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  • Maximilien de Robespierre - L'Histoire en Ligne

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  • Maximilien de Robespierre

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Robespierre, Maximilien de

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Maximilien de RobespierreMaximilien de Robespierre
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Le culte de l’Être suprême

Au fait de sa puissance, Robespierre obtient de la Convention nationale qu’elle institue, en mai 1794, une nouvelle religion officielle — le culte de l’Être suprême —, fondée en partie sur la théorie déiste de Rousseau. Ce décret souligne le fait que, sous Robespierre, la Révolution a substitué l’initiative de la base à la décision du centre.

Pour l’ancien avocat en effet, seule la détermination légale doit permettre de « substituer toutes les vertus et tous les miracles de la république à tous les vices et les vertus de la monarchie ». Autour d’un culte accessible à tous, Robespierre espère ainsi affranchir le pays de ses passions, de ses fractures. Mais le culte de l’Être suprême, expression du centralisme dictatorial, lui aliène les catholiques et les athées, car il fait renaître une religion d’État qui rompt avec le principe de la liberté de conscience.

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La puissance et la chute

En dépit des attaques, Robespierre reste fort comme en témoigne son élection à la présidence de la Convention nationale en juin 1794. Il atteint alors le sommet d’une puissance développée à l’unisson de la Terreur. L’épuration devient une cascade et plus de 50 000 suspects sont exécutés. Robespierre est un homme aussi révéré que haï. Progressivement, son incapacité à prendre le chemin de la liberté et de la démocratie érode son autorité. Il n’est pas à l’abri de l’adversité et en est conscient. Dès 1791, il prophétise sa mort « Je sais le sort qu’on me garde » et ajoute, après l’assassinat de Jean-Paul Marat, que « les honneurs du poignard me sont aussi réservés […] ma chute s’avance à grands pas ».

De fait, la Terreur généralisée, le caractère toujours plus agressif d’un Robespierre hanté par le mythe d’une conspiration, et qui ne cesse de découvrir de nouveaux ennemis, finissent par effrayer la Convention et les Jacobins qui craignent pour leur propre sécurité. Cette peur est d’autant plus forte que plusieurs victoires militaires, Fleurus notamment (26 juin 1794), rendent illégitimes et impopulaires les mesures sécuritaires. Humainement, socialement, politiquement, la Terreur devient insupportable et Robespierre quoiqu’ayant toujours de fidèles partisans, perd progressivement de son ascendance politique.

Une conspiration destinée à le destituer se forme avec le concours des modérés du centre, d’ancien terroristes tels Fouché et Tallien, d’anciens « dantonistes » échappés des purges et des techniciens comme Lazare Carnot. Le 27 juillet 1794, 9 Thermidor an II, Robespierre est mis en minorité par la Convention nationale et placé en garde à vue. Un soulèvement de soldats de la Commune de Paris destiné à lui porter secours est arrêté devant l’Hôtel de Ville. L’après-midi du 28 juillet, sous les acclamations de la foule, il est guillotiné place de la Révolution (Place de la Concorde), avec son frère Augustin, Saint-Just, Couthon et dix-sept autres de ses partisans. Les jours suivants, quatre-vingt de ses partisans sont exécutés.

Ainsi Robespierre est victime de son propre acharnement, tué par les terroristes qu’il visait et qui mettent fin à la période la plus brutale de la Terreur.

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La pensée et le legs de Robespierre

Robespierre incarne la Révolution dans sa tendance extrême. Homme de paradoxe, peu aimé du peuple — qu’il a pourtant glorifié, mais sans le fréquenter —, il est un mélange d’hésitations et de scrupules dans l’action et de résolution dans la défense des principes législatifs et judiciaires révolutionnaires. Épris de perfection et de vertu, convaincu de la pureté de sa mission, la dimension prophétique de son action se heurte à la réalité : difficultés économiques, incompréhension des attentes du peuple. Dès lors, l’imprécision de sa pensée et de son programme politique finissent par apparaître comme une collection de mesures d’urgence. Enfin et surtout, les aspects gratuits de la violence d’État finissent de noircir son profil aux yeux de ses contemporains.

Le personnage de Robespierre a suscité de nombreuses polémiques après sa mort. Son radicalisme l’a installé dans le Panthéon de l’extrême gauche, tandis que les tendances politiques plus modérées lui préfèrent classiquement la figure de Danton, révolutionnaire réformateur qui a refusé l’extrémisme.

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