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Résultats avec Windows Live® Search Turner, Joseph Mallord WilliamArticle
Plan de l'article
Présentation ; Une brillante carrière artistique ; Évolution du pinceau de Turner ; Principales thématiques d’un virtuose
Turner, Joseph Mallord William (1775-1851), aquarelliste et peintre britannique. Parfaite antithèse de son contemporain John Constable, Turner est particulièrement célèbre pour son traitement dynamique des effets lumineux naturels dans les paysages et les marines. Il a laissé une œuvre prolifique — quelque 282 peintures et environ 19 000 aquarelles et dessins — qui a anticipé et influencé les artistes ultérieurs, des impressionnistes aux peintres modernes.
Né à Londres le 23 avril 1775, Joseph Mallord William Turner, fils d’un barbier perruquier de condition modeste, est admis aux écoles de la Royal Academy en décembre 1789. Pendant quatre ans, il y étudie les arts, travaillant en parallèle les techniques de l’aquarelle auprès du peintre Thomas Malton. En 1790 (il a alors quinze ans), Turner expose pour la première fois une aquarelle à l’Académie, le Palais de l’archevêque, Lambeth (Indianapolis Museum of Art), œuvre qui retient particulièrement l’attention des critiques. L’année suivante, afin de s’imprégner directement des atmosphères, des lieux et des lumières de la nature, il commence à voyager en Angleterre et au pays de Galles — puis bientôt en Écosse. En 1794, il participe aux réunions artistiques du docteur Thomas Monro (où il rencontre le peintre Thomas Girtin) qui l’incite à faire des copies et des aquarelles des œuvres de John Robert Cozens et d’autres paysagistes. C’est au cours de cette expérience de « copiste » que Turner s’initie à la subtilité des couleurs. En 1796, Turner expose pour la première fois l’une de ses peintures à l’huile à l’Académie — Pêcheurs en mer (Tate Britain, Londres). C’est le début d’une longue tradition d’exposition annuelle pour l’artiste à la renommée grandissante. En 1799, Turner, alors âgé de vingt-trois ans, est élu membre associé de la Royal Academy puis, en février 1802, membre à part entière de la prestigieuse institution. Après la paix d'Amiens de 1802 et l’ouverture des frontières, Turner découvre l’Europe, notamment la France, la Suisse, la Hollande, l’Allemagne et l’Italie (à partir de 1819) ; dès lors, il s’imprègne des méthodes picturales de ses homologues européens, des paysages et des lumières nouvelles qui le fascinent — notamment les couleurs des paysages italiens dont la lumière exerce une influence considérable sur son œuvre. En 1804, il aménage une galerie privée à Londres où il présente ses œuvres aux tonalités révolutionnaires. Très influencé par l’œuvre du peintre français Claude le Lorrain, Turner entreprend en 1807 la vaste tâche de répertorier à son tour sa propre production dans le Liber Studiorum (1807-1819), un recueil de gravures, resté inachevé, qui propose une classification des types de paysages à l’image de celui de l’artiste du xviie siècle. Bientôt il répond à des commandes d’illustration de textes littéraires : illustrations du poème « Italy » de Samuel Rogers (1828), gravures de Picturesque Views in England and Wales de Charles Hearth (1827-1838), vignettes pour une édition des œuvres complètes de lord Byron (1832), dessins pour Landscapes Illustrations of the Bible (1835), etc. En 1840, il rencontre le critique d’art John Ruskin qui lui apporte un soutien inconditionnel depuis 1836 — notamment dans son traité les Peintres modernes (1843-1860). En juillet 1845, après avoir enseigné pendant de nombreuses années la perspective à la Royal Academy de Londres (1811-1828), il assume temporairement la présidence de l’Académie en tant que doyen des académiciens. En 1846, Turner se retire de la vie publique et s’installe à Chelsea (Londres). Il y meurt le 19 décembre 1851, léguant sa collection et sa fortune à son pays. Il est inhumé quelques jours plus tard en la cathédrale Saint-Paul de Londres, entre les dépouilles des grands portraitistes sir Joshua Reynolds et sir Thomas Lawrence.
