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Plan de l'article
Venise, en italien Venezia, ville et port maritime du nord-est de l’Italie, capitale de la Vénétie et de la province de Venise, sur la mer Adriatique. La ville est construite dans une lagune, protégée de la mer par un cordon littoral (le Lido), à l’embouchure du Pô et de la Piave. Elle s’étend sur 118 îlots séparés par 200 canaux.
L’économie vénitienne repose essentiellement sur le tourisme qui est particulièrement actif. De très nombreux visiteurs séjournent chaque année dans la ville, attirés par la richesse de son patrimoine architectural, mais aussi par les nombreuses manifestations culturelles et artistiques qui s’y déroulent (carnaval de Venise, festival du Cinéma, biennale). Venise est également célèbre pour son artisanat : verrerie et cristallerie dans l’île de Murano, dentelle de l’île de Burano, orfèvrerie. Les activités portuaires (chantiers navals, commerce maritime) et industrielles (chimie, aciéries, fonderies, raffinage pétrolier, mécanique) se sont développées sur le continent avec le complexe Porto Marghera à Mestre. Depuis la Seconde Guerre mondiale, nombre de Vénitiens ont quitté la ville historique pour venir s’installer à proximité des quartiers industriels, pourvoyeurs d’emplois. Le port de Marghera, qui gère la plus grosse partie du trafic maritime de la région, est relié à un canal, extension du canal de La Giudecca. Venise est reliée au continent par un pont routier et ferroviaire. Les nombreux canaux de la cité sont enjambés par 400 ponts. Le Grand Canal, d’une longueur de 3,8 km, serpente à travers Venise, du nord-ouest au sud-est, séparant la ville en deux parties. Les véhicules à moteur sont interdits dans la ville. Pendant des siècles, le moyen de transport le plus courant a été la gondole, un bateau à fond plat propulsé par une rame unique. Aujourd’hui, les gondoles sont principalement utilisées par les touristes ; des vedettes (vaporetti) assurent la majeure partie du transport de passagers.
Venise a dû relever de nombreux défis. Outre le départ d’une partie de sa population, la cité a subi d’importants dommages matériels résultant des inondations, de l’affaissement du plancher de la lagune lié au drainage des couches aquifères souterraines et de la pollution de l’air et des eaux. Tout au long de son histoire, la ville a connu des inondations. Après les inondations dévastatrices de 1966, l’Unesco coordonne une action internationale pour préserver la Venise historique, et de nombreux édifices sont rénovés et protégés. Le problème a été en partie résolu par la limitation de l’utilisation des nappes phréatiques, notamment pour les industries de Porto Marghera, et par la construction d’un aqueduc acheminant l’eau des Alpes voisines. Véritable ville-musée, Venise est considérée comme l’une des plus belles villes du monde. Les édifices et les ornements, qui vont du style byzantin à celui de la Renaissance, témoignent de la grande diversité des influences artistiques. La place Saint-Marc, le site le plus fréquenté de la ville, est le cœur historique de Venise. On y trouve les deux édifices les plus célèbres de Venise, la basilique Saint-Marc et le palais des Doges (Palazzo Ducale). Dominant la place, le campanile ou clocher de Saint-Marc, d’une hauteur de 91 m, fut bâti entre 874 et 1150 et reconstruit après qu’il se fut effondré en 1902. La basilique Saint-Marc, surmontée de cinq coupoles, a été construite entre 1047 et 1071 pour abriter les reliques de Marc l’évangéliste. Elle est un exemple étonnant de l’architecture byzantine. Sa façade sculptée date du XIVe siècle. L’intérieur, orné de mosaïques byzantines et Renaissance, révèle également un somptueux décor de marbres polychromes et abrite un trésor byzantin. Le palais des Doges, siège du gouvernement de la cité, jouxte la basilique. C’est un édifice remarquable de style gothique italien, construit au XIIe siècle, et dont quelques éléments furent remaniés au début de la Renaissance. Ses façades ajourées, ornées de colonnes, sont en marbre rose et blanc. L’intérieur renferme les appartements des doges et des salles somptueusement décorées par les grands peintres vénitiens comme le Tintoret (le