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Paris

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Tour Eiffel (Paris)Tour Eiffel (Paris)
Plan de l'article
6.7

Le Paris classique et les Lumières

Au milieu du xviie siècle, une conjoncture de baisse des prix et l’instauration par Mazarin de nouveaux impôts à Paris motivent le mécontentement des Parisiens et sont à l’origine des troubles de la Fronde (1648-1652), qui provoquent le départ du jeune roi Louis XIV : journée des Barricades (26 août 1648), bataille du faubourg Saint-Antoine (2 juillet 1652). Louis XIV, gardant en mémoire le souvenir de la Fronde, délaisse Paris et part s’installer avec sa cour à Versailles (1680). Toutefois, Paris reste le siège du Parlement et la capitale économique du pays.

Les constructions majestueuses se poursuivent sous l’autorité de Colbert, qui fait appel à de grands architectes (François Mansart, Claude Perrault) : achèvement du Louvre (colonnades de Perrault), création de l’Observatoire, hôtel des Invalides, hôpital de la Salpêtrière, place Louis-le-Grand (actuelle place Vendôme), place du Carrousel, jardin des Tuileries, manufacture des Gobelins, portes monumentales (arcs de triomphe des portes Saint-Denis et Saint-Martin). Ce faste architectural contraste fortement avec le Paris des travailleurs, surpeuplé, misérable (disettes) et dangereux. Une charge de lieutenant de police est créée en 1667. L’éclairage public des rues la nuit est instauré. Le contraste entre ces deux Paris s’accentue sous la Régence et sous Louis XV. Celui-ci fait construire la vaste place de la Concorde (ancienne place Louis-XV) et la perspective des Champs-Élysées. L’architecte Germain Soufflot édifie l’église Sainte-Geneviève (Panthéon). La fièvre des affaires, le développement des banques, de la finance et du négoce entraînent une forte spéculation immobilière, avec la construction de beaux immeubles et de magnifiques hôtels particuliers (hôtel Crillon). L’expansion urbaine de Paris se poursuit vers le nord (quartier de la Chaussée-d’Antin) et vers l’ouest. En 1789, la ville compte plus de 600 000 habitants.

Le rayonnement de Paris, capitale intellectuelle et culturelle de l’Europe, atteint son apogée au xviiie siècle. La vie littéraire et artistique se développe dans les églises (musique baroque), les théâtres (Odéon, future Comédie-Française), les salons (Mme de Tencin, Mme Geoffrin, Mme de Lambert) et les cafés, qui se multiplient (Le Procope). Les idées des encyclopédistes y connaissent une grande diffusion.

6.8

La Révolution

La crise économique et sociale et le coût de la vie provoquent à Paris des émeutes prérévolutionnaires (faubourg Saint-Antoine, 28 avril 1789). Tandis que les États généraux, réunis à Versailles en mai-juin 1789, procèdent à une révolution bourgeoise et pacifique, substituant à la monarchie absolue une monarchie constitutionnelle, Paris, confrontée à la disette, s’engage dans une révolution violente et créé sa propre milice. La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, permet à la population de s’armer. À la suite d’un incident (« banquet des gardes du corps »), la foule parisienne en colère se porte à Versailles pour ramener le roi et sa famille à Paris. Mais la fuite du roi (20 juin 1791), puis la fusillade du Champ-de-Mars (17 juillet 1791) marquent la rupture de la capitale et du roi. Le mouvement révolutionnaire s’accentue tandis que les milieux populaires sont gagnés par un état d’esprit égalitaire, impulsif et violent (« sans-culottisme »). Il débouche sur l’instauration de la Ire République et de la Terreur (voir Révolution française).

