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Tanzanie

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Tanzanie : drapeau et hymneTanzanie : drapeau et hymne
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5.4

Le socialisme tanzanien

Au début des années 1960, la Tanzanie est un pays pauvre, disposant de peu de ressources exportables, d’une industrie à l’état embryonnaire et dont l’agriculture est fondée sur les cultures vivrières. En février 1967, Nyerere, dans un discours prononcé à Arusha, pose les principes fondateurs d’une nouvelle politique économique, visant notamment à atteindre l’autosuffisance alimentaire et jetant les bases d’un socialisme à la tanzanienne : « un gouvernement honnête, l’égalité entre les riches et les pauvres, l’indépendance économique ». Tandis que, du point de vue politique, Nyerere tente d’unifier le pays en dépassant les clivages ethniques (utilisation du swahili notamment), l’État exerce progressivement son contrôle sur tous les secteurs de la vie économique. Les banques et les sociétés privées sont nationalisées et des coopératives d’État sont créées afin de subvenir aux besoins de la population. La propriété agricole est exploitée selon un système communautaire, et les agriculteurs, jusque-là dispersés, sont regroupés au sein de villages appelés ujamaa (solidarité).

Ces réformes sont toutefois entravées par une conjoncture économique internationale défavorable, une mauvaise gestion publique marquée par une corruption généralisée, ainsi que par la résistance des habitants et des gouvernements locaux.

5.5

Politique extérieure

Entre 1970 et 1980, tandis que le Kenya, qui a choisi l’économie libérale, s’éloigne de la Tanzanie, le pays joue un rôle important par son appui aux mouvements africains de libération. Les nationalistes du Mozambique y trouvent refuge pour organiser leur guérilla contre les Portugais. À la suite d’un incident de frontière, les troupes tanzaniennes entrent en Ouganda en 1979, contribuent au renversement du régime d’Idi Amin Dada et maintiennent leur présence dans le pays jusqu’en 1981. Le président Nyerere est en outre l’un des représentants africains les plus actifs dans les négociations visant à mettre fin à la domination blanche sur la Rhodésie (devenue le Zimbabwe). Tout en conservant de bonnes relations avec l’Ouest, la Tanzanie reçoit une aide substantielle en provenance de la Chine, qui participe, avec la Zambie, à la construction du Tanzam, un train permettant d’évacuer le minerai de cuivre zambien par le port de Dar es-Salaam. Cependant, à partir de 1983, la crise économique rend nécessaire la libéralisation de l’économie tanzanienne.

5.6

L'après-Nyerere

Nyerere est réélu en 1980 pour son dernier mandat présidentiel. En novembre 1985, Ali Hassan Mwinyi, musulman, originaire de Zanzibar, succède à Nyerere, qui se maintient toutefois à la tête du parti unique jusqu’en août 1990. Mwinyi, réélu en 1990, accélère le programme de réformes pour le passage à une économie de marché et au multipartisme.

L’élection présidentielle du 29 octobre 1995 est remportée avec une majorité de près de 62 p. 100 des suffrages par le candidat du CCM, Benjamin Mkapa, chrétien originaire de la partie continentale. Même si le multipartisme est à présent devenu une réalité, des doutes subsistent quant à la validité de ce scrutin, si l’on s’en tient aux accusations de fraude électorale lancées contre le parti au pouvoir. À l’occasion de la campagne électorale, les clivages entre chrétiens du continent et musulmans de Zanzibar s’accentuent, une partie des habitants de l’île ayant manifesté clairement sa volonté de faire sécession. Zanzibar demeure un fief de l’opposition, malgré la réélection de Salmin Amour, le candidat du CCM.

En matière de politique extérieure, la Tanzanie s’efforce de maintenir son influence dans la région des Grands Lacs, politique symbolisée par l’installation à Arusha en mars 1996 du Tribunal pénal international chargé de juger les responsables du génocide commis au Rwanda en 1994.

La mort, en octobre 1999, de Nyerere, considéré comme le « père de la nation », fait craindre un éclatement de la Tanzanie, mais la réélection du président Mkapa en octobre 2000, avec 71 p. 100 des suffrages, apparaît comme une volonté de sauvegarder l’héritage de la République unie de Tanzanie, tandis que Amani Abeid Karume, fils du cheikh Karume, ancien Premier ministre de Zanzibar, succède à Salmin Amour à la présidence de l’île, dans une élection boycottée par l’opposition. Le président Mkapa doit cependant faire face à une situation difficile marquée par une forte crise économique, une épidémie de sida qui touche près de 1,3 million de Tanzaniens et la présence de près de 300 000 réfugiés en provenance du Burundi. En dépit des conditions de vie difficiles pour la population (chômage, pauvreté, sida, corruption), il peut toutefois faire valoir, au terme de son second mandat, un bilan économique positif (avec une croissance qui atteint plus de 6 p. 100 en 2005, contre 4,5 p. en 1995). Dans une région des Grands Lacs tourmentée, il peut aussi mettre en avant la stabilité politique dont jouit le pays, ainsi que son intégration régionale ; en janvier 2005, la Tanzanie inaugure à son initiative une nouvelle union douanière avec le Kenya et l’Ouganda. Alors que Benjamin Mkapa ne peut constitutionnellement pas briguer un troisième mandat, le parti au pouvoir, le Parti révolutionnaire (ou Chama Cha Mapinduzi, CCM), choisit le ministre des Affaires étrangères Jakaya Kikwete comme candidat à l’élection présidentielle de décembre 2005. Celui-ci en sort vainqueur avec 80 p. 100 des suffrages, face à dix adversaires représentant une opposition très faible. Lors des élections législatives accompagnant le scrutin présidentiel, le CCM conforte sa domination au Parlement, avec 206 sièges sur 232, témoignant de son hégémonie sur la scène politique tanzanienne. Dans l’archipel semi-autonome de Zanzibar, soumis à des tensions identitaires, les élections d’octobre 2005 donnent lieu à des affrontements meurtriers ; contestées par l’opposition menée par le Front civique uni (CUF), elles reconduisent Amani Abeid Karume à la tête de l’exécutif.

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