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Plan de l'article
reliques, restes d’un saint ou objets ayant été en contact avec un saint, vénérés pour la personne qu’ils évoquent et auxquels sont parfois conférés des pouvoirs protecteurs ou sanctificateurs. La vénération des reliques est une pratique qui appartient essentiellement au christianisme et au bouddhisme.
Dans la pratique chrétienne, les reliques (du latin reliquae, « ce qui reste ») sont des restes du corps des saints (cheveux, morceaux d’os, d’ongle ou de peau) ou des objets liés à la vie de Jésus-Christ ou à la vie des saints. Les reliques prolongent, par des objets, des textes des Évangiles, des évangiles apocryphes ou des récits tirés des vies de saints. Elles ne relèvent pas de l’acte de foi chrétien, ne font l’objet d’aucun dogme et ne constituent pas un sacrement (signe et don de Dieu aux fidèles). Leur vénération a parfois été suspectée d’idolâtrie ou de superstition. Le culte des reliques fait partie intégrante de la religion populaire ; il est fréquent dans les lieux de pèlerinage. Il est toujours vivace de nos jours. De nouvelles reliques sont créées. En France, les dernières à avoir suscité un véritable engouement sont peut-être celles liées à sainte Thérèse de Lisieux : morceaux de parquets de sa cellule au Carmel, parcelles de plâtre des murs de celle-ci, etc. Les reliques sont souvent conservées dans des reliquaires, qui peuvent être des coffres ornés de pierreries, ou des reliquaires-ostensoirs, destinés également à la vénération de l’hostie consacrée (eucharistie). Elles sont parfois dissimulées à l’intérieur de bijoux. Les grands reliquaires font parfois l’objet d’un magnifique travail d’orfèvrerie.
Les chrétiens commencent à vénérer les reliques des martyrs dès le iie siècle, notamment en célébrant l’eucharistie sur les tombeaux de ceux-ci. Pour lutter contre le commerce de reliques et le développement de fausses reliques, le Code théodosien (du nom de l’empereur Théodose le Grand) interdit le trafic d’ossements de martyrs en 386 à Constantinople. À la suite de l’engouement pour les reliques développé pendant les croisades, le concile de Lyon interdit, en 1274, la vénération des reliques récentes non encore authentifiées. Leur possession est souvent, notamment au Moyen Âge, l’objet de fortes tensions politiques. La dévotion à l’égard des reliques est également liée à l’attente d’un miracle. La pratique de la vénération des reliques est par ailleurs justifiée par saint Thomas d’Aquin. Elle est officiellement autorisée en 1563 par le concile de Trente, qui formule des règles destinées à s’assurer de leur authenticité. La discipline actuelle de l’Église catholique admet le culte des reliques à condition qu’il soit toujours tourné vers le Christ et associé à l’eucharistie.
Il est possible que cette pratique soit liée à la croyance dans la communion des saints et aux prières d’intercessions, auprès des saints du passé, pour le salut, ou pour une vie présente plus parfaite. S’approcher des saints par la vénération de leurs reliques serait s’approcher d’une certaine façon du Christ. De manière générale, les thèmes du souvenir, de la disparition et des traces de l’absent sont récurrents dans le christianisme : la pierre levée et le suaire laissé par Jésus après sa disparition du tombeau, l’institution de l’eucharistie lors du dernier repas de Jésus avec ses disciples (« Vous mangerez ce pain en mémoire de moi… »), les reliques enfin, qu’elles soient de la vraie croix (conservée un temps à Byzance), de la couronne d’épines, déposée par Saint Louis à la Sainte-chapelle de Paris, de la sainte épine (qui aurait été un temps conservée à l’abbaye de Port-Royal des Champs), ou du linge de Véronique, qui aurait essuyé le front de Jésus sur le chemin du Calvaire, témoignent de la présence d’un homme qui a été proche de Dieu, ou Dieu lui-même.
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