6.9

Aménagements et grands travaux

Pendant la Révolution et sous Napoléon Ier, la suprématie de Paris sur le reste du pays s’accroît. Une politique de grands travaux est entreprise par Napoléon, qui rêve de faire de Paris le miroir de la France et la capitale de l’Europe : agrandissement du Louvre, Arc de Triomphe, colonne Vendôme, achèvement du Panthéon, église de la Madeleine. D’importants aménagements sont apportés en matière d’équipements publics : réseaux d’égouts, ponts, quais, hôpitaux, création d’abattoirs et de marchés (halles au blé et au vin), construction du canal de l’Ourcq. L’embellissement et l’équipement de Paris se poursuivent tout au long du xixe siècle (Restauration, monarchie de Juillet, second Empire).

Parallèlement, la ville demeure politiquement agitée et connaît plusieurs insurrections (révolution de juillet 1830, de février 1848, Commune de Paris de 1871), tandis que s’effectue sa grande mutation sociale et économique (révolution industrielle et des transports, immigration massive). Une population trop nombreuse d’artisans pauvres, de petits boutiquiers et d’ouvriers commence à s’entasser à l’est de la capitale. Les limites urbaines ayant reculé, le chef du gouvernement Louis Adolphe Thiers ordonne en 1844 la réalisation d’une nouvelle enceinte, à l’emplacement de l’actuel Boulevard périphérique.

La centralisation politique, administrative, économique et culturelle en faveur de la capitale est renforcée sous le second Empire. L’empereur Napoléon III nourrit de hautes ambitions pour Paris et, à partir de 1852, avec le préfet de la Seine, le baron Georges Haussmann, impose à la ville une partie de sa physionomie actuelle. Elle est remodelée à la fois dans un souci d’urbanisme et de maintien de l’ordre public. Entouré de nombreux ingénieurs dont Jean-Charles Alphand, le baron Haussmann entreprend de grands travaux d’embellissement, d’assainissement et d’équipements modernes de la capitale : nouveaux égouts, réservoirs, éclairage au gaz, aménagements des espaces verts (parc des Buttes-Chaumont au nord et parc Montsouris au sud, conçus sur le site d’anciennes carrières, jardins du bois de Boulogne à l’ouest et du bois de Vincennes au sud-est), agrandissement des gares et création de la « Petite Ceinture » (ceinture de chemin de fer périphérique), construction de nouveaux ponts, d’hôpitaux (Lariboisière, Sainte-Anne), du Théâtre de l’Opéra (par Charles Garnier), de la place de l’Étoile (aujourd’hui place Charles-de-Gaulle). Le centre de la capitale est percé de grandes avenues rectilignes, bordées d’immeubles cossus et bourgeois : axe méridien (boulevard Saint-Michel, boulevard de Sébastopol), axe transversal (rue de Rivoli, avenue Daumesnil), Grands Boulevards, boulevard Saint-Germain. Les grandes Halles centrales sont réaménagées, avec la création des pavillons de Victor Baltard.

6.10

La Commune de 1871

L’essor industriel de la ville s’accompagne d’une véritable explosion démographique (1,8 million d’habitants en 1871). Le refoulement de la population ouvrière vers les quartiers périphériques orientaux, déjà surpeuplés, accentue encore le déséquilibre social entre l’est et l’ouest de la capitale. La chute du second Empire (4 septembre 1870), la guerre franco-prussienne de 1870-1871 (siège de Paris, septembre 1870-janvier 1871 ; capitulation de Paris, 28 janvier 1871) et le transfert de l’Assemblée et du gouvernement Thiers à Versailles provoquent une nouvelle révolution parisienne, soutenue par l’Association internationale des travailleurs, la Commune de Paris (mars à mai 1871). Les communards brûlent une grande partie du centre de la ville et 20 000 Parisiens sont tués en défendant la ville contre les troupes de la IIIe République (les « versaillais »). La Commune est la dernière grande insurrection parisienne.

