclut peut-être la discipline la plus complète et la plus rigoureuse jamais élaborée, destinée à transcender le sens de l’identité individuelle et à ouvrir la voie à une expérience d’union avec le divin. La mystique a généralement été le domaine des sadhus, qui pratiquent parfois un ascétisme extrême au cours de leurs dévotions, par exemple en se tenant pendant des années sur une seule jambe ou en renonçant à porter des vêtements. Ces pratiques sont considérées comme un corollaire nécessaire de la recherche spirituelle pour atteindre la libération mystique.

3

Mystique bouddhiste

Développé à partir de traditions hindoues et construit sur des concepts hindous, le bouddhisme perpétue la tradition mystique de l’hindouisme. Le Bouddha a lui-même pratiqué le yoga pendant des années avant de l’abandonner pour une ascèse plus mesurée, et le bouddhisme peut être considéré comme un mouvement de réforme qui s’est opposé aux excès de la mystique hindoue traditionnelle. Le bouddhisme peut être défini comme une expérience religieuse purement mystique, car son but ultime est de permettre à ses adeptes de parvenir, par un détachement de tout désir, à une transcendance mystique dans un état de nirvana. Les moines et religieuses qui appartiennent au sangha s’efforcent de parvenir à l’illumination par des exercices spirituels et une vie juste, se dépouillant ainsi du fardeau du karma qui les maintient prisonniers de la réincarnation (ou transmigration) perpétuelle.

Bien que l’ensemble de la tradition bouddhiste insiste sur la mystique, certaines sectes sont réputées plus mystiques que d’autres. La tradition bouddhiste valorise la transmission de la doctrine dans des sutras volumineux et une métaphysique complexe, tandis que l’expérience mystique est souvent ressentie comme transcendant la langue et les différences rationnelles. Dans l’école zen du bouddhisme, apparue d’abord en Chine, sous l’influence du taoïsme, au VIe siècle apr. J.-C. sous le nom de Ch’an, et qui se répandit par la suite au Japon et dans d’autres pays, l’expérience mystique permet à chacun de prendre conscience qu’il a une nature de Bouddha. L’enseignement zen utilise souvent des énigmes paradoxales (koans), petites histoires souvent extraites de la vie des patriarches, comme méthode de méditation. Le disciple se retrouve devant un dilemme dont il ne peut sortir par un raisonnement logique, mais seulement par une rupture et un changement de niveau psychologique, avec comme objectif d’atteindre l’illumination. Le bouddhisme ésotérique, en particulier le bouddhisme tantrique (Tibet), a également développé une discipline mystique, dans laquelle le maître guide ses disciples vers l’illumination grâce à des exercices physiques et mentaux rigoureux, la création et la contemplation de dessins mystiques ou mandalas, et la communication de vérités secrètes par des gestes et des attitudes appelés mudras.

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Mystique chinoise

En Chine, le confucianisme, qui a dominé la vie chinoise pratiquement depuis ses origines jusqu’au XXe siècle, est formaliste et antimystique, mais le taoïsme, tel qu’il a été présenté par son fondateur, le philosophe chinois Lao-Tseu (Laozi), a un fort impact mystique. Le taoïsme insiste sur la relativité et la faillibilité des différences rationnelles développées par la pensée et le langage afin de comprendre et de contrôler le monde, et prêche leur élimination pour réunir de manière indifférenciée l’esprit et l’univers, une condition appelée « Bloc intégral ». Ainsi, un adepte taoïste parviendrait à une harmonie mystique avec les choses, en possédant un cœur jouant le rôle de miroir qui refléterait spontanément l’ordre universel. Le sage taoïste Zhuangzi (IIIe siècle av. J.-C.) comparait, dans ses écrits extatiques, cet état à celui d’un nageur capable de nager dans les torrents comme un poisson, ou un cuisinier expérimenté capable de découper parfaitement un bœuf. Le taoïsme développa donc des monastères organisés et une véritable tradition de contemplation mystique. Mais, au contact de la science chimique chinoise des premiers temps, il vit se multiplier en son sein les alchimistes pseudo-mystiques qui recherchaient l’élixir d’immortalité plutôt que l’union avec l’Infini.

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