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bourgeoisieArticle
Plan de l'article
Présentation ; Des droits des bourgeois aux élites urbaines ; L’époque moderne : affirmation d’une culture bourgeoise ; Apogée de la bourgeoisie au XIXe siècle ; Époque des cadres
C’est l’observation des inégalités sociales engendrées par la révolution industrielle qui est au centre de la critique marxiste du rôle de la classe bourgeoise dans la société capitaliste du XIXe siècle. Au cœur de la problématique marxiste se trouvent les rapports de production qui déterminent l’existence des classes sociales. La place de celles-ci, par rapport à la propriété des moyens de production, explique l’antagonisme qui existe entre classes sociales. La bourgeoisie forme la classe qui possède les moyens de production. Ce faisant, elle s’approprie le travail de ceux dont le seul moyen de subsistance est de vendre leur force de travail. De ce rapport inégalitaire vis-à-vis de la propriété, Marx en déduit sa théorie relative à la lutte des classes. Il explique que le capitaliste bourgeois, en s’appropriant le travail et le fruit de celui-ci (la plus-value, c’est-à-dire la différence positive qui existe selon lui entre la valeur crée par le travail et le coût qu’il représente), conduit nécessairement à l’exploitation de la classe ouvrière. C’est ce rôle qu’il dénonce dans le comportement de la classe bourgeoise, dont les intérêts sont, par nature, opposés à ceux des travailleurs. Cette lecture inédite des rapports sociaux qui gouvernent l’organisation de la société servira de base aux contestations ouvrières qui auront toutes pour objet commun de revendiquer une amélioration de leurs conditions de travail. Cette analyse donnera naissance au concept moderne de classe sociale : c’est la conscience qu’a un groupe de ses intérêts communs qui permet à celui-ci d’exister en tant que classe.
Le XXe siècle est caractérisé par l’apparition d’une vaste classe moyenne, dite encore intermédiaire, par l’avènement de la société de consommation dans les années soixante, par la généralisation du salariat et par la hausse du nombre des cadres à la fin du siècle. Ce n’est plus seulement en référence à l’économie que la bourgeoisie va être représentée : une approche plus sociologique prend le relais. La théorie défendue par Pierre Bourdieu souligne le rôle des valeurs et des comportements qui, identifiés comme des référents culturels, permettent de distinguer les bourgeois des autres catégories sociales. Ces comportements sont à la fois matrimoniaux (forte endogamie, ce qui caractérise d’ailleurs toutes les classes sociales), économiques (attachement à la propriété immobilière, voire, via les résidences secondaires, à la propriété foncière selon le modèle traditionnel), et culturels (loisirs tournés vers le théâtre, la littérature ou les concerts). Ils sont rendus possibles par l’exercice des professions valorisées par les deuxième et troisième révolutions industrielles : professions d’encadrement, de l’ingénierie, du commerce et de la communication. En France, l’homogénéité des filières initiales permettant d’accéder à ces professions, et en particulier le système des grandes écoles accroît le sentiment, souvent renforcé par des structures plus réduites (rôle des associations « d’anciens élèves »), d’une homogénéisation de la bourgeoisie. Dès lors, la bourgeoisie, telle qu’elle a été présentée, c’est-à-dire se caractérisant par l’exercice de certaines activités, ou encore définies par rapport à une situation précise dans le système de production, tend à se confondre aujourd’hui avec la notion de catégorie socioprofessionnelles. C’est alors davantage l’existence d’un certain niveau de revenus, une certaine identité dans la nature du travail accompli (tâches de direction ou d’encadrement par opposition aux travaux d’exécution), l’adhésion à certains comportements d’ordre culturels, qui fonde l’appartenance à une catégorie sociale qui revendique, plus ou moins fortement, l’appellation de bourgeoisie.
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