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RéformeArticle
Plan de l'article
Présentation ; Origines de la Réforme protestante ; Les différentes formes de la Réforme ; Conséquences de la Réforme
La Réforme pénètre en France au début du xvie siècle à l’initiative d’un groupe de mystiques et d’humanistes qui se réunissent à Meaux (près de Paris), sous la direction de Jacques Lefèvre d’Étaples. Comme Martin Luther, Lefèvre d’Étaples a étudié les Épîtres de saint Paul et en a tiré la justification de la croyance par la foi individuelle ; lui aussi rejette la doctrine de la transsubstantiation. En 1523, il traduit le Nouveau Testament en français. Ses écrits reçoivent d’abord un accueil favorable de la part de l’Église et du pouvoir ; mais quand la doctrine luthérienne commence à se répandre en France, les travaux de Lefèvre d’Étaples paraissent trop similaires à cette pensée qualifiée d’hérétique, et des persécutions commencent contre lui et ses adeptes. Plusieurs dirigeants protestants doivent fuir la France et s’établissent en Suisse, où ils contribuent à la réforme calviniste de Genève — plus de cent vingt pasteurs formés à Genève par Jean Calvin reviennent ainsi en France avant 1567 pour y développer le protestantisme. En 1559, les délégués de soixante-six églises protestantes de France se réunissent à Paris en un synode national pour définir une profession de foi et une morale inspirées de l’exemple genevois.
Les membres de cette première Église protestante nationale en France sont appelés huguenots. Malgré tous les efforts déployés pour les supprimer, leur nombre s’accroît considérablement, et la division de la France en deux camps, catholique et protestant, entraîne les guerres de Religion (1562-1598). L’épisode le plus sanglant de cette lutte est le massacre de la Saint-Barthélemy (août 1572), au cours duquel plus de 3 000 protestants sont tués dans Paris. Sous le règne d’Henri IV, roi d’origine protestante, les huguenots triomphent pour quelques temps ; cependant, Paris et plus de 90 p. 100 de la population française étant de confession catholique, Henri IV juge plus opportun de se convertir. Il protège toutefois ses sujets huguenots en proclamant l’édit de Nantes en 1598, qui accorde aux protestants certaines libertés. Cet édit est révoqué par son petit-fils Louis XIV en 1685, et le protestantisme banni du royaume.
En Écosse, la Réforme prend naissance au sein d’une population déjà hostile à l’Église catholique. Le clergé est fortement discrédité aux yeux de la majorité de la population ; des vestiges du mouvement des lollards (disciples de John Wycliffe) sont toujours présents. Marchands et petite noblesse, particulièrement actifs, s’efforcent de développer la Réforme écossaise, à la fois comme instrument de l’indépendance et comme réforme religieuse. Aussi le protestantisme écossais progresse-t-il rapidement, en dépit de la répression menée par une monarchie écossaise catholique et proromaine. Déclenchée par des personnalités comme Patrick Hamilton, la Réforme est d’abord sous l’influence luthérienne. Mais la véritable révolution s’accomplit sous la direction du réformateur John Knox, ardent disciple de Jean Calvin, et fait du calvinisme la religion nationale de l’Écosse. En 1560, John Knox persuade le Parlement écossais d’adopter une profession de foi et un manuel de discipline inspirés du modèle genevois. Le Parlement crée alors l’Église presbytérienne écossaise, et en confie l’administration à des assemblées locales et à une assemblée générale représentant les Églises de tout le pays. Marie Ier Stuart, reine catholique d’Écosse, tente de renverser la nouvelle Église protestante mais, après sept ans de luttes, se trouve contrainte de quitter le pays. Le calvinisme triomphe en Écosse, à l’exception de quelques districts du Nord, où le catholicisme demeure puissant, surtout au sein des familles nobles.
En Angleterre, le rejet de l’autorité romaine s’opère d’une manière particulièrement singulière. D’une part, l’Angleterre est un royaume doté d’un gouvernement central fort ; la réforme religieuse y prend un caractère national, notamment lorsque le souverain et le Parlement agissent de concert pour transférer au premier l’autorité ecclésiastique auparavant dévolue au pape. D’autre part, à la différence du continent, la rupture politique avec la papauté a précédé l’élan populaire en faveur d’une réforme religieuse : elle intervient à la suite de la décision du roi Henri VIII de divorcer de sa première épouse. Le changement de doctrine religieuse se produit plus tard, sous les règnes de ses successeurs.
À la suite du refus du pape d’annuler son mariage avec Catherine d’Aragon, le roi Henri VIII s’en remet à l’archevêque de Canterbury, lequel accepte d’invalider ses premières noces et de reconnaître le mariage secret entre le souverain et Anne Boleyn. Excommunié par Rome, Henri VIII s’arroge, en 1534 par l’Acte de suprématie, l’autorité ecclésiastique jusqu’alors exercée par le pape. L’anglicanisme devient alors la religion d’État. Dans cette affaire, le souverain a été plus motivé par la volonté d’obtenir l’annulation de son premier mariage que par un appétit de réformes doctrinales. Aussi maintient-il les principes majeurs du catholicisme médiéval. Pour s’opposer à l’expansion du luthéranisme, Henri VIII fait adopter par le Parlement un ensemble d’édits appelé statut des Six Articles (1539), déclarant hérétique quiconque rejette les dogmes catholiques fondamentaux ; dans le même temps, l’obédience à la papauté demeure un délit. De nombreux luthériens sont alors brûlés comme hérétiques, tandis que les catholiques qui refusent de reconnaître l’autorité ecclésiastique du roi d’Angleterre sont exécutés.
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