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Grèce antique, art de laArticle
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Présentation ; Période géométrique (v. 1050-700 av. J.-C.) ; Période orientalisante (v. 700-625 av. J.-C.) ; Période archaïque (v. 625-480 av. J.-C.) ; Période classique (v. 480-323 av. J.-C.) ; Période hellénistique (v. 323-31 av. J.-C.)
La peinture grecque atteint son apogée avec Apelle, portraitiste d'Alexandre ; les auteurs anciens louent la grâce (charis) qui faisait sa supériorité. La Naissance d'Aphrodite et son allégorie de la Calomnie sont les plus célèbres de ses œuvres, malheureusement disparues. Matériellement, la peinture n'est plus connue seulement par des reflets comme les stèles peintes et les copies romaines ; quelques fresques originales ont été découvertes en Macédoine, notamment dans les sépultures royales où des œuvres de grands maîtres seraient à leur place. La Petite Tombe de Vergina (v. 350 av. J.-C.) abrite un Enlèvement de Perséphone par Hadès attribué au peintre Nikomachos. Les figures se détachent sur le fond blanc, dessinées d'un trait rapide, soulignées par des hachures pour rendre les volumes ; la couleur est appliquée par touches selon une manière qualifiée d'impressionniste. L'ensemble est peu coloré, mais traduit profondeur et expression. Une scène de chasse surmonte la façade de la tombe de Philippe II, où l'on identifie le roi et son fils, Alexandre ; certains y voient une œuvre de jeunesse du peintre (Philoxénos d'Érétrie ?) de la Bataille d'Alexandre et Darios copiée dans une mosaïque de la Maison du Faune à Pompéi (musée archéologique national de Naples). La mosaïque grecque prend son essor au IVe siècle av. J.-C. ; réalisée à l'aide de galets naturels, elle offre un revêtement de sol décoratif comme un tapis et facile à laver. Les plus nombreuses proviennent des maisons d'Olynthe et forment des décors en noir et blanc. Les représentations figurées font prévoir le rapprochement ultérieur avec la peinture. La couleur fait son apparition dans les pavements d'une demeure d'Érétrie où l'on remarque un dégradé. La peinture de vases n'a plus une grande importance à Athènes ; les ateliers les plus actifs se trouvent en Sicile et en Italie du Sud, en particulier à Tarente, dans l'ancienne Apulie. Le décor est souvent surchargé, comme la forme ; l'influence du théâtre marque l'iconographie. Le style de Gnathia comporte des effets picturaux : les personnages ne sont plus réservés, mais peints sur le fond noir, de même que les enroulements végétaux tridimensionnels utilisés dans le décor.
L'art hellénistique se développe en Grèce et dans l'Orient conquis par Alexandre le Grand. Après une phase de conflits (v. 323-275 av. J.-C.), les réalisations les plus originales apparaissent dans les royaumes issus de la division de l'empire d'Alexandre le Grand (v. 275-150). Les grands centres d'art sont les villes nouvelles, en particulier Alexandrie en Égypte et Pergame en Asie Mineure ; les dynasties donnent libre cours à leur goût du grandiose et du luxe ; des formes mixtes naissent de la rencontre de l'art grec avec les traditions orientales. Le rôle de la Macédoine est relativement secondaire, de même celui d'Athènes, qui garde son prestige culturel. La troisième phase (150-31) correspond à la domination romaine. Entre le début du IIe siècle et 31 av. J.-C., date de la bataille d'Actium, où Octave, le futur empereur Auguste, écrase Antoine et Cléopâtre, dernière reine d'Égypte, les États grecs passent progressivement sous le contrôle des Romains. Mais, selon Horace, le vaincu subjugue son farouche vainqueur, d'ailleurs familiarisé de longue date avec l'art grec grâce aux colonies helléniques installées en Italie et par l'intermédiaire des Étrusques. Rome, où se concentre la richesse, accueille des masses d'œuvres rapportées par les généraux vainqueurs et attire les artistes grecs, dont les artistes romains deviennent les émules. L'art hellénistique reflète les traits marquants de son époque : individualisme, cosmopolitisme, goût de l'érudition et du théâtre, mysticisme et influence des religions orientales. Les progrès dans l'imitation de la réalité (mimésis) en constituent l'apport majeur, mais l'art est aussi marqué par une tendance tournée vers le passé. Porteur d'un réalisme à valeur universelle, il a un retentissement considérable, puisqu'on le décèle jusqu'en Chine.
