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gothique, artArticle
Plan de l'article
Présentation ; L’architecture gothique ; La sculpture gothique ; Les arts graphiques ; Les arts somptuaires
Le grand renouveau en peinture vient de l’Italie et des recherches menées par des artistes comme Pietro Cavallini (Vie de la Vierge, 1291, mosaïque de Santa Maria in Trastevere, Rome), Cimabue (Maestà de Santa Trinità, v. 1280-1290, galerie des Offices, Florence), Duccio di Buoninsegna (retable de la Maestà pour le maître-autel de la cathédrale de Sienne, v. 1308-1311) et surtout Giotto. Ce dernier confère une véritable densité psychologique à ses figures qu’il insère dans un espace construit, traité en perspective : Saint François recevant les stigmates provenant de Pise (v. 1300, musée du Louvre, Paris), mais également les cycles de fresques de la basilique San Francesco (Saint-François) d’Assise et celles de la chapelle Scrovegni à Padoue. Les nouveaux acquis italiens sont rapidement exportés en France. Vers 1320, l’enlumineur Jean Pucelle introduit dans le milieu parisien le concept d’espace à trois dimensions (Heures de Jeanne d’Évreux, 1325-1328, Metropolitan Museum of Art, New York). Quant aux premiers papes d’Avignon, ils passent d’importantes commandes à des artistes italiens (peinture de la voûte de la chapelle Saint-Martial du palais des Papes par Matteo Giovannetti). Jusque dans les années 1380-1390, les enlumineurs les plus célèbres, comme Jean le Noir, continuent de s’inspirer de l’œuvre aux coloris et aux modelés raffinés de Jean Pucelle, ainsi que de son goût pour un certain naturalisme, délaissant toutefois les recherches sur la perspective.
Les recherches sur la perspective sont revivifiées autour de 1390-1400 par une nouvelle génération d’artistes connaissant intimement la peinture italienne, et surtout siennoise, en particulier les enlumineurs au service du duc de Berry, frère de Charles V : Jacquemart de Hesdin (Petites Heures de Jean de Berry, v. 1390, Bibliothèque nationale de France, Paris) et les frères de Limbourg (Très Riches Heures du duc de Berry, v. 1413-1416, musée Condé, Chantilly). Voir style gothique international.
À partir du début du xve siècle, la peinture nordique occupe une place prééminente. Chez les primitifs flamands, elle se caractérise par la qualité de l’expression des personnages, ainsi que par la scrupuleuse restitution de leur apparence et de leur environnement : les Époux Arnolfini de Jan Van Eyck (1434, The National Gallery, Londres) ; Saint Éloi et un couple de donateurs de Petrus Christus (1449, Metropolitan Museum of Art, New York). Autour de 1500, les artistes germaniques adoptent des formes aux attitudes tourmentées, jusqu’à l’exacerbation : buste d’homme provenant de la chancellerie de Strasbourg par le sculpteur Nicolas de Leyde (av. 1467, musée de l’Œuvre Notre-Dame, Strasbourg), le Retable d’Issenheim par Matthias Grünewald (1512-1516, musée d’Unterlinden, Colmar). Quant aux peintres français comme le Maître de Moulins (Triptyque de la Vierge en gloire, v. 1497, cathédrale Notre-Dame de Moulins), Jean Fouquet (la Vierge à l’Enfant entourée d’anges, v. 1452, musée royal des Beaux-Arts, Bruxelles) et Enguerrand Quarton (le couronnement de la Vierge, 1453-1454, musée de l’Hospice, Villeneuve-lès-Avignon), de même que le sculpteur Michel Colombe, ils synthétisent, chacun à leur manière, les acquis de l’art italien et le souci de réalisme des flamands.
Dans le domaine de l’orfèvrerie, le style antiquisant est surtout dominé par les œuvres émaillées de Nicolas de Verdun à la fin du xiie siècle. Le renouveau de l’orfèvrerie est très florissant en France (châsse de Sainte-Gertrude de Nivelles, dernier tiers du xiiie siècle) et en Italie du Nord, notamment avec la découverte de l’émaillerie translucide à la fin du xiiie siècle (calice du trésor de la basilique San Francesco à Assise par Guccio di Mannaia). Cette technique est rapidement adoptée par les artistes parisiens. Enfin, les orfèvres réalisent pour les princes des joyaux extrêmement complexes et luxueux, mêlant plusieurs techniques : reliquaire avec la Vierge à l’Enfant, donné par Jeanne d’Évreux à l’abbaye de Saint-Denis (1324-1339, musée du Louvre, Paris) ; le « petit cheval » donné par la reine Isabeau de Bavière à son époux Charles VI (v. 1400, église d’Altötting en Allemagne).
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