Paradis) et Véronèse (l’Apothéose de Venise). Sur la place Saint-Marc se dressent également les deux palais des Procuraties, la Procuratie Vecchie (1496) et la Procuratie Nuove (1586), tous deux de style Renaissance. À l’époque de la République vénitienne, ils étaient la résidence des procurateurs, magistrats parmi lesquels le doge (le magistrat principal) était choisi. Le long des deux palais, des arcades construites au début du XIXe siècle sont occupées par des cafés et des boutiques. Près du palais des Doges s’élèvent deux célèbres colonnes de granit datant de 1180, l’une surmontée du lion doré de saint Marc, symbole de la ville, et l’autre de saint Théodore, patron des Études, qui se tient debout sur un crocodile. Derrière le palais des Doges se trouve le célèbre pont des Soupirs, qui relie le palais aux prisons publiques, et par lequel les prisonniers étaient conduits dans la salle de jugement puis ramenés à leur cellule. Trois ponts enjambent le Grand Canal, dont le plus connu est celui du Rialto (1588). Sur les rives du Grand Canal, la principale voie de circulation de Venise, on peut admirer d’anciens palais de l’aristocratie vénitienne, parmi lesquels se trouvent des chefs-d’œuvre de l’architecture gothique (Ca’Foscari, palais Grassi), Renaissance (palais Dario, palais Grimani) et baroque (Ca’Rezzonico). De nombreuses églises, parmi les quelque 200 édifices religieux que compte la ville, sont particulièrement intéressantes, notamment les églises San Giorgio Maggiore (XVIe siècle), face à la place Saint-Marc, sur l’île San Giorgio, Santa Maria della Salute (XVIIe siècle), à l’entrée du Grand Canal, San Giovanni in Bragora (XVe siècle), dans laquelle avaient lieu les cérémonies funéraires des doges, ou encore San Zanipolo (XIIIe-XVe siècle), dédiée aux apôtres Pierre et Paul. Parmi les autres curiosités de la ville figurent la statue équestre du condottiere Bartolomeo Colleoni, datant du XVe siècle, œuvre du grand artiste florentin Andrea Verrocchio, ou encore l’Arsenal, ancien chantier naval, ainsi que de nombreux jardins publics. Le Ghetto, ancien quartier réservé aux juifs, a été le premier d’Europe (1516). Il comporte les bâtiments les plus hauts de la ville car, situé à l’intérieur d’un périmètre limité, il n’a pu connaître qu’une expansion verticale pour accueillir les nouveaux arrivants. À l’est de Venise, des îles s’étendent en direction du Lido, ancien cordon littoral, aujourd’hui renforcé et aménagé en une station balnéaire réputée.
La ville, qui a donné naissance à une véritable école de peinture, possède de grands musées. Parmi les principaux, il convient de citer la galerie de l’Académie (Accademia) qui rassemble des œuvres de tous les grands peintres vénitiens (du XIVe au XVIIIe siècle), au nombre desquels Domenico Veneziano, Véronèse, le Tintoret, Titien, Canaletto, Giorgione, Giovanni Bellini et Carpaccio ; le musée Peggy Guggenheim, la Scuola di San Rocco et le musée Correr, musée historique et pinacothèque. De nombreux palais ont également été transformés en musées : la Ca’d’Oro, palais gothique du XVe siècle, sur le Grand Canal, qui abrite la collection Franchetti où l’on peut admirer les œuvres d’artistes tels que Carpaccio, Mantegna, Titien ou Guardi ; le palais Pesaro, de style baroque, également situé sur le Grand Canal, qui accueille le musée d’Art moderne et l’une des plus grandes collections européennes d’art oriental ; le palais Labia, qui présente des fresques de Tiepolo ; ou encore la pinacothèque du palais Querini-Stampalia. Venise a été un des grands centres de l’humanisme, grâce au développement de ses imprimeries et au mécénat qu’exercent les grandes familles (Contarini, Grimani, Vendramin, etc.). La Libreria Vecchia (« vieille bibliothèque ») renferme environ 13 000 manuscrits et 800 000 livres, d’une valeur considérable. La cité vénitienne possède également une longue tradition musicale. Des artistes comme Albinoni, Monteverdi ou Vivaldi furent formés ou accueillis à Venise. Le théâtre de La Fenice, inauguré en 1792, a vu la création de nombreux opéras du répertoire italien ; détruit par un incendie en janvier 1996, il a rouvert ses portes en décembre 2003.
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