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Noirs américainsArticle
Plan de l'article
Présentation ; La période de l’esclavage ; La guerre de Sécession, la Reconstruction et la migration urbaine ; La culture noire au début du xxe siècle ; La crise économique de 1929 et la Seconde Guerre mondiale ; La lutte pour la liberté ; Les Afro-Américains de la fin du xxe siècle
La période de l’après-guerre voit d’importants changements dans les relations raciales aux États-Unis. À mesure qu’un nombre croissant de Noirs quittent le Sud rural pour s’installer dans les zones urbaines, leur statut économique s’améliore, même si leur revenu moyen reste inférieur à celui des Blancs.
Ni le président Dwight Eisenhower, ni le Congrès ne sont prêts à agir en faveur des droits civiques des Noirs au début des années 1950, mais les nominations présidentielles à la Cour suprême des États-Unis préparent la voie à la prohibition de la ségrégation raciale dans les écoles, établie par l’arrêt du procès Plessey contre Fergusson en 1896. En 1954, la Cour juge à l’unanimité dans Brown contre le Bureau d’éducation de Topeka, que « des établissements d’enseignement séparés sont intrinsèquement inégaux » et, l’année suivante, ordonne aux écoles d’État de cesser la ségrégation « avec toute la rapidité possible ». Mais la résistance est forte et, en 1957, l’armée fédérale doit protéger l’entrée d’enfants noirs à l’école de Little Rock (Arkansas). Dix ans après l’arrêt Brown, moins de 2 p. 100 des enfants noirs vont dans des écoles intégrées du Sud. Au début des années 1960, il est nécessaire d’envoyer l’armée et la police fédérale sur le campus de l’université du Mississippi pour faire valoir le droit d’un étudiant noir à assister aux cours.
L’arrêt Brown encourage les Afro-Américains à lancer une campagne pour obtenir la déségrégation de tous les établissements et lieux publics. Elle commence dans un autobus de la ville de Montgomery en Alabama, en décembre 1955, lorsqu’une femme noire nommée Rosa Parks refuse de donner sa place à un Blanc et est arrêtée. Sous la direction du révérend Martin Luther King, Jr., les habitants noirs répondent en boycottant les autobus de la ville pendant plus d’un an, jusqu’à ce qu’un tribunal fédéral déclare que la loi de l’Alabama sur la ségrégation dans les autobus est inconstitutionnelle. L’utilisation par King et ses partisans du Southern Christian Leadership Conference (SCLC, « Congrès des dirigeants chrétiens du Sud ») ou ceux du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC, « Comité de coordination des étudiants non violents »), de moyens non violents pour obtenir des réformes leur donnent une presse favorable.
Les « Freedom Rides » (marches de la liberté) organisées par le CORE en 1961 sont destinées à faire cesser la ségrégation dans les installations qui dépendaient du commerce inter-États ; elles démontrent que les protestataires sont capables de forcer les autorités fédérales à intervenir dans le Sud. Elles amènent de nombreux jeunes activistes au Mississippi où les dirigeants blancs résistent farouchement à toute concession au mouvement des droits civiques. Les responsables noirs du Mississippi, qui s’étaient longtemps battus avec l’aide du NAACP, demandent aux jeunes affiliés au SNCC de concentrer leurs efforts sur l’obtention du droit de vote. Dès 1962, Robert Moses, un instituteur ayant fait ses études à Harvard, rassemble une équipe d’organisateurs qui travaillent en contact étroit avec les résidents locaux essayant de se faire enregistrer comme électeurs. La résistance des Blancs demeure cependant forte. En 1964, après le meurtre de trois des organisateurs, une action à l’échelle nationale aboutit à la tentative infructueuse du Mississippi Freedom Democratic Party (Parti démocrate de la liberté du Mississippi), dirigé par Fannie Lou Hamer, d’évincer la délégation cent pour cent blanche à la convention nationale du Parti démocrate. À la différence des difficultés rencontrées au Mississippi par le mouvement du droit de vote, les protestations pour les droits civiques remportent de grands succès dans les centres urbains du Sud grâce aux marches de la liberté en 1961-1962, et connaissent leur apogée le 28 août 1963, lors d’une gigantesque manifestation non violente à Washington, demandant au Congrès d’agir sur la question des droits civiques et des lois sur l’emploi. Le Congrès finit par approuver les lois sur les droits civiques, destinées à faire cesser la ségrégation dans les établissements publics. En 1965, une nouvelle série de manifestations à Selma, en Alabama, décide le président Lyndon B. Johnson à proposer une nouvelle loi sur le droit de vote, qui est approuvée le même été et qui a un effet considérable sur l’inscription des électeurs noirs. Au Mississippi, le pourcentage de Noirs sur les registres électoraux passe de 7 p. 100 en 1964 à 59 p. 100 en 1968.
Les années d’activisme pour les droits civiques dans le Sud provoquent une montée de la fierté raciale et du militantisme chez les Noirs dans tout le pays. En 1966, le SNCC annonce que le but du mouvement noir n’est plus les droits civiques mais le Black Power, « le pouvoir noir ». Une tendance à l’activisme noir apparait dans les centres urbains du Nord avec, à sa tête, les Black Muslims (Musulmans noirs) de Malcolm X. Les idées de ce dernier deviennent de plus en plus populaires après son assassinat en 1965. Ses appels à l’autodéfense armée reflètent la colère généralisée des Noirs des villes, et se traduisent par des explosions de violence raciale de 1965 à 1968. De nouvelles organisations militantes telles que le Parti des Black Panthers se créent pour organiser le mécontentement des Noirs dans les villes. Mais le radicalisme déclaré de nombreux dirigeants noirs entraîne une répression fédérale considérable et, dès la fin des années 1960, la plupart des groupes militants noirs ont été affaiblis par les raids de la police autant que par leurs dissensions internes. Avant son assassinat en 1968, Martin Luther King lui-même devient la cible de la surveillance et du harcèlement du gouvernement lorsqu’il attaque vigoureusement la participation américaine dans la guerre du Viêt Nam (1959-1975) et exige des réformes économiques.
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