Paris connaît, sous la IIIe République, une forte prospérité économique, marquée par les Expositions universelles de 1878, de 1889 (construction de la tour Eiffel) et de 1900 (construction du Grand et du Petit Palais, du pont Alexandre-III et du premier métropolitain). Au sommet de la butte Montmartre est construite la basilique du Sacré-Cœur (1876-1910), et des quartiers nouveaux s’étendent à l’ouest (Trocadéro, Passy, Auteuil). Alimentée par un exode rural massif, la population parisienne compte plus de 2,5 millions d’habitants en 1896. La ville connaît à nouveau un extraordinaire foisonnement culturel et artistique, sur le plan littéraire (Émile Zola, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Pierre Reverdy, etc.) et surtout sur le plan de la peinture avec les impressionnistes (Monet, Renoir, Pissarro), puis, au début du xxe siècle, avec les peintres du Bateau-Lavoir et Henri de Toulouse-Lautrec à Montmartre.

6.11

Le xxe siècle

Pendant la Première Guerre mondiale, l’armée de Paris est mobilisée pour stopper l’avancée des troupes allemandes vers la Marne (taxis de la Marne). En 1918, des bombardements allemands, effectués notamment par des dirigeables (Zeppelin) et des avions (Gotha), frappent la capitale. L’expansion urbaine reprend durant l’entre-deux-guerres. Débordant ses dernières enceintes, la capitale commence à s’étendre sur tout le département de la Seine. Les fortifications sont démolies et remplacées par une ceinture de boulevards extérieurs (boulevards des Maréchaux). Un nouveau matériau, le béton, fait son apparition. Utilisé par les architectes Auguste Perret et Le Corbusier, il favorise, plus tard, le développement d’une banlieue tentaculaire et un renouveau architectural.

Une vie intellectuelle et artistique, toujours très intense et cosmopolite, se développe dans le quartier de Montparnasse dont les cafés sont fréquentés par Paul Éluard, Pablo Picasso, Louis Aragon, Ernest Hemingway, Jean Cocteau ou encore André Breton. À la même époque, la capitale est secouée par des grèves syndicales et de violentes manifestations populaires, conduites par l’extrême droite nationaliste (1934) ou par les partis ouvriers (1936).

Au début de la Seconde Guerre mondiale, après le départ du gouvernement pour Tours (10 juin 1940), Paris, qui n’est plus défendue, est occupée par l’armée allemande (14 juin 1940). La capitale connaît, sous l’Occupation, l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Dès 1941 se forment des groupes de résistance, rapidement fédérés dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI) sous l’autorité du Conseil national de la Résistance. À l’opposé, la collaboration des autorités parisiennes et nationales avec l’occupant nazi débouche sur de multiples arrestations et déportations de juifs et de résistants, ainsi que sur des exécutions sommaires d’otages (mont Valérien). Lors de la grande rafle de juillet 1942, 30 000 juifs parisiens sont arrêtés le même jour et envoyés dans des camps d’extermination (voir rafle du Vel’ d’Hiv). À l’approche des troupes alliées, les FFI de la capitale donnent le signal de l’insurrection (19 août 1944), inaugurant ainsi la libération de Paris. Ils reçoivent le soutien de la police municipale et d’une grande partie de la population. La 2e division blindée du général Leclerc entre dans Paris le 24 août 1944. Le général allemand von Choltitz, gouverneur militaire de Paris, désobéissant aux ordres d’Hitler, refuse de faire sauter les ponts et les principaux édifices de Paris qui avaient été minés. Il se rend à Leclerc le 25 août. Le général de Gaulle arrive à Paris le 26 août, où il reçoit un accueil triomphal (descente des Champs-Élysées).

Paris sort de la guerre relativement peu endommagée. La croissance urbaine et économique reprend durant les années euphoriques des Trente Glorieuses. Une grave crise du logement entraîne la construction hâtive de vastes ensembles immobiliers en béton à la périphérie de la ville et dans les banlieues. Dans les années 1959-1960, la vie intellectuelle parisienne foisonne dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés (Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir).

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