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Léonard de Vinci

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Léonard de Vinci, la JocondeLéonard de Vinci, la Joconde
Plan de l'article
2.2

Les années milanaises au service des Sforza

Vers 1482, Léonard de Vinci entre au service de Ludovico Sforza, duc de Milan, qui a été séduit par les talents d’ingénierie militaire de l’artiste. Pour le duc de Milan, il s’occupe notamment d’ingénierie, de travaux hydrauliques, de poliorcétique, d’architecture et d’urbanisme. La pratique artistique n’est selon lui que l’une des nombreuses manières de découvrir le monde et de soumettre le savoir à l’expérience.

2.2. 1

Les différentes versions de la Vierge aux rochers

Le début de sa période milanaise est marqué par une œuvre essentielle, la Vierge aux rochers, dont il existe deux versions (la première, exécutée vers 1483, est conservée au musée du Louvre de Paris ; la seconde, réalisée entre les années 1503 et 1506, se trouve à la National Gallery de Londres). Outre sa composition spatiale très particulière, ce tableau se caractérise par l’emploi d’une perspective aérienne originale, formulée par Léonard et aujourd’hui connue sous le nom de sfumato.

Peu après, il exécute pour la cour ducale le Portrait de Cecilia Gallerani, dit la Dame à l’hermine (v. 1490, musée Czartorycki, Cracovie), le Portrait d’une dame, dit la Belle Ferronnière (v. 1490, musée du Louvre) et probablement la Madone Litta (1490-1491, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg).

2.2. 2

La Cène de Santa Maria delle Grazie

De 1495 à 1497, Léonard de Vinci travaille à la Cène, une vaste fresque murale destinée au réfectoire du monastère de Santa Maria delle Grazie, à Milan. La Cène n’illustre pas seulement l’épisode éponyme des Évangiles, mais tente de restituer la diversité des réactions des apôtres lorsque Jésus leur annonce que l’un d’entre eux va le trahir. La composition est tout entière conçue pour magnifier la portée spirituelle de la figure du Christ, représentée dans un isolement symbolisant la dimension tragique et grandiose de son destin. « Le caractère divin de la peinture fait que l’esprit du peintre se transforme en une image de l’esprit de Dieu. » (Traité de la peinture) : sans doute cette réflexion postérieure du peintre s’applique-t-elle à la composition de ce chef d’œuvre.

Cependant, la technique que Léonard expérimente pour la Cène (tempera à l’œuf sur un arriccio très épais) ne permet pas une bonne conservation de l’œuvre. Depuis 1726, de nombreuses tentatives de restauration ont été entreprises, aggravant parfois son état. Toutefois entre 1977 et 1999, un programme conjoint de restauration et de conservation a permis de retrouver les couleurs d’origine et des détails jusqu’ici masqués.

2.2. 3

Dernières commandes non honorées des Sforza

Au cours de son long séjour à Milan, Léonard de Vinci se montre très actif, laissant de nombreux tableaux et dessins (dont la plupart ont été perdus), des plans de théâtre, des planches architecturales et des modèles pour le dôme de la cathédrale de Milan. Il reçoit une commande pour un colossal monument de bronze à la gloire de Francesco Sforza, père de Ludovico, destiné à la cour du Castello Sforzesco. L’œuvre, connue par des dessins (v. 1490, château de Windsor, Grande-Bretagne), ne voit finalement jamais le jour. Lorsqu’en décembre 1499, la famille Sforza est chassée de Milan par les troupes françaises, le modèle grandeur nature de la statue est détruit. Léonard fuit la ville.

2.3

Les années de maturité

2.3. 1

La consécration artistique du Florentin : la naissance de la Joconde

Établi à Florence entre 1500 et 1506, le maître voyage beaucoup dans les environs. C’est par exemple au cours d’un voyage à Mantoue qu’il effectue le portrait d’Isabelle d’Este (1500, musée du Louvre).

L’année 1502, Léonard est à Ferrare, au service de César Borgia, duc de Romagne et général en chef des armées du pape Alexandre VI, son père illégitime. En tant qu’architecte et ingénieur en chef, Léonard supervise les travaux des forteresses dans les territoires ecclésiastiques du centre de l’Italie.

À Florence, la Seigneurie charge Léonard de représenter la Bataille d’Anghiari dans la salle du grand conseil du Palazzo Vecchio qui doit faire pendant à la Bataille de Cascina confiée à Michel-Ange à la même époque — on connaît aujourd’hui ces œuvres par des copies des cartons, la plus connue étant due à Rubens (v. 1615, musée du Louvre). En janvier 1504, Léonard siège à la commission qui doit décider du lieu d’exposition du David de Michel-Ange (1501-1504, galleria dell’Accademia, Florence). Il prend également part, comme ingénieur, à la guerre contre Pise.

Léonard de Vinci exécute plusieurs portraits au cours de cette seconde période florentine dont celui de la Joconde (1503-1506, musée du Louvre), le seul qui soit parvenu jusqu’à nous. Ce tableau constitue le témoignage le plus direct de la poétique de la natura naturans selon Léonard. Commande du marquis Francesco del Giocondo, l’œuvre figurant un énigmatique portrait de son épouse Mona Lisa n’a pas été terminée dans les temps, ce qui a permis à l’artiste de la conserver jalousement dans ses trésors personnels.

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