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Plan de l'article
Présentation ; Architecture ottonienne ; Sculpture ottonienne ; Enluminure ottonienne ; Arts somptuaires
ottonien, art, art de l’Empire germanique sous les dynasties des Ottoniens et des Saliens. Embrassant la seconde moitié du xe siècle et les trois premiers quarts du xie siècle, l’art ottonien se situe chronologiquement entre l’art carolingien et l’art roman allemand. Après l’éclatement du monde carolingien, l’Empire tente de relever l’héritage de la dynastie de Charlemagne, tant sur le plan politique que dans le domaine artistique. Le mariage en 972 d’Othon II avec la princesse byzantine Théophano, qui amène avec elle de nombreux artistes, contribue également à la spécificité de l’art ottonien.
En architecture, plusieurs édifices reprennent de façon significative le parti de la chapelle palatine de Charlemagne à Aix-la-Chapelle, comme l’église alsacienne d’Ottmarsheim et le chœur occidental de la cathédrale d’Essen. Ce dernier édifice, de même que Saint-Pantaléon de Cologne, témoigne également de la simplification des massifs occidentaux ottoniens par rapport aux modèles carolingiens, puisqu’ils ne possèdent plus que deux niveaux, la tribune ayant été supprimée. À l’abbatiale Saint-Michel de Hildesheim (1010-v. 1035), la nef conserve le parti traditionnel à deux niveaux (grandes arcades et fenêtres hautes) et une couverture charpentée. Toutefois, les supports font preuve de nouvelles recherches sur le rythme en faisant alterner un pilier et deux colonnes, mais également en matière de sculpture : c’est dans cet édifice que l’on emploie pour la première fois le chapiteau cubique, qui se répand ensuite dans tout l’Empire germanique. Quant à la silhouette du monument à deux tours d’égale importance situées aux deux extrémités de la nef, elle évoque certaines grandes constructions carolingiennes, comme Centula. À Saint-Cyriaque de Gernrode (v. 961), la tribune charpentée de la nef, située entre les grandes arcades et les fenêtres hautes, renvoie à des modèles orientaux.
La technique du bronze empruntée à l’Antiquité par le monde carolingien se maintient au même degré de perfection dans l’Empire ottonien (voir art du métal). L’évêque Bernward, fondateur de l’abbaye d’Hildesheim, fait notamment réaliser une haute colonne, inspirée des colonnes triomphales romaines, sur laquelle se déroulent des scènes christologiques, ainsi que des portes monumentales dont les reliefs représentent des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les personnages en fort relief se caractérisent par la stylisation des volumes et un certain souci d’expressivité.
L’enluminure constitue également l’une des principales productions artistiques du monde ottonien. Si celle-ci reprend certains traits de la peinture carolingienne, on y observe toutefois de façon générale une plus grande stylisation des personnages et l’utilisation de couleurs vives aux tons souvent saturés.
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