L'architecture des temples montre une évolution, surtout à partir du IIe siècle. La tradition archaïque des diptères gigantesques se prolonge avec la reconstruction du temple ionique d'Apollon à Didymes, entreprise vers 310 av. J.-C. et l'Olympieion, temple de Zeus olympien que le roi de Syrie Antiochos IV fait élever à Athènes en 175 av. J.-C., sur les fondations d'un temple mis en chantier par Pisistrate. Le temple ionique d'Artémis à Magnésie du Méandre (seconde moitié du Ier siècle), bâti par Hermogénès, comporte des innovations qui en font pour Vitruve une des créations marquantes de l'architecture grecque. Les colonnes du péristyle (8 m sur 15 m) sont implantées à une distance des murs égale à deux entrecolonnements (plan pseudo-diptère). D'une manière générale, les temples deviennent plus petits et leur plan traduit une tendance à accentuer la façade. Au lieu d'être au centre d'un espace, visibles sous toutes les faces, ils tendent à se placer au fond. Certains sites permettent une mise en scène du temple qui domine un complexe impressionnant de terrasses et d'escaliers, comme aux sanctuaires d'Athéna à Lindos, à Rhodes (IIe siècle av. J.-C.) et d'Asklépios à Kos (v. 160 av. J.-C.). L'organisation d'autres sanctuaires prolonge la tradition classique avec une rigueur accrue. Des sanctuaires spécialement aménagés sont prévus pour les divinités orientales. Les ordres s'adaptent à des effets nouveaux. Les colonnes ioniques très espacées traduisent une recherche de légèreté qui entraîne aussi la diminution de la hauteur de l'entablement. Dans l'ordre dorique, les colonnes deviennent minces, presque sans galbe ; on compte 3 métopes par entrecolonnement à l'entablement des temples, 3 ou 5 dans les portiques. La partie inférieure du fût peut rester lisse tandis que, dans le haut, les cannelures laissent la place à des facettes. Désormais, l'ordre dorique et l'ordre ionique se combinent dans les colonnades extérieures et le chapiteau corinthien se répand dans le péristyle des temples ; l'architecte Cossutius l'emploie à l'Olympieion d'Athènes. L'architecture sacrée compte quelques autels monumentaux, dont celui que le roi Eumène II dédie sur l'Acropole de Pergame après ses victoires sur les Gaulois (entre 180 et 159 av. J.-C.). Les édifices cultuels perdent leur primauté au profit de l'architecture fonctionnelle, représentée par des bâtiments publics liés à la vie sociale, situés en majorité autour de l'agora. En général, ils existent auparavant sous des formes plus modestes. Un édifice remplit presque toutes les fonctions : le portique. Souvent de grande dimension, à plusieurs nefs et à étage, il peut abriter des salles contre le mur du fond. Pratique, il joue également un grand rôle esthétique, conférant un aspect monumental aux espaces qu'il borde, aussi bien dans les sanctuaires qu'en ville. Des portiques dignes d'une capitale apparaissent à l'époque hellénistique sur l'agora d'Athènes ; le portique offert par le roi de Pergame Attale II (159-138 av. J.-C.) a été reconstitué. Les installations spécifiques comprennent des salles de réunion destinées aux assemblées et équipées de gradins, comme le Bouleutérion de Milet (v. 170 av. J.