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Plan de l'article
Présentation ; Italie ; Allemagne et Autriche ; Haydn et Mozart ; Beethoven ; XIXe siècle ; XXe siècle
symphonie, composition musicale pour orchestre constituée généralement de quatre parties contrastées, ou mouvements. Le terme vient du grec sun, « ensemble » et phônê, « son » (« musique pour ensemble »). Il fut appliqué pour la première fois au XVIe siècle aux interludes instrumentaux de formes musicales telles que la cantate, l'opéra et l'oratorio. La « Symphonie pastorale » du Messie de Haendel (1742) en est un bon exemple. La symphonie, au sens moderne du terme, apparut au début du XVIIIe siècle.
Vers 1700, les ouvertures de l'opéra italien (appelées sinfonie) se stabilisèrent dans une forme en trois mouvements dans l'ordre rapide-lent-rapide, le dernier étant souvent un menuet. Ces ouvertures, dont le thème n'avait aucun rapport avec les opéras qu'elles introduisaient, étaient souvent exécutées comme pièces de concert. Des compositeurs italiens comme Tomaso Albinoni, Giovanni Battista Sammartini et Antonio Vivaldi écrivirent des sinfonie indépendantes ayant cette structure. Comme le premier mouvement des symphonies, mais souvent aussi les suivants, adoptèrent rapidement la forme sonate, les différents précurseurs de cette dernière façonnèrent également le développement de la symphonie. Un troisième facteur d'influence fut l'intermezzo de type napolitain (opéra comique court), dans lequel, pour des besoins de clarté du texte, les mélodies étaient des combinaisons de motifs mélodiques courts et clairs soutenus par des harmonies simples (par opposition à l'accompagnement élaboré et harmoniquement complexe que l'on rencontre souvent dans la musique antérieure). Les compositeurs disposèrent là d'un matériau brut qu'ils purent à nouveau combiner, harmoniser et développer, ce qui aboutit à la forme sonate.
Vers 1740, la symphonie devint le principal genre de musique orchestrale dans les centres importants de composition, notamment à Mannheim, Berlin et Vienne. Le compositeur tchèque Johann Stamitz, qui donna à l'orchestre de Mannheim une renommée internationale, l'exploita au maximum dans ses symphonies. Il fut l'un des premiers à ajouter un quatrième mouvement, un final rapide à la suite du menuet. Dans ses mouvements en forme sonate, le second thème présente souvent un caractère en contraste total avec le premier. À Berlin, les compositeurs Johann Gottlieb Graun et C.P.E. Bach (le frère de J.S. Bach) écrivirent des symphonies en trois mouvements peu contrastés, mais accentuant fortement le développement thématique et l'expression des émotions. À Vienne, les symphonies en quatre mouvements prédominèrent, avec une grande importance accordée au premier. Les instruments à vent (voir Musique, instruments de) furent davantage exploités et un soin particulier fut apporté à l'intégration mélodique ; par exemple, la transition entre les thèmes utilisait parfois de courts fragments d'un thème principal. Les compositeurs viennois les plus importants furent Georg Matthias Monn et Georg Christoph Wagenseil. Un autre frère de J.S Bach, J.C. Bach, qui étudia en Italie et travailla à Londres, et dont les symphonies sont empreintes de la grâce mélodique italienne, exerça également une grande influence.
Le compositeur autrichien Joseph Haydn, le premier des grands symphonistes viennois, ne cessa d'expérimenter de nouveaux procédés et techniques de composition orchestrale. Il composa cent sept symphonies, dont il allongea et étendit considérablement la forme. Ses premiers mouvements sont souvent précédés de brèves introductions ; les mouvements de sonate évitent le contraste thématique ; les finales, en forme sonate ou rondo, ont une vigueur et un poids inconnus dans les ouvrages des compositeurs précédents. Il fit un usage fréquent du contrepoint (lignes mélodiques entrelacées) qu'il intégra dans le style symphonique. Ces caractéristiques prédominèrent même dans ses symphonies destinées à une circonstance spéciale, comme celle des Adieux (1772), dans laquelle les musiciens quittent la scène tour à tour. Haydn et Wolfgang Amadeus Mozart se sont mutuellement influencés dans leur technique symphonique. Mozart, qui fut l'un des grands maîtres du genre, fit preuve d'une richesse d'imagination inégalée dans ses quarante et une symphonies. Parmi les plus célèbres figurent celle de Linz (n° 36, 1783), Prague (n° 38, 1786) et Haffner (n° 35, 1782) ; avec ces trois dernières — en mi bémol majeur, en sol mineur et Jupiter (toutes de 1788) —, la symphonie passa du statut de divertissement à celui de moyen d'expression d'une grande profondeur.
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