Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Noirs américainsArticle
Plan de l'article
Présentation ; La période de l’esclavage ; La guerre de Sécession, la Reconstruction et la migration urbaine ; La culture noire au début du xxe siècle ; La crise économique de 1929 et la Seconde Guerre mondiale ; La lutte pour la liberté ; Les Afro-Américains de la fin du xxe siècle
Noirs américains, Afro-Américains, majoritairement les descendants d’Africains amenés comme esclaves dans le Nouveau Monde entre 1501, date à laquelle l’Espagne autorise l’envoi d’esclaves africains dans ses colonies, et 1808, lorsque les États-Unis prohibent l’importation de nouveaux esclaves. Les Noirs des États-Unis (29 986 060 recensés en 1990) sont généralement restés culturellement et socialement distincts des autres groupes de la population. Bien que les valeurs et les comportements des diverses cultures africaines aient été réprimés par la majorité d’origine européenne en Amérique du Nord, les Noirs réussirent cependant à combiner des pratiques africaines aux éléments culturels européens pour créer une culture afro-américaine mélangée et vivace qui a eu un effet considérable sur les autres groupes culturels, surtout dans les domaines de la musique, de la danse et des arts. Par ailleurs, les Afro-Américains ont adopté le langage et les pratiques sociales qui leur étaient nécessaires pour survivre et prospérer dans une société dominée par les Blancs, tout en conservant leur identité et leurs intérêts distincts. L’histoire des Noirs aux États-Unis est caractérisée par des luttes intenses et continues pour l’obtention des droits civiques, de l’égalité économique et de l’autodétermination politique.
L’utilisation intensive de travailleurs africains du xive au xviie siècle sur les riches plantations de canne à sucre du Brésil et des Antilles fournit un exemple aux colons européens d’Amérique du Nord lorsque les Amérindiens et les Européens se révèlent insuffisants pour assurer les besoins en main-d’œuvre agricole. Des Africains avaient servi comme guides et comme soldats au cours de la conquête espagnole du Mexique, mais la majorité de ceux qui sont amenés en Amérique du Nord sont utilisés pour produire les cultures d’exportation (tabac, riz, indigo et coton) qui deviennent les principales sources des richesses extraites de leurs colonies par les nations européennes. Les colons anglais en Amérique du Nord se tournent graduellement vers les esclaves africains pour résoudre leur déficit en main-d’œuvre. L’Espagne fait venir au moins 100 000 Africains au Mexique au xive siècle, mais l’Angleterre ne participe pas activement à la traite des esclaves avant la création de la Royal African Company (« Compagnie royale africaine ») en 1663. Les premiers Africains sont débarqués dans les possessions anglaises en Amérique du Nord en 1619, leur statut étant celui de « travailleurs sous contrat ». À mesure que leur nombre augmente, ils sont employés dans les plantations qui se développent dans les colonies du Sud et du Centre, pour cultiver la canne à sucre, le riz, l’indigo et le tabac. Ces Africains, achetés à bas prix en Guinée, sont revendus dans les Antilles (voir Commerce triangulaire) et achetés par les planteurs, dont ils deviennent les esclaves : ils n’ont aucun droit, dépendent de leurs maîtres qui peuvent en disposer comme de marchandises. Les mariages mixtes sont interdits et des lois punissent la désobéissance des Noirs.
Le nombre des Noirs sur le territoire américain est inférieur à un million au moment de la guerre de l’Indépendance (1775-1783) : 90 p. 100 sont des esclaves et les trois quarts vivent dans les États du Sud. Malgré les progrès faits dans certains cercles de Blancs de l’idée de l’émancipation des esclaves, soutenue par l’idéologie révolutionnaire, influencée par le rationalisme des Lumières et la piété quaker, la Constitution de la jeune nation décide de rendre effective l’interdiction de la traite des Noirs dans un délai de vingt ans, en janvier 1808. De fait, l’esclavage disparait dans les États situés au nord du Maryland, vers 1810, et les Noirs qui y vivent sont juridiquement libres. Mais en réalité, ils ne peuvent exercer aucun de leurs droits et restent en marge de la société, sans avoir accès au système éducatif public, à un habitat décent ou à la protection de la loi. L’évolution dans le Sud est très différente : l’expansion de la culture du coton au xviiie siècle dans les États du « Sud profond » (les États américains bordant le golfe du Mexique) et du Sud-Ouest a pour conséquence l’établissement d’un ordre politique conservateur, fondé sur l’emploi des esclaves. La libéralisation qui s’est faite sentir dans le Sud à la fin de la guerre est balayée lorsque sont constatés les profits rendus possibles par l’invention de l’égreneuse de coton en 1793. Le besoin de main-d’œuvre augmente et l’esclavage connait, de fait, dans la première moitié du xixe siècle, son « apogée » : on estime que les esclaves noirs sont près de quatre millions en 1860. Cette période voit les premières révoltes importantes d’esclaves noirs, comme celle de Gabriel Prosser en Virginie en 1800, celle de Denmark Vesey en Caroline du Sud en 1822, et surtout celle de Nat Turner en 1831 ; elles sont toutes sévèrement réprimées. La discrimination contre les esclaves affranchis est intense, aussi bien au Nord qu’au Sud : restrictions sur leur participation politique, leur droit de posséder des terres et leurs contacts sociaux avec les Blancs. Dès les années 1830, la plupart des États du Sud et certains du Nord limitent ou interdisent l’entrée des Noirs libres sur leur territoire, tandis que des émeutes anti-Noirs éclatent dans les villes industrialisées du Nord.
C’est à cette époque que les communautés urbaines afro-américaines commencent à créer un certain nombre d’Églises, d’ordres fraternels, d’écoles, de groupes d’aide mutuelle et d’organisations politiques. Bien que l’analphabétisme soit encore la règle, ces institutions développent la confiance en soi des dirigeants noirs et les encouragent à exprimer leurs inquiétudes auprès du public. Pour sortir de leur situation, les Noirs américains envisagent deux solutions : adopter les valeurs de la société blanche dominante en la réformant, ou tenter de s’évader de la société américaine, en retournant en Afrique ou en émigrant au Canada, ce que font des milliers de Noirs dans les années qui précédent la guerre de Sécession.
|
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |