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enseignement, histoire de l'

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Confucius et ses élèvesConfucius et ses élèves
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1

Présentation

enseignement, histoire de l', étude de l’évolution des théories, des méthodes et des systèmes propres à assurer la transmission des connaissances de manière structurée.

Tout au long de l’histoire, les sociétés ont mis en œuvre différents moyens pour assurer l’éducation de leurs membres et pour favoriser le passage d’un certain nombre de valeurs culturelles entre générations ; la connaissance des méthodes d’enseignements et de leurs priorités révèle en fait les préoccupations profondes des sociétés humaines.

2

L’enseignement dans le monde antique

Les premiers systèmes d’éducation connus se développèrent dans les civilisations indienne et égyptienne à partir du IVe millénaire av. J.-C. Ces sociétés, très hiérarchisées, réservaient l’éducation intellectuelle aux membres des castes élevées et confiaient l’enseignement aux autorités religieuses, brahmanes en Inde ou prêtres en Égypte. Les castes inférieures recevaient une éducation avant tout familiale et une instruction élémentaire.

2.1

Apprentissage des idéogrammes et des textes sacrés

L’organisation de l’administration égyptienne suscita la formation d’un corps de scribes, spécialisé dans l’écriture et le déchiffrement des hiéroglyphes, dont l’éducation, dès l’enfance, consistait à mémoriser un grand nombre de signes. Il fallait s’exercer longtemps à tracer les signes compliqués sur des tablettes de calcaire. L’apprentissage s’achevait en copiant, à l’encre rouge et noire, sur des rouleaux de papyrus, les contes ou recueils qu’il fallait également décorer d’enluminures. Les témoignages des pédagogues égyptiens qui ont été retrouvés insistent sur la nécessité pour les étudiants de se consacrer totalement à la mémorisation et à l’exercice pratique du dessin. Ceux qui parvenaient à devenir scribe jouissaient alors de compétences étendues, car ils avaient, en même temps qu’ils apprenaient à écrire, accumulé les connaissances les plus variées, en droit, en géographie, en histoire et dans les principales techniques maîtrisées à l’époque.

En Chine, sous l’influence des philosophes Lao-tseu et Confucius, un large accès à l’éducation fut favorisé. Souvent appelé le « premier éducateur », Confucius, que de nombreuses estampes représentent entouré par ses élèves, fut l’un des premiers penseurs à articuler la relation entre la réflexion individuelle et le savoir apporté par l’enseignant, faisant valoir qu’« apprendre sans réfléchir est peine perdue [ et que ] réfléchir sans apprendre est dangereux ». Confucius insista sur l’étude de l’histoire, car il pensait y trouver la connaissance de l’ordre naturel qu’il faut suivre pour mener une existence harmonieuse.

En Inde, sous l’impulsion du Bouddha, des jingshi, ou professeurs, se rendirent de ville en ville pour psalmodier les chants sacrés, les sutra. Ces maîtres étaient accompagnés d’un fujiangshi ou répétiteur qu’ils avaient formé, et dont la tâche consistait à traduire et à expliquer dans le dialecte local les paroles des sutra chantés par le maître. Le bouddhisme inventa ainsi une forme d’enseignement accessible à tous.

Cependant, en Chine comme en Inde ou en Égypte, seul un très petit nombre d’élèves accédait à la classe des lettrés. L’acquisition des écritures idéographiques ou sacrées supposait, en partie au moins, celle des connaissances qu’elles désignaient, si bien que la maîtrise des connaissances fondamentales devait, sinon précéder, au moins accompagner l’apprentissage de la lecture.

2.2

Enseignement en Grèce et à Rome

Adopté en Grèce à partir du VIIIe siècle av. J.-C., l’alphabet phonétique d’origine phénicienne détermina l’institution d’un nouveau type d’enseignement, ouvert au plus grand nombre. Dans les écoles, les professeurs enseignèrent la lecture et l’écriture selon une méthode qui devait demeurer inchangée au moins jusqu’au XIXe siècle. Elle consistait à travailler d’abord la mémorisation de l’alphabet, puis la combinaison des syllabes simples, pour aboutir au déchiffrement des mots et enfin à la lecture des textes. Cette méthode se retrouve dans les pratiques scolaires du début du XXe siècle, avec ce que l’on appelait l’apprentissage du « b » « a » « ba ».

L’évolution de l’enseignement se fit en Grèce antique par l’introduction du « pédagogue ». À l’origine, on nommait ainsi l’esclave chargé d’accompagner les enfants à l’école. Cet esclave fut chargé d’enseigner à l’enfant, notamment par la pratique des sports, à devenir un kalos kagathos, un homme « beau et courageux ». Les sophistes et, sous l’influence de Socrate, les philosophes, poursuivirent dans cette voie en développant les qualités de raisonnement et d’expression des adolescents, afin de parfaire leur formation de citoyen.

En fondant son « académie », Platon fit inscrire sur le fronton de l’édifice « Que nul n’entre ici, s’il n’est géomètre ». Après l’apprentissage élémentaire de la lecture et de l’écriture, l’élève devait en effet acquérir les sciences des nombres, puis développer, par l’étude de la rhétorique, ses facultés d’expression et de persuasion. Les plus doués achevaient leur apprentissage par celui du raisonnement « dialectique », c’est-à-dire par l’étude de la philosophie. Chaque branche du savoir était étudiée séparément, et pouvait faire l’objet de recherches poussées. L’un des élèves de Platon, Isocrate, fonda ainsi une école spécialisée dans la rhétorique, où l’on apprenait à organiser son discours — de l’exorde à la péroraison —, à varier les genres — humble, tempéré, sublime —, à maîtriser les figures de style et le rythme de la phrase.

Aristote contribua à préciser les limites de chaque discipline en rédigeant, pour le « lycée » qu’il avait fondé, une série de livres traitant, en détail et selon un ordre réfléchi, des différentes matières qu’il fallait enseigner. Il sépara ainsi la logique de la géométrie, l’étude du vivant de la physique et affirma l’autonomie de ce qui ne relevait que de la philosophie, et que ses successeurs nommèrent « métaphysique ». Deux autres écoles philosophiques eurent une influence déterminante sur l’évolution de la pensée, le « Jardin » d’Épicure et le « Portique » des stoïciens Zénon et Chrysippe.

À Rome, après une période de fidélité scrupuleuse aux vieilles traditions religieuses et culturelles, la pédagogie grecque se répandit à l’instigation de Scipion Émilien. Les Grecs devinrent les maîtres de la jeunesse romaine à laquelle ils enseignaient grammaire et rhétorique pour qu’ils parviennent à maîtriser l’art oratoire.

Les Romains instaurèrent des écoles sur tout l’Empire. Ils fixèrent d’abord l’enseignement de la lecture et de l’écriture assuré par un primus magister, qui s’adressait aux enfants à partir de l’âge de sept ans ; puis un second stade d’enseignement, assuré par le grammaticus, qui portait sur la grammaire, les connaissances générales et s’adressait aux enfants à partir de onze ans ; enfin un troisième niveau, sous la direction du « rhéteur », dans lequel les adolescents les plus brillants pouvaient apprendre l’art oratoire et les éléments du droit.

Le prestige des anciens maîtres grecs eut dans le monde romain un effet pervers, dénoncé notamment par Sénèque, dans la mesure où il changea progressivement la « dialectique » philosophique en un « commentaire » des auteurs anciens et fit des écoles romaines des institutions davantage tournées vers la conservation du savoir que vers une réflexion novatrice.

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