Les premières œuvres de Turner sont surtout des aquarelles et ses sujets des paysages : le Panthéon le lendemain de l’incendie (1792, aquarelle sur crayon, British Museum, Londres) ou la Cathédrale de Lincoln (1795, aquarelle sur crayon, British Museum). À partir de 1796, il commence à exposer ses premières peintures à l'huile, imprégnées de la vibration chromatique déjà présente dans ses aquarelles — la Dixième Plaie d’Égypte (1802, huile sur toile, Tate Britain, Londres). De son premier voyage sur le continent (1802), Turner rapporte la technique picturale des peintres français du XVIIe siècle, Nicolas Poussin et surtout Claude le Lorrain. L'utilisation que fait ce dernier des variations atmosphériques transparaît dans Lever de soleil dans la brume : pêcheurs nettoyant et vendant le poisson (1807, huile sur toile, The National Gallery, Londres) et son traitement des formes architecturales est manifeste dans Didon construisant Carthage ou la montée de l’Empire carthaginois (1815, toile, The National Gallery, Londres) et dans son pendant, le Déclin de l’Empire carthaginois (1817, toile, Tate Britain). Malgré ces influences fortes, sa peinture jusqu’alors classique se fait plus romantique comme le souligne prosaïquement l’écrivain Oscar Wilde : « Avant Turner, il n’y avait pas de brouillard à Londres ». Dans les scènes mythologiques et historiques pittoresques qu’il dépeint, les couleurs sont désormais tamisées tandis que les détails et les contours sont mis en évidence. Son premier voyage en Italie, en 1819, marque également un tournant dans la peinture de Turner. À son retour, ses œuvres sont caractérisées par des couleurs plus brillantes et par la diffusion de la lumière. Dans Rome vue du Vatican, Raphaël accompagné de la Fornarina prépare ses tableaux pour la décoration de la loggia (1820, huile sur toile, Tate Britain), la Baie de Baiae, Apollon et la sibylle (1823, huile sur toile, Tate Britain) et Ulysse raillant Polyphème (1829, huile sur toile, The National Gallery, Londres), l'utilisation de la lumière donne une radiance particulière aux couleurs et adoucit les ombres, les formes architecturales et topographiques. Au cours de cette période, il réalise également une série de vues de Venise à l'aquarelle, notamment Venise : San Giorgio Maggiore vu de la Dogana (1819, British Museum), Orage à Venise (1840, British Museum) ou le Grand Canal à Venise (1840, British Museum). Le génie artistique de Turner atteint son apogée dans les œuvres telles que Tempête de neige, vapeur au large d’un port (1842, huile sur toile, Tate Britain), Paix, funérailles en mer (1842, huile sur toile, Tate Britain) et Pluie, vapeur et vitesse (1844, The National Gallery, Londres). Utilisant à l’extrême l’abstraction qui caractérise ses dernières compositions, il parvient à un sens vibrant des forces en représentant les objets comme des masses indistinctes à l'intérieur d'un halo de couleurs chaudes. Contemporain de la révolution industrielle, il centre alors ses compositions autour d’un tourbillon qui n’est pas sans évoquer « la lumière spéciale née des brumes industrielles » (Roland Marx). Parmi les autres œuvres célèbres de cette période, citons le Vaisseau de ligne « le Téméraire » remorqué à son dernier mouillage pour y être démoli, 1838 (1839, The National Gallery, Londres) et Arrivée à Venise (1844, National Gallery of Art, Washington).
Artiste passionné, dévoué à son art, Turner offre sa vie entière à sa peinture. Ses multiples voyages n’ont pour objectif que de lui procurer des sources d’inspiration nouvelle, des moyens de poser rapidement sur le papier ce que son œil dévore. De sa modeste condition d’origine, Turner ressent un profond désir de plaire. Sans doute est-ce l’une des raisons de son choix de se consacrer à l’art considéré comme majeur par les académiciens, la peinture de paysage historique. Perfectionniste, il n’achève que peu de tableaux, qu’il reprend et améliore année après année — environ la moitié de sa production est considérée comme inachevée. Turner est avant tout un adorateur de la lumière. La lumière est partout, dans toutes ses compositions, de la lumière directe du soleil ou de la lune, à sa diffuse propagation dans l’univers qu’il dépeint. Certains commentateurs de l’œuvre de Turner ont même parlé de « matrice » de lumière. Romantique attiré par la beauté de la nature, Turner, s’il a peint de nombreux paysages de montagne — Avalanche dans les Grisons (1810, huile sur toile, Tate Britain) ou Tempête de neige : Hannibal et son armée traversant les Alpes (1812, huile sur toile, Tate Britain) —, est plus volontiers un homme d’eau, fasciné par l’immensité, l’énigme, la violence ou la monotonie de la mer. Les eaux plus calmes lui permettent de jouer de la perspective en usant des reflets de la nature sur leur surface : la Terrasse de Mortlake, résidence de William Moffatt, un soir d’été (1827, huile sur toile, National Gallery of Art, Washington) ou le Canal de Chichester (v. 1829, huile sur toile, Tate Britain). Le feu enfin, élément antagoniste de l’eau, lui offre à son tour l’occasion de s’exalter : l’Éruption de la Soufrière, dans l’île Saint-Vincent, le 30 avril 1812 d’après un croquis d’Hugh P. Keane (1815, huile sur toile, University of Liverpool) puis l’Éruption du Vésuve (1817, aquarelle, collection Paul Mellon, Yale Center) ou l’Incendie de la Chambre des lords et des communes, le 16 octobre 1834 (1835, huile sur toile, Philadelphia Museum of Art, Philadelphie).
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