-C.), des tribunaux, des théâtres, du type de celui d'Épidaure (v. 300), des bibliothèques, dont les plus célèbres se trouvaient à Pergame et à Alexandrie — qui possédait aussi un véritable centre de recherche, le Musée. Pour l'hygiène et le sport se multiplient des bains, des stades, des gymnases avec des pistes aériennes et couvertes et des palestres, ensembles de salles autour d'une cour à péristyle et cadres d'activités culturelles autant que physiques. S'y ajoutent des installations liées à l'artisanat, à l'industrie et au commerce : ateliers, boutiques, marchés, etc. Le phare d'Alexandrie, installé dans l'île de Pharos, compte parmi les Sept Merveilles du monde. Certains monuments funéraires s'inspirent du mausolée d'Halicarnasse. Les nécropoles d'Alexandrie comprennent quelques tombes aménagées comme des maisons et d'autres, moins riches, constituées de locaux simples aux murs percés de niches (loculi). Des niches apparaissent en Macédoine dans la Tombe de Lyson et Kalliklès, à Lefkadia. Des villes nouvelles, comme Doura Europos, présentent un plan orthogonal, dit hippodaméen d'après son inventeur supposé, Hippodamos de Milet ; il est déjà appliqué au Pirée, à Milet, à Olynthe (Ve siècle av. J.-C.), à Priène, à Kassopé (IVe siècle av. J.-C.). À Pergame est mise en œuvre une conception monumentale, qui compose par masse et s'adapte au terrain. Alexandrie offre une synthèse des deux systèmes. Les plans réguliers s'accompagnent de maisons standardisées, mais les belles demeures qui, depuis le IVe siècle, témoignent de l'enrichissement des particuliers, se propagent. Celles de Délos (IIe-Ier siècle av. J.-C.) comportent un péristyle autour de la cour intérieure et des pièces variées : salles de réception, salle à manger, cuisine, salle de bains, latrines, chambres et appartements des femmes à l'étage ; des locaux indépendants servant de boutiques s'ouvrent sur la rue. La fonction royale entraîne la construction de palais : grande maison à Vergina, complexe de jardins et de bâtiments à Alexandrie dont s'inspirent les façades très élaborées des tombes rupestres de Pétra (Jordanie) et les peintures pompéiennes du Deuxième Style. Des villes de plus en plus nombreuses s'entourent de remparts.
La sculpture renonce à privilégier la beauté et représente sans restriction les âges, les activités, les conditions sociales et les races. Elle explore la sensibilité et la conscience, traite de l'amour et de la souffrance mais aussi des états particuliers comme l'ivresse et le sommeil, conjugués chez le Faune Barberini (v. 200 av. J.-C., glyptothèque de Munich). L'intérêt pour l'individu bénéficie avant tout au portrait. Les effigies royales se multiplient, ainsi que les statues honorifiques de magistrats ou de riches bienfaiteurs et les figures d'écrivains ou de penseurs qui incarnent la culture et la grandeur de l'hellénisme. Deux tendances qui parfois fusionnent, l'une héroïsante, l'autre psychologique, infléchissent le réalisme. L'attention portée à la réalité s'étend au monde extérieur. La petite frise de l'autel de Zeus de Pergame situe dans son cadre chaque épisode de la légende de Télèphe (Pergamon Museum, Berlin). Des reliefs représentent des tableaux où les figures perdent de l'importance par rapport au paysage ou aux architectures du fond. Sur ce courant réaliste se greffent un goût pour l'exotisme et une veine qualifiée de rococo qui met l'accent sur les sujets mineurs, charmants ou bizarres, essentiellement décoratifs. Le baroque est la plus impressionnante des nouvelles formes de goût. Il s'exprime d'abord dans des créations pergaméniennes, dont un groupe statuaire en bronze dédié sur l'acropole de Pergame par Attale Ier à la suite de ses victoires sur les Galates (v. 230 av. J.-C.). L'attitude pathétique et théâtrale du chef galate debout (musée national romain, Rome), se donnant la mort après avoir tué sa femme, est exemplaire et l'accentuation des veines et des muscles crée une tension dramatique. Ce style se retrouve dans le groupe de Ménélas soulevant le cadavre d'Hector (Groupe Pasquino, Loggia dei Lanzi de Florence). Les sculpteurs de Rhodes l'amplifient. On leur attribue la Victoire de Samothrace (v. 190 av. J.-C., musée du Louvre), des groupes célèbres comme le Taureau Farnèse (museo nazionale di Capodimonte, Naples), le Laocoon et ses fils (IIe siècle av. J.