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TanzanieArticle
Plan de l'article
Le commerce extérieur est traditionnellement déficitaire. Les exportations, destinées essentiellement à l’Allemagne, à la Grande-Bretagne et au Japon, concernent le café, le coton, les diamants, le tabac, le thé, les clous de girofle et le sisal. La Tanzanie importe — depuis la Grande-Bretagne, le Japon, l’Italie et Oman — pétrole, machines, matériaux de construction et équipements de transport. Le tourisme permet la rentrée de devises étrangères ; à la fin des années 1980, plus de cent mille touristes venaient en Tanzanie chaque année, attirés par les parcs naturels ou les sites historiques. Le pays dispose de 4 582 km de voies ferrées, notamment une ligne principale entre Dar es-Salaam et le lac Tanganyika, bifurquant vers Mwanza, Mpanda et Arusha ; la Tanzania-Zambia Railway (ou Tazara), qui dessert la Tanzanie sur 969 km, a été inaugurée en 1976. Le réseau routier comprend 78 891 km de routes, dont 10 p. 100 seulement sont bitumées. Les principaux ports maritimes sont Dar es-Salaam et Mtwara. Les aéroports de Dar es-Salaam et de Zanzibar assurent vols nationaux et internationaux. L’unité monétaire, le shilling tanzanien, divisible en 100 cents, est émis par la Bank of Tanzania (fondée en 1966). En 1967, le gouvernement a nationalisé la plupart des banques commerciales pour les intégrer à la National Bank of Commerce. En 1992, dans le cadre de la libéralisation économique, deux banques commerciales du secteur privé se sont établies dans le pays.
Chacune des deux régions qui composent la Tanzanie possède sa propre histoire.
Dès le viiie siècle apr. J.-C., des Arabes venus d’Oman (rejoints au viiie siècle par des Persans de la région de Chiraz) établissent des comptoirs à Zanzibar, à partir desquels ils commercent avec le continent qu’ils nomment la terre des Zinj (« Noir » en arabe), ou Azanie. Zanzibar et Kilwa deviennent progressivement des sultanats arabes indépendants, peuplés par des Arabes et des Africains. Après une brève domination portugaise, Zanzibar et Pemba sont assujetties par le sultan d’Oman. En 1832, le sultan Sayyid Said transfère sa résidence à Zanzibar, d’où il étend sa zone d’influence commerciale. Il développe notamment la production de girofle, d’huile de palme, et pratique de manière intensive la traite des Noirs avec le continent. Ses successeurs ne peuvent empêcher la Grande-Bretagne d’établir sa domination sur l’île, en 1890. Le sultan n’est pas destitué, mais les décisions politiques et économiques émanent pour l’essentiel de la Couronne britannique. Dès les années 1930, des affrontements ont lieu entre Indiens et Arabes d’une part, Africains d’autre part, ces derniers étant cependant divisés. Le sultan Khalifa Ben Harub use de son influence pour faire accepter la loi britannique. À sa mort, en 1960, la décolonisation du continent africain est déjà engagée, et l’île de Zanzibar, agitée par des troubles politiques, obtient l’indépendance le 9 décembre 1963. Quelques semaines plus tard, un violent soulèvement de la population africaine issue des anciens esclaves éclate, le sultan est renversé et les Arabes pourchassés. Le parti afro-shizari, proche de Nyerere et dirigé par Cheikh Abeid Amani Karume, prend le pouvoir.
La partie continentale de l’actuelle Tanzanie abrite des ossements des premiers hominidés, comme ceux de l’australopithèque (Australopithecus boisei) qui ont été mis au jour, en 1964, dans les gorges d’Olduvai par Mary Leakey et son mari, Louis Leakey. La côte est fréquentée dès le IIe millénaire ; le nord du pays, à partir du lac Victoria, voit arriver les premiers agriculteurs bantous à l’aube de notre ère. Au nord-est s’établissent les peuples de langues nilotiques, des pasteurs. La traite des Noirs, contrôlée par Zanzibar, est pratiquée massivement aux xviiie et xixe siècles. En 1890, le traité d’Héligoland entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne reconnaît la domination britannique sur Zanzibar et les droits de l’Allemagne sur la partie continentale du pays. Après avoir brisé avec une implacable brutalité la résistance africaine — révolte des Maji-Maji en 1902 et 1903, près de 120 000 morts au total, puis une révolte générale en 1907 —, les colons de la Compagnie allemande de l’Afrique de l’Est colonisent les territoires qu’ils dominaient, instituent le travail forcé et développent les plantations de café et de thé dans le Nord, de coton dans le Sud. Lors de la Première Guerre mondiale, l’Afrique-Orientale allemande devient le théâtre d’opérations militaires : l’Allemagne parvient dans un premier temps à résister aux troupes britanniques, supérieures en nombre, mais doit capituler en 1918. En 1920, l’Afrique-Orientale allemande devient territoire britannique sous mandat de la Société des Nations (SDN), et prend le nom de Tanganyika (voir Britannique, Empire). Les gouverneurs britanniques appliquent une politique de colonisation minimale, sur le principe appliqué également à Zanzibar du self-government, facilitant ainsi ultérieurement la transition vers l’indépendance. Après la Seconde Guerre mondiale, en 1947, le Tanganyika est placé sous la tutelle directe de l’Organisation des Nations unies (ONU). La TANU, créée en 1954 et dirigée par Julius Nyerere, devient l’interlocuteur privilégié de l’ONU. Lorsque le Tanganyika obtient l’indépendance en décembre 1961, Nyerere prend la tête du gouvernement avant de devenir, l’année suivante, président de la république du Tanganyika.
En 1964, Nyerere, après avoir échappé à un coup d’État, engage des pourparlers avec le cheikh Karume, Premier ministre de Zanzibar, qui aboutissent à la création de la Tanzanie en avril. L’accord entre les deux parties est motivé par des intérêts mutuels : Zanzibar bénéficie de l’aide du continent et Nyerere peut contenir la révolution légalement. Ce dernier devient président de l’union, Karume étant promu au poste de vice-président. Cependant, l’intégration s’avère difficile et les disparités entre les deux régions ne peuvent être effacées. Le système politique est ainsi moins libéral à Zanzibar qu’au Tanganyika où, malgré l’institutionnalisation du régime de parti unique, en 1965, des candidats non affiliés à la TANU peuvent se présenter aux élections. De même, tandis qu’à Zanzibar la justice est rendue sans possibilité de défense par des tribunaux populaires, le système judiciaire du Tanganyika continue de fonctionner selon les pratiques héritées des Britanniques.
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