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Léonard de VinciArticle
Plan de l'article
Tout comme ses recherches et innovations artistiques, les théories scientifiques de Léonard de Vinci se fondent sur une observation méticuleuse et une documentation précise. De même, en science comme en art, le génie abandonne souvent ses travaux pour passer à de nouveaux projets. Cependant, même si sa démarche n’est pas aussi scientifique que celle de Nicolas Copernic ou de Galilée, Léonard a lancé de nombreuses pistes d’étude sur des théories et / ou réalisations ultérieures. On ne possède pas de traité complet rédigé de sa main. Son apport théorique réside en des notes assemblées dans de nombreux carnets, écrites de droite à gauche dans un langage crypté afin de protéger ses inventions. Ces textes sont aujourd’hui répartis entre la bibliothèque du Vatican (Rome), celle de l’Institut de France (Paris), la British Library (Londres), la Bibliothèque nationale (Madrid) et la collection particulière de William Gates III (Seattle).
Ses centres d’intérêt scientifique sont multiples : la lumière, la mécanique, l’hydraulique, l’architecture, la biologie, etc. Vers l’âge de 30 ans, alors qu’il est à Milan à la cour du duc de Sforza, Léonard réalise que tout son savoir est lié, que tout réside dans des lois universelles. Ainsi, faisant une analogie entre mathématiques et biologie, il travaille à l’étude du corps humain qu’il parvient à inscrire dans un cercle parfait : c’est le célèbre dessin de « l’homme vitruvien » que Léonard effectue pour le traité de Luca Pacioli, De divina proportione (1496). Parallèlement, Léonard pratique la dissection de cadavres animaux et humains, ce qui lui permet de mieux saisir les liens, les articulations et les mouvements du corps. Il s’attelle alors à retranscrire avec grand soin les os, les nerfs, les muscles et leurs points de liaison. Dans le domaine de la physiologie, Léonard s’intéresse plus particulièrement à l’étude de la circulation du sang et à l’action de l’œil — pour lui, l’observation est, avec l’intelligence, l’élément primordial du savoir. De même, il rapproche la science, la technique et l’art pour étudier le vol de l’oiseau, qui lui paraît reproductible grâce aux lois mathématiques ; de nombreux croquis de machines volantes parsèment les notes de ce génie de la Renaissance et, bien que rien n’atteste qu’il a construit l’un de ces engins, ces croquis contiennent en germe plusieurs principes aérodynamiques.
Au terme de sa réflexion analogique, Léonard de Vinci affirme que macrocosme et microcosme suivent des lois similaires. Ainsi, la Terre (macrocosme) serait un organisme vivant au même titre que le corps humain (microcosme). Selon lui, le flux et le reflux de la mer correspondraient à une respiration terrestre, proche de celle du corps humain ; les rivières seraient les veines alimentant tout un système d’irrigation de cet organisme. Passionné par la nature et ses forces, il se consacre plus particulièrement à un traité sur la nature touchant essentiellement à l’étude de l’eau et de ses mouvements. C’est dans ce cadre qu’il figure parmi les pionniers de l’hydraulique, concepteur de plans de canalisation des rivières (qui ont encore une valeur pratique) et probablement inventeur de l’hydromètre. Il met au point les plans de nombreuses machines, restant le plus souvent à l’état théorique, comme le scaphandre. Son intérêt pour la peinture l’amène à se concentrer sur les différentes phases de la Lune. Parallèlement, par ses travaux en astronomie, il arrive à la conclusion (erronée) que la Lune ne peut être lumineuse que parce qu’elle est recouverte d’eau réfléchissant les rayons du Soleil. Enfin, ses études sur la météorologie et la géologie lui ont fait entrevoir la conception moderne de la formation des continents et présumer l’origine des coquillages fossilisés. Artiste de génie, scientifique curieux et inventeur inlassable, Léonard de Vinci mérite sans doute plus que tout autre le titre d’Homo Universalis, « homme universel ».
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