-C. ?, musées du Vatican) au pathétique outré, ainsi que la Gigantomachie sculptée en haut relief sur le podium de l'autel de Zeus à Pergame, pleine d'excès, mais contenant aussi des références classiques (Pergamon Museum, Berlin). L'admiration pour l'art du passé s'accompagne de la constitution de collections et de la production de copies et d'œuvres dérivées, en particulier à la demande des Romains. Le style archaïsant reprend les types archaïques en exagérant la stylisation et le raffinement, à la recherche d'effets décoratifs qui s'épanouissent dans le relief. Le style néoclassique (ou néoattique) s'inspire du maniérisme de la fin du Ve siècle et concerne surtout des vases de pierre comme le Cratère Borghèse (fin du IIe siècle av. J.-C., musée du Louvre). Certains artistes font revivre l'esprit classique dans des créations plus libres ; la Vénus de Milo (v. 100 av. J.-C., musée du Louvre) en est un exemple célèbre. Des figurines de terre cuite réalistes sont fabriquées en Asie Mineure, à Myrina et à Smyrne. Le Style de Tanagra (330-200 av. J.-C.), d'origine attique mais nommé ainsi d'après la cité de Béotie où ont été effectuées les premières trouvailles, comprend des femmes et des jeunes filles debout, drapées avec élégance, les Tanagras par excellence, mais aussi d'autres sujets. Les petits bronzes d'Alexandrie montrent les jeunes Nubiens noirs, présents dans la ville.
D'après l'ensemble des témoignages, la peinture atteint la plénitude de ses moyens. Aux thèmes tirés de l'histoire, de la religion et de la mythologie qui peuvent frapper l'imagination ou déclencher l'horreur et la pitié, s'ajoutent des sujets anecdotiques et vils, scènes populaires, natures mortes, etc. Le paysage se développe avec le goût des citadins pour la campagne. Une forme de décoration murale imitant une construction luxueuse par le stuc modelé et coloré se répand sur les parois ; le Premier Style pompéien en est une manifestation. Elle se combine avec des figures et annonce les effets illusionnistes du Deuxième Style. La perspective géométrique reste à perfectionner pour que toutes les lignes convergent vers un point de fuite unique. La mosaïque de galets, illustrée par les pavements de Pella (v. 300 av. J.-C.), est remplacée au cours du IIIe siècle par l'opus tessellatum, à base de tesselles, petits cubes de pierre et d'autres matériaux colorés ; leur taille peut être inférieure à 0,5 cm dans l'Opus vermiculatum qui permet à la mosaïque de rivaliser avec la peinture, comme dans la Bataille d'Alexandre (musée archéologique national de Naples). Des vases polychromes sortent des ateliers siciliens de Lipari et de Centuripe. La vaisselle d'or, d'argent, de faïence et de verre est une spécialité d'Alexandrie, d'où provient également la Tasse Farnèse, taillée en camée dans une agate (v. 100 av. J.-C., diamètre : 20 cm ; musée archéologique national de Naples). L'art grec a été hautement valorisé, sans être toujours pleinement compris. Le terme classique, digne d'être étudié dans les classes, s'applique à une période de l'art grec, mais aussi à l'Antiquité grecque et romaine dans son ensemble ; il est par ailleurs synonyme de sobre ou de traditionnel. Les artistes de la Renaissance (XVe-XVIe siècle), à partir des copies romaines, et le style néoclassique (XVIIIe-début du XIXe siècle), après la découverte de Pompéi, ont imité l'art grec et donné dans l'académisme. Notre époque reconnaît la richesse et la virtuosité de l'art hellénistique, longtemps jugé décadent et même méprisé, mais apprécie surtout l'art archaïque dont les originaux exhalent la fraîcheur